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    Les études de l’Anses n’ont pas permis de lever les incertitudes sur cet additif.

    Par L'Obs avec AFP

    Publié le 17 avril 2019 à 17h55
     

    Le dioxyde de titane, un additif controversé, « sera interdit dans les denrées alimentaires à partir du 1er janvier 2020 », ont annoncé mercredi 17 avril les ministères de la Transition écologique et de l’Economie.

    « Un arrêté suspendant la mise sur le marché des denrées alimentaires contenant l’additif E171 (qui désigne le dioxyde de titane sur les emballages, NDLR) à partir du 1er janvier 2020 a été signé et sera publié dans les meilleurs délais », selon un communiqué des deux ministères.

    Cette décision a été prise après la publication d’un avis de l’agence sanitaire Anses qui n’avait pu lever les incertitudes sur l’innocuité decette substance utilisée principalement comme colorant. Cet arrêté sera notifié à l’Union européenne car le dioxyde de titane bénéficie d’une autorisation délivrée au niveau de l’UE, précise le communiqué.

    Accusé d’être nocif pour la santé et l’environnement

    Le fait que cette substance contienne des nanoparticules - d’une taille inférieure à 100 nanomètres facilitant leur pénétration dans l’organisme - soulève depuis plusieurs années l’inquiétude des associations de défense des consommateurs et de l’environnement.

    Face à ces doutes, la secrétaire d’Etat à la Transition écologique Brune Poirson avait annoncé en mai 2018 la suspension de son utilisation dans les produits alimentaires d’ici à la fin 2018 - suspension et non interdiction, qui elle dépend de l’UE.

    La disposition avait été reprise dans la loi alimentation promulguée en novembre mais elle ne pouvait s’appliquer sans un arrêté du ministère de l’Economie, arrêté que Bruno Le Maire avait refusé de signer tout de suite. Confronté à la colère des ONG, le ministre avait finalement assuré de sa volonté d’interdire le colorant, sous réserve d’un nouvel avis de l’agence sanitaire Anses.

    L’Anses recommande de limiter son utilisation

    Dans cet avis rendu lundi, l’agence a analysé 25 nouvelles études sur la toxicité du dioxyde de titane par voie orale, parues depuis son dernier avis en 2017. Et soulignant « le manque de données scientifiques », elle conclut « qu’elle ne dispose pas d’éléments nouveaux permettant de lever les incertitudes sur l’innocuité de l’additif E171 ».

    Ces études ne permettent notamment pas de « confirmer ou d’infirmer le potentiel » cancérogène. « Dans l’attente d’une meilleure caractérisation du danger et des risques du E171, elle réitère ses recommandations générales sur les nanomatériaux visant notamment à limiter l’exposition des travailleurs, des consommateurs et de l’environnement, en favorisant des alternatives sûres et équivalentes en termes d’efficacité », ajoute l’agence qui travaille sur une autre expertise sur les nanomatériaux dans l’alimentation.

    Ce colorant alimentaire reste toutefois autorisé pour les cosmétiques (dentifrice) et médicaments, pas concernés par la loi alimentation.

    L'Obs

    L'Obs avec AFP

     

     

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  • En un an, un réseau de trois supérettes Nous épiceries anti-gaspi, commercialisant avec une réduction de 30% en moyenne des produits invendus, s’est développé en Bretagne.

    Des concombres aux formes plutôt amusantes, des yaourts proches de la date de péremption ou des paquets de biscuits légèrement cabossés: voilà ce que les clients de la nouvelle enseigne Nous épiceries anti-gaspi ont l’habitude de trouver en magasin. L’idée est de proposer à la vente des produits qui auraient autrement fini au rebut, pour éviter le gaspillage alimentaire.

    Si on en croit l’Ademe (l’Agence française de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), le marché est énorme, 10 millions de tonnes de nourriture étant jetées chaque année en FranceDans 53% des cas, ce gaspillage incombe aux producteurs ou fabricants industriels et dans 47%, c’est le fait des distributeurs ou des consommateurs finaux.

    C’est pour éviter ce gâchis que deux entrepreneurs ont monté une chaîne d’épiceries proposant ces invendus. L’idée en revient à Charles Lottmann. Ce dernier travaillait depuis un an au sein de l’entreprise Phénix (spécialisée dans la lutte contre le gaspillage alimentaire), notamment sur la marque Les Gueules cassées (cette marque de fruits et légumes victimes de délit de faciès pour cause d’imperfections proposés à prix cassés en grandes surfaces avec un logo spécifique), quand Vincent Justin, ayant plutôt un profil d’entrepreneur, l’a rejoint dans cette aventure.

