• Bob Dylan au Grand Rex de Paris et toujours imprévisible

      18h05 , le 12 avril 2019, modifié à 18h24 , le 12 avril 2019
    • Par
    • Eric Mandel

    Bob Dylan a donné jeudi soir le premier de ses trois concerts à guichets fermés au Grand Rex de Paris. Le JDD y était.

    Bob Dylan, ici lors d'un concert à Nottingham (Royaume-Uni) en mai 2017.

    Bob Dylan, ici lors d'un concert à Nottingham (Royaume-Uni) en mai 2017. (Sipa)
     

    Le billet annonçait le début des festivités à "20 heures piles!". Monsieur Bob Dylan tient à débuter ses concerts tôt dans la soirée, tant pis pour les retardataires. Et ils étaient encore nombreux à se presser dans l’enceinte du Grand Rex alors que le rocker attaquait, dix minutes après l’heure fatidique, les premières notes de Things I’ve Changed. Sur scène, quatre musiciens impeccables, surplombés par d’énormes spots échappés d’un studio hollywoodien des années 50. Lumière tamisée, ambiance intimiste, avec en fond de scène un rideau de velours marron hors d’âge.

    Lors de sa dernière visite parisienne, Bob Dylan avait inauguré La Seine Musicale. Deux ans plus tard, il n’a pas changé. Ni "un bonsoir", ni "un au-revoir", un "je vous aime Paris", n’y pensez pas… L’anti-McCartney réputé pour son sens du contact chaleureux avec son public. Bob Dylan, lui, reste mutique. Cela pourrait passer pour de l’indifférence, de l’arrogance, peu importe, il se concentre sur l’essentiel : chanter, jouer de la musique, sans se perdre dans des cabotinages mille fois entendus… Au final, un concert dense, avec 20 chansons interprétées durant deux heures.

    Plus de 80 concerts depuis le début de sa tournée, en 1988

    A bientôt 78 ans (le 24 mai prochain), Bob Dylan, le dernier héros des glorieuses sixties encore en activité (avec Macca et les Stones) ne semble pas encore bon pour la retraite. L’année dernière, il a ainsi donné plus de 80 concerts dans le cadre de son "never ending tour", sa tournée sans fin lancée en 1988. Un cas unique dans l’histoire du rock. Bob Dylan fait comme bon lui chante, l’affaire est entendue. Il a toujours fonctionné ainsi, avec la liberté comme seule boussole : quitter à 19 ans son bled de Duluth (Minnesota) pour New York, oser trahir la cause de la folk pour l’électricité du rock, refuser le rôle de conscience d’une génération, s’éclipser sans raison pour mieux réapparaître, se convertir au christianisme, enregistrer un album de chansons de Noël…

    Ces trois dernières années, il avait surpris son public en boudant son répertoire en or massif pour se consacrer, sur disque comme sur scène, au répertoire de Franck Sinatra. La parenthèse "crooner" est aujourd’hui refermée, mais elle fut de toute évidence bénéfique.

    Des classiques revisités avec la liberté d’un jazzman

    Délaissant la guitare depuis plusieurs années, il a étoffé son jeu au piano, multipliant les solos et échanges avec musiciens. Il chante également avec plus de mordant et d’expressivité sur des ballades délicates (Simple Twist of Fate) comme sur des rocks endiablés (Thunder on a Mountain) ou des complaintes blues (Early Roman King).

    Sur la scène du Rex, l’élégant rocker, veste blanche argentée et pantalon noir, semble retrouver ses classiques avec un appétit et même une gourmandise assez réjouissante. Il les revisite toujours avec la liberté d’un jazzman, les rendant le plus souvent méconnaissables, sinon par les paroles, comme avec Highway 61. Pour la mélodie on repassera, mais l’énergie impressionne, conforme à la version originale. Idem avec Blowin’ in the wind habillé de violons country. Autre temps fort du concert, Like A Rolling Stones interprétée par un Dylan habité, ménageant ses effets, ralentissant le tempo pour mieux faire monter la tension et appeler les spectateurs à chanter le refrain avec lui (How does it feel?). Standing ovation du public.

    Il chante ses productions les plus récentes

    Le lauréat du Prix Nobel de Littérature (le premier rocker auréolé de cette distinction) a également exhumé quelques raretés comme When I Paint my Masterpiece (1975). Pour le reste, il a choisi de piocher abondamment dans ses productions les plus récentes, histoire de rappeler que, non, il n’est pas seulement une icône momifiée des sixties qui radote ses vieux tubes dans des concerts aux allures de karaoké géants. Les chansons tirées des albums Time Out of Mind (le disque de la résurrection, 1997), Love and Theft (2001), Modern Times (2006) et Tempest (2012) représentent ainsi la moitié de son tour de chant. Et permettent de rappeler combien son inspiration a survécu à l’usure du temps.

    Early Roman Kings et Scarlett Town, tirés de l’excellent Tempest, son dernier album de chansons originales, compteront parmi les temps forts du concert. En guise de rappel, Bob Dylan revisite son classique It takes a lot to laugh, It takes a train to crymagnifiée en version blues. Imprévisible comme souvent, la marque des grands.

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  • LES ROLLING STONES REPORTENT LEUR TOURNÉE AMÉRICAINE EN RAISON DE LA SANTÉ DE MICK JAGGER

    Par AFP— 31 mars 2019 à 11:11

    La rock star britannique de 75 ans a déclaré samedi sur Twitter être «anéanti d’avoir à repousser la tournée», sans préciser de quoi il souffrait.

