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    Celine Florentino décrypte l'entretien de Hanane Karimi, sociologue et "féministe islamique", par Lauren Bastide sur France Inter, ce dimanche 11 août. Selon elle, la journaliste relaie de la propagande militante islamiste, sans aucun recul intellectuel.

    En pleine vacances d'été, l'interview de la sociologue Hanane Karimi par France Inter est arrivée à mes oreilles, et j'ai héroïquement décidé de l'affronter, par besoin de démontrer les faux-semblants, l'hypocrisie et le danger de ces sophistes.

    "Un sophisme est un argument, raisonnement, qui apparaît comme rigoureux ou logique, mais qui en réalité est faux, malgré une apparence de vérité." Comment mieux qualifier les propos de Hanane Karimi et de tous les islamistes ? On peut employer aussi le mot de paralogisme, avec cet exemple connu : "1.Tout ce qui est rare est cher. 2.Or un cheval bon marché est rare. 3. Donc un cheval bon marché est cher."

    La journaliste bat tous les records jamais enregistrés jusqu'à présent de complaisance militante.

    Quand Hanane Karimi explique, ce dimanche 11 août sur France Inter, en termes très doctes la domination de genre, de classe, de race, ça donne ça :

    1. Les femmes voilées sont le plus souvent issues de milieu social défavorisé.
    2. Les milieux défavorisés représentent la vraie lutte antiraciste et anticapitaliste.
    3. Donc le voile est une lutte politique émancipatrice de classe, de race et de genre.

    COMPLAISANCE JOURNALISTIQUE

    La journaliste Lauren Bastide qualifie même cet amalgame comme un "entremêlement de la race, de la classe et du genre". Et elle est émerveillée lorsqu'elle dit cela. Tout repose sur cette absurdité. Mais la journaliste bat tous les records jamais enregistrés jusqu'à présent de complaisance militante. Quand elle évoque Alliance Citoyenne et leur action en faveur du burkini dans les piscines grenobloises, elle dit, et je la cite mot pour mot : "C'est une action politique flamboyante, courageuse, visible." Les mots sont de la journaliste de France Inter, pas de Karimi. La journaliste de France Inter.

    Il ne s'agissait pas de débattre, juste d'exposer longuement une théorie à deux, sous le masque de l'interviewer/interviewée.

    Quand elle demande à Karimi d'expliquer le concept dominants/dominés, elle formule ainsi la question : "Est-ce que l'enseignante que vous êtes peut l'enseigner pour le commun des mortels ?" Parce que bien sûr nous on est tellement stupide qu'on n'a strictement aucune idée de ce concept pourtant vieux comme le monde. Il faut dire que le "dominant n'a pas à se préoccuper de la manière dont le monde dans lequel il a grandi l'accueille", dit Karimi. Eh non, il ne "pense" pas le monde. Il n'en a pas besoin puisqu'il en est la référence. En gros, il est con. Alors que les individues voilées issues de la classe ouvrière, elles, elles sont en quête de respectabilité vis-à-vis de la culture dominante forcément raciste et de la "colonialité du pouvoir". Et les minorités ne sont pas "solubles", selon ses propres termes. Comment faire émerger le "je" dans ce "nous" ? Ben surement pas en disant que c'est insoluble et en se désolidarisant du nous, en tout cas.

    Dommage que cette idée n'ait pas été interrogée par la journaliste, ou, mieux, par une autre invitée sur le plateau. Mais non, enfin, il ne s'agissait pas de débattre, juste d'exposer longuement une théorie à deux, sous le masque de l'intervieweur/interviewée. Et donc, comme la France ne veut pas du voile, ce sont elles qu'on exclut, et on les "enferme dans une religion" ! Là nous sommes au sommet de l'inversion accusatoire, comme si c'était les autres qui leur avait collé un voile sur la tête.

    Le sommet est atteint lorsque Lauren Bastide conclut tout ce gloubi-boulga comme quoi tout doit venir des marges et non du centre en assénant d'un ton d'une sagesse complètement délirante : "Eh oui... On voit bien mieux depuis les places du fond"(sourire entendu qu'on devine, qu'on visualise presque dans toute son autosatisfaction de bonne conscience soigneusement restaurée).

