Ils ont été écoutés «attentivement». A la sortie de la réunion au ministère des Transports où ils étaient reçus ce lundi matin, les responsables de l’association de défense des victimes de trottinettes électriques, Apacauvi (Association philanthropique action contre l’anarchie urbaine vecteur d’incivilité), étaient satisfaits d’avoir pu s’exprimer. Les discussions autour de la loi d’orientation des mobilités(LOM) qui prévoit de réglementer l’usage des trottinettes en libre-service étant déjà bien avancées, ils se sont contentés de «suggérer» des améliorations. Pour Jean-René Albertin, président de l’association, il faudrait notamment s’inspirer de l’Allemagne : «On doit obliger les opérateurs et les utilisateurs à s’assurer comme outre-Rhin, les obliger à présenter une carte d’identité et créer une banque de données qui permettrait de savoir où trouver les utilisateurs.»

«Malaise»

S’ils ne se disent «pas contre les trottinettes», ils souhaitent que l’activité de libre-service, en plein essor depuis l’été dernier, soit davantage encadrée. «On veut seulement que cette activité soit faite avec bon sens. Le seul modèle qui convient, c’est celui qui protège les citoyens. Le problème des trottinettes est révélateur d’un malaise de la société. A force de faire n’importe quoi au prétexte de l’écologie, on finit par affecter la société. Il y a eu déjà environ 200 accidents [il n'existe pas encore de données officielles, ndlr], il y a un coût de santé et un coût écologique si l’on pense aux trottinettes qu’on retrouve dans la Seine ou dans le Vieux-Port à Marseille», avance Jean-René Albertin.

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La toute récente association Apacauvi a été créée après une série d’accidents causés par des trottinettes, blessant essentiellement des piétons. La femme de Jean-René Albertin a été l’une de ces victimes, le 17 mai. «Elle est pianiste, elle a été percutée dans le centre des Halles à Paris. Elle a eu une double fracture du bras et est en incapacité de jouer au piano. Elle doit se faire réopérer bientôt», regrette le responsable. Apacauvi prévoit notamment de mettre à disposition des victimes des avocats pour obtenir des dédommagements. Ce week-end encore, un conducteur de trottinette est mort dans les Yvelines après s’être engagé sur l’A86. Il ne portait pas de casque et a été percuté par une moto. Une preuve de plus, pour les associations, que des règles doivent être urgemment instaurées.

Gurvan Kristanadjaja