     

    La première épicerie anti-gaspi a ouverte à côté de Rennes - Regarder sur Figaro Live

    Les Bretons très sensibilisés au développement durable

    Et le tandem de réunir ses économies, celles de ses proches et d’entraîner Phénix pour un premier tour de table

     D’ici le mois de juin, l’enseigne comptera quatre points de vente

    financier. Le premier magasin a ouvert ses portes à Melesse, près de Rennes , en mai 2018. Fort de son succès, une deuxième épicerie a vu le jour en novembre dernier à Saint Jouan-des-Guérets, près de Saint-Malo. Pourquoi la Bretagne? «C’est la première région agroalimentaire de France, qui concentre beaucoup de producteurs, qui sont nos interlocuteurs, et les Bretons sont très sensibilisés au développement durable», justifie Charles Lottmann.

    La recette est simple: «nous récupérons les invendus directement auprès des producteurs, explique Charles Lottmann, président. Du petit maraîcher local, qui livre ses produits tous les deux ou trois jours, au gros industriel de l’agroalimentaire comme Danone, nous avons aujourd’hui deux cents fournisseurs, un chiffre qui s’accroît chaque semaine».

    Jusqu’à 200 euros d’économies par mois pour une famille

    Des fruits aux légumes aux produits secs en passant par les boissons et les produits frais, la viande, le poisson ou les surgelés, sans parler des produits d’hygiène-beauté (fins de série, lots promotionnels ou cartons abîmés), «une famille de quatre personnes peut réaliser jusqu’à 75% de son approvisionnement dans ces supérettes», assure son concepteur. Certes, l’assortiment ne sera pas le même chaque semaine et il faut être prêt à bousculer ses habitudes car on ne trouve pas toutes les mêmes références qu’en hypermarché, mais le jeu peut en valoir la chandelle. Car les prix pratiqués sont inférieurs de 30% à ceux d’une enseigne traditionnelle. Ce qui permet, en théorie, à une famille de quatre personnes d’économiser jusqu’à deux cents euros par mois, affirme son président.

    Sur la page Facebook, où les petits malins guettent les annonces d’arrivages, Aurore dit « merci de donner la possibilité aux consommateurs de pouvoir faire le choix d’acheter engagé », tandis que Caroline se félicite que « grâce aux différents arrivages on varie ses repas ».

    Pour l’instant, le panier moyen n’est encore que de 25 euros. En effet, nombreux sont ceux qui viennent encore pour la première fois découvrir ce nouveau concept et le prix moyen par produit n’est que d’un euro. Mais les consommateurs ne s’y trompent pas. Les rangs de la clientèle régulière sont de plus en plus nombreux. Parmi eux, entre les présentoirs faits de palettes, les beaux meubles en carton recyclé et les chariots d’occasion, se mêlent écolos convaincus et chasseurs de bonnes affaires. Sur la page Facebook du magasin de Melesse, où les petits malins guettent les annonces d’arrivages, Pierre salue «une très belle initiative pour lutter contre les aberrations du gaspillage», Aurore dit «merci de donner la possibilité aux consommateurs de pouvoir faire le choix d’acheter engagé», tandis que Caroline se félicite que «grâce aux différents arrivages on varie ses repas».

    Pour chaque épicerie, 35 tonnes d’aliments gaspillés et 81 tonnes de rejets de gaz à effet de serre évités

    L’origine des invendus est toujours expliquée en rayons.

    À l’échelle du magasin, on se targue d’avoir un impact positif sur l’environnement. En effet, les 10 millions de tonnes d’aliments jetés par an en France représentent 15,3 millions de tonnes d’équivalent CO2. Chaque épicerie permet, elle, de sauver chaque mois du gaspillage 35 tonnes de denrées alimentaires d’après le président de l’enseigne et d’éviter le rejet de 81 tonnes de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

    «Maintenant que nous avons fait la preuve de notre concept, nous lançons un deuxième tour de financement avec les mêmes actionnaires pour passer à notre réelle phase de développement». Deux nouveaux magasins ouvriront leurs portes, respectivement à Rennes fin avril et Laval en juin. Objectif: une vingtaine de points de vente, que ce soit en propre ou en franchise, d’ici trois ans, pour l’équipe qui compte désormais vingt personnes. Le concept pourrait même être étendu à l’étranger, où cette problématique est omniprésente, du moins dans tous les pays industrialisés.

    Cet article est publié dans le cadre de Earth Beats, une initiative internationale et collaborative rassemblant 18 médias du monde entier, dont Figaro Demain, autour des solutions aux déchets et à la pollution.

     

     

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  • Cet additif, utilisé principalement comme colorant pour blanchir ou intentisifer la brillance des produits alimentaires, pourrait être interdit par Bercy.

    Source AFP
    Publié le 15/04/2019 à 19:41 | Le Point.fr
    La decision de suspendre ou non le dioxyde de titane dans l'alimentation est desormais entre les mains de Bercy.

    La décision de suspendre ou non le dioxyde de titane dans l'alimentation est désormais entre les mains de Bercy.

    © Riccardo Milani / Hans Lucas

     
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