    HARCÈLEMENT CONTRE LES FEMMES MUSULMANES ?

    Lorsque la jeunesse de Karimi est évoquée et qu'elle parle de ses lectures, la journaliste toujours aussi bavante d'admiration dit quand même :
    "La lecture d'un texte religieux, d'un texte universitaire, c'est la même possibilité finalement de s'arrêter un instant, d'être à l'intérieur de soi." Le Coran aurait la même richesse que les études universitaires ? Tiens donc. Mais seulement voilà, un jour, le drame survient : à 19 ans, elle est "obligée" d'abandonner ses études en BTS à cause de l'interdiction de porter le voile au lycée. "A l'époque de la circulaire Bayrou qui ouvre le grand cycle de harcèlement contre les femmes musulmanes qui ne s'arrêtera pas et est encore en train de se poursuivre aujourd'hui (...) Est-ce que cette obligation d'abandonner le lycée à cause de votre voile, ça a été un premier choc politique ?", interroge la journaliste.

    Karimi s'engouffre alors et parle d'injustice, de trahison, de droits de l'homme, de respect des croyances bafoué, indignation et tout ça. Donc elle devient mère au foyer. Tout ça à cause de Bayrou, ça craint.

    La journaliste se plaint ensuite du "féminisme français plutôt universaliste". Et là soudain elle s'enflamme : "Oui il est possible d'être féministe et de porter le voile, comment, pourquoi, qu'est-ce qu'on fait pour que les gens comprennent que cette réalité existe ?" Pose-t-elle vraiment la question à quelqu'un ou n'est-ce pas plutôt un accès de démence prenant le dessus soudainement ?

    Finalement, si j'ai bien compris, on ne peut être sœur qu'avec quelqu'un de son genre, de sa "race", de sa classe ou au moins deux des trois.

    Karimi peut donc finir dans un monologue pompeux et bien préparé, que nous, suppôts de la majorité dominante post-colonialiste qui ne pensons pas le monde du haut de notre "posture surplombante et normative", ne comprenons pas. Essayez plutôt, bande d'idiots. Extraits : "La religion vient renforcer l'"altérité racialisante". La race est un critère de différenciation sociale. En France, on fait de la différenciation sociale à partir de traits phénotypiques et de pratiques, dont la façon de s'habiller. Dans un processus de retournement du stigmate, que faire de mieux que revendiquer cette identité qui est disqualifiée socialement, et la porter fièrement, et qui engage ces femmes dans des luttes politiques ?"

     

    La journaliste, précieuse ridicule au-delà de tout, tombe en pâmoison totale sous les caresses de ces mots, et conclut ainsi : "On retombe sur cette notion fondamentale de sororité que vous incarnez merveilleusement."

    La boucle est bouclée. Finalement, si j'ai bien compris, on ne peut être sœur qu'avec quelqu'un de son genre, de sa "race", de sa classe ou au moins deux des trois. Sinon c'est "eux" contre "nous". Votre sororité, vous pouvez vous la garder. Ce n'est pas la mienne, ce ne sera jamais la nôtre. La nôtre englobe tout le monde, et vous aussi. Si vous ne voulez pas en faire partie, c'est votre choix. Mais allez vous faire entendre ailleurs que sur le service public, ou, au moins, faites-vous entendre avec une possibilité de contradiction, et une vraie journaliste. La propagande est bel et bien engagée. Elle a l'apparence d'une gauche généreuse et intello, mais elle est exactement le contraire. Elle n'est rien d'autre qu'un ennemi de l'intérieur, qui gagne sournoisement aussi bien le monde médiatique qu'universitaire et militant.

     

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    Quand des éditorialistes utilisent une étude loufoque pour déplorer la "fuite" des millionnaires de France

    A la suite d'un article du "Point", plusieurs éditorialistes libéraux ont mis en garde contre l'exode fiscal des plus riches. Mais leur analyse est basée sur l'étude d'un obscur cabinet de conseil, à la fiabilité suspecte.