    Mick Jagger des Rolling Stones lors d'un concert à Stuttgart en Allemagne le 30 juin 2018.Mick Jagger des Rolling Stones lors d'un concert à Stuttgart en Allemagne le 30 juin 2018. AFP

    Les Rolling Stones ont annoncé samedi reporter leur tournée aux Etats-Unis et au Canada en raison de l’état de santé de leur chanteur Mick Jagger, qui s’est dit «anéanti». «Malheureusement, aujourd’hui, les Rolling Stones ont dû annoncer le report de leurs prochaines dates de tournée aux États-Unis et au Canada», a annoncé le célèbre groupe de rock britannique sur Twitter. «Les médecins ont dit à Mick qu’il ne pouvait pas partir en tournée pour le moment, car il a besoin d’un traitement médical», ajoute le groupe, sans préciser de quoi souffre la rock star de 75 ans. Celui-ci s’est dit «anéanti d’avoir à repousser la tournée». «Mais je travaillerai très dur pour être de retour sur scène dès que je peux», a-t-il assuré dans un message sur Twitter.

    Mick Jagger 
     
    @MickJagger
     
     

    I’m so sorry to all our fans in America & Canada with tickets. I really hate letting you down like this.
    I’m devastated for having to postpone the tour but I will be working very hard to be back on stage as soon as I can. Once again, huge apologies to everyone.

     
    12,5 k personnes parlent à ce sujet
     
     

    «Je suis terriblement désolé pour tous nos fans en Amérique & au Canada qui ont des tickets. Je déteste vraiment l’idée de vous laisser tomber de cette façon», a ajouté le chanteur connu pour ses déhanchements frénétiques.

    Les Rolling Stones devaient commencer leur tournée de dix-sept dates baptisée «No filter tour» au stade Hard Rock de Miami en Floride le 20 avril et l’achever au Burl’s Creek Even Grounds d’Ontario au Canada le 29 juin. 

    AFP
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    Helmut Tellier au chant et à la guitare, Léopold à la trompette. 
    Y.D.

    Le jour où sortait son sixième album "Primitifs modernes", la Maison Tellier était ce vendredi sur la scène de l’Entrepôt au Haillan. À l’image du nouveau bébé, un concert plus rock mais toujours aussi touchant et fédérateur.

    Basse, batterie. Puis trompette. Alphonse et Alexandre puis Léopold. Arrive ensuite Raoul, l’auteur des musiques. Et enfin Helmut, plume maison. Maison Tellier. Cinq albums dont les deux derniers passent en boucle chez ceux qui les ont croisés ("Beauté pour tous" et "Avalanche"). Le sixième "accouchement"est pour ce soir: la deuxième date de la tournée au Haillan coïncide avec la sortie de "Primitifs modernes" sur lequel se sont rués une bonne partie des 250 spectateurs à l’issue d’une heure et demie intense, rock et caresses mêlées.

    "Fin de race", premier titre, annonce la couleur. Le cuivre est toujours de mise mais les guitares ont pris le pouvoir. Un rock carré, solidement assis sur des mélodies inspirées que confirme "Chinatown". Pour rassurer les aficionados, le groupe livre vite une "Amazone" de si belle mémoire. Y a-t-il vraiment une rupture? Bien sûr que non. Juste un peu plus de muscle, sans forfanterie, d’élan pour porter les beaux textes d’Helmut, contant désillusions et espoirs de l’époque moderne, entre portraits et chroniques. Un sensible "Laisse les dire" pour nous rappeler que la Maison Tellier n’a pas changé.

     
    Sud Ouest
    CRÉDIT PHOTO : Y.D.

    "Vous me semblez être comme une forêt en plein été, prête à s’embraser" : l’auteur-chanteur vanne gentiment les sagement assis d’une salle qui invite à l’écoute. Au fil des embardées, le public est aussi bipède à station verticale, clin d’oeil au surréaliste Thiéfaine auxquels les mots Tellier font parfois songer, cascades lexicales en moins. "La horde", "Les sentinelles", le très beau "Prima notte" ou "Je parle d’un pays" introduit par une chouette dédicace du journaliste radio Fabrice Drouelle : la Maison déroule le dernier disque, frustrant les novices de ne pas choper d’emblée les nouveaux textes.

    Un "combat" épique entre guitare et trompette lance "Les beaux quartiers", un des trois titres piochés dans "Beauté pour tous" avec les très joli "Exposition universelle" joué en trio et bien sûr "Sur un volcan" que reprenait Louise attaque il y a quelque temps. À l’électrique version de ce sommet s’enchaîne un tellurique "Apaches" avant la première sortie de scène. Helmut revient pour servir, seul à la guitare, le monumental "Haut, bas, fragile", toujours aussi bouleversant. De quoi réaliser, si ce n’était déjà fait, qu’il fallait, qu’il faut et faudra compter avec la Maison Tellier.

    Raoul, Helmut et Leopold Tellier, vrais-faux frangins.Raoul, Helmut et Leopold Tellier, vrais-faux frangins. 
    CRÉDIT PHOTO : Y.D.

    "Metropolis" et "Que mes chansons" finissent le show en beauté. Il s’agirait désormais que ce nouvel album fasse accéder les cinq faux-frangins à un palier supplémentaire de notoriété, rageant qu’il est de voir défiler des phasmes dans les Arena. Et dire qu’au Haillan, à l’Entrepôt, on y était.

    "Primitifs modernes" (Messalina/Verycords/warner) 14 euros env.

     

     

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