Il y a quatre ans, contre toute attente, Emilie a finalement repris, avec son frère, la ferme familiale. Alors que son père militait dans les syndicats, elle s’engage davantage pour défendre les labels bio et comme pisseuse involontaire de glyphosate (PIG). Pour dénoncer l’importante présence du produit, même dans l’urine des agriculteurs du bio.

«Mes parents se sont installés à la fin des années 70. Ils sont alors rentrés dans un système qui les incitait à produire un maximum et à faire du chiffre. Mais au bout de quelques années, ils se sont rendu compte que cela ne leur correspondait pas : ils vivaient avec trois enfants, ils passaient des heures sur leurs tracteurs, ils n’avaient pas de revenus, et leurs animaux n’étaient pas en bonne santé. Alors, en 1998, ils sont passés en bio. A l’époque, ce n’était pas forcément bien vu. Notre famille était la "bizarrerie" du coin.

«Aujourd’hui, le label bio a le vent en poupe. L’enjeu maintenant, c’est plutôt de garantir ses critères d’éligibilité qui, à cause de lobbys et de grosses entreprises, pourraient s’alléger. On voit, par exemple, des éleveurs bio construire des poulaillers où vivent 12 000 animaux. Avec autant de poules, il ne faut pas rêver, elles ne vont pas toutes à l’extérieur. Il faut que nous, producteurs bio, soyons vigilants, pour préserver notre éthique. On ne veut pas se retrouver dans une agriculture biologique industrielle.»

La suite du portrait d’Emilie est à retrouver en podcast ou sur le sitede l’émission Foule continentale, sur FranceInter.fr.

Foule continentale, le dimanche, à 13 h 20.