    La rengaine n'est pas nouvelle, mais elle conserve une popularité intacte parmi ceux qui voient la France comme un enfer pour les riches, : notre pays se viderait, chaque année, de ses millionnaires, "contraints" à s'exiler devant l'appétit insatiable de la fiscalité hexagonale, et ce malgré toutes les mesures destinées à leur rendre l'existence moins pénible. Ces derniers jours, les défenseurs de cette thèse ont trouvé un nouvel argument dans un article du Point, relayé sur le réseau social Twitter par plusieurs partisans du libéralisme économique en vue tels que Dominique Reynié, Arnaud Leparmentier ou Claude Weill.

    Le papier, datant de janvier, s'alarme de la perte d'attractivité massive du pays auprès des plus argentés de nos concitoyens, et s'appuie sur "une étude du cabinet de conseil britannique New World Wealth (NWW), spécialisé dans l'analyse de la croissance mondiale et de la mesure des flux migratoires". Le rapport en question calcule que 10.000 millionnaires français auraient quitté le pays en 2015, "plaçant ainsi la France en tête du classement mondial des citoyens fortunés à avoir opté pour un exil volontaire". En 2016, ce serait pire encore, avec 12.000 départs. Commentaire du politologue Dominique Reynié, ancien candidat UMP aux élections régionales en 2015 : "2015, 2016: Pour quelques milliards de plus, un État à bout de souffle, sans idée ni vision, provoque la fuite d’une foule d’entrepreneurs, créateurs d’emplois, d’innovations et de richesses: des dizaines de milliards d’euros perdus chaque année. Une politique du déclin."

    UN CABINET OBSCUR

    Problème : la fameuse étude de New World Wealth, sur laquelle s'appuient l'article et les conclusions alarmistes de nos experts, est d'une fiabilité douteuse. Examinons la source, tout d'abord. Contrairement à ce qui est écrit par nos confrères, NWW n'est pas un organisme britannique, mais sud-africain. Sur son site, le cabinet se présente comme un "groupe de recherche sur le marché global, basé à Johannesburg", et indique fournir en sus de ses études des conseils en management et en relations publiques à ses clients. Les études de NWW sont d'ailleurs fréquemment sponsorisées, comme l'est le rapport sur la richesse globale sur lequel s'appuie Le Point(mais également L'Express en avril 2016), qui est financé par l'AfrAsia Bank, une banque basée sur l'île Maurice. A ce stade, on peut noter qu'il est curieux de s'appuyer sur les données d'un cabinet de conseil à la renommée plus que relative, plutôt que sur les données fournies par l'administration. Mais l'étonnement ne cesse de croître lorsque l'on jette un œil à la méthodologie adoptée par New World Wealth pour produire ses rapports.

    Dans sa dernière étude sur la richesse globale, le cabinet sud-africain indique s'appuyer sur des statistiques macroéconomiques en les faisant rentrer dans un modèle afin de calculer les niveaux de richesse dans chaque pays. Indicateurs boursiers, niveaux de revenus, PIB par habitant… Plus étonnant, NWW intègre dans son modèle sa propre base de données de "HNWI", un acronyme anglais ("High-net-worth individual"particulier très fortuné en français) qui sert à classifier les individus détenant plus d'un million de dollars. Le cabinet s'appuie donc sur des entretiens avec son propre panel de 150.000 millionnaires, plutôt que des statistiques brutes fournies par chaque Etat, pour tirer des conclusions sur le comportement des très riches. "Par exemple, si 30% des HNWI dans notre base de données britannique vivent à Londres, cela veut dire que Londres accueille 30% des HNWI du Royaume-Uni, indique NWW.

    MÉTHODOLOGIE LOUFOQUE

    L'ennui, c'est que s'agissant de l'exode fiscal, cette méthodologie ne résiste pas à l'épreuve des faits, comme l'a notamment démontré @fipaddict, un enseignant en économie et finances publiques, sur Twitter. Le spécialiste relève ainsi que l'édition 2018 du rapport de NWW "estime que le nombre de millionnaires en dollars s'élève à 268.600 en France", un chiffre qu'il estime "très en-dessous de la réalité"... Tout simplement grâce au nombre de redevables de l'ISF : pour être redevable de cet impôt, il faut disposer d'un patrimoine net supérieur à 1,3 million d'euros, et ce après "application de nombreux abattements". Or en 2017, près de 360.000 contribuables basés en France payaient l'ISF, un chiffre public mais qui a semble-t-il échappé à NWW. On note d'ailleurs que d'autres estimations du nombre de millionnaires en France sont elles aussi bien plus "généreuses" que celle de NWW.

    Ainsi le Wealth Report de l'expert en immobilier de luxe Naef Prestige Knight France en dénombrait près de 611.000 en 2018, un chiffre proche de celui de Capgemini, qui donne une estimation à 635.000. Le rapport annuel du Crédit suisse, qui retranche les dettes et compte les avoirs immobiliers, arrivait à 2,147 de ménages français détenant un patrimoine supérieur à un million de dollars entre la mi-2017 et la mi-2018.

    Quant aux départs de redevables de l'ISF, les statistiques annuelles publiées sont loin, bien loin des 12.000 départs nets évoqués par le cabinet sud-africain. Les Echos avancent, pour l'année 2016, 622 départs de contribuables redevables de l'ISF et dont le patrimoine est supérieur à 1,3 million d'euros. Un ordre de grandeur qui est donc près de 20 fois inférieur à celui cité par Le Point. "Ce chiffre de 10.000 [départs de millionnaires] est farfelu (c’est le moins qu’on puisse dire) mais visiblement il arrange beaucoup de monde", note avec acidité l'économiste Thomas Porcher. Les doutes autour de la méthodologie de NWW ne sont pourtant pas nouveaux : en 2016, pour expliquer le départ des millionnaires en France, l'étude du cabinet évoquait ainsi "la hausse des tensions entre chrétiens et musulmans" ! Pour le moins fumeux. Visiblement, nul besoin d'être très regardant sur les sources quand il s'agit de prouver à tout prix que la France est un enfer pour les riches.

     

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  • Nos conseils pour manger bien et pas cher au supermarché

    Longtemps, la grande distribution a été synonyme de malbouffe. Sommes-nous pour autant condamnés à mal manger en franchissant les portes de ces temples de la consommation ? Non, à condition de se frayer un chemin entre les injonctions nutritionnelles et les chausse-trappes des allégations santé. Suivez le guide.

    Cet article est à retrouver dans le magazine numéro 1170, "Bien manger ne coûte pas cher, mal manger coûte très cher"

    C'est un hypermarché de banlieue ordinaire. Le samedi, les familles s'y bousculent. On a donc choisi de s'y fondre un après-midi en semaine, parmi les mères au foyer, nombreuses, qui remplissent méthodiquement leur caddie. Ce jour-là, bercé par la musique lancinante distillée par les haut-parleurs, on attrape un panier en se mettant au défi famille sainement sans se ruiner.

    PRIX ET QUALITÉ ?

    On a beau les dire malmenées, par les nouveaux modes de consommation, lorsqu'on pénètre ces grandes surfaces, celles-ci n'ont guère changé. Ce sont les mêmes rayons qui s'étagent à l'infini. Le modèle « hyper » s'est déployé sur toute la planète. Il suffit de voir s'aligner les boîtes de céréales multicolores pour le petit déjeuner. On évite les pétales de maïs, de grains de riz soufflés et autres céréales fourrées au chocolat, on ne se fie surtout pas à leurs fausses vertus diététiques et on attrape sans hésiter les flocons d'avoine de Quaker Oats (1,40 € la boîte de 500 g). Ils ne contiennent ni sucre ajouté ni conservateurs, ils n'ont subi aucune transformation industrielle et sont faciles à sublimer mélangés à du lait et quelques amandes.

    Direction ensuite le rayon charcuterie-traiteur. Enfer...

     

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