Retrouvez toutes les semaines dans la chronique «Terre d’actions» des initiatives pratiques et écolos en France et dans le monde.

Après «Dry January», le challenge qui consistait à ne pas boire d’alcool au mois de janvier, «Février sans supermarché» vous lance un défi écolo et responsable. C’est le site En vert et contre tout qui est à l’origine de cette initiative au principe assez simple : se détourner des grandes surfaces pour consommer des produits locaux issus du circuit court. Il s’agit soit d’un mode de vente directe du producteur au consommateur, soit d’une vente indirecte, à condition qu’il n’y ait qu’un seul intermédiaire, comme le précise le ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche.

Comme le rappelle le site En vert et contre tout, le circuit court permet de consommer local, de saison, et offre de nombreux avantages par rapport aux supermarchés. Il permet d’abord de «relocaliser l’activité économique», limiter les emballages utilisés à outrance par l’industrie agroalimentaire et réapprendre à consommer de saison – exit donc, les produits exotiques au bilan carbone très élevé. Consommer local, c’est aussi connaître la provenance et les conditions de production des produits, et les payer moins cher du fait de la réduction des coûts liés aux intermédiaires. Enfin, cela induit une rémunération plus juste des petits producteurs qui font plus de marge en vendant leurs produits au niveau local.

Amap, coopératives et commerces de proximité

Mais voilà, comment s’affranchir des supermarchés si commodes et ancrés dans nos habitudes ? Plusieurs solutions existent.

Il s’agit d’abord de privilégier le boulanger, un artisan local ou encore le boucher du coin. Le premier réflexe est d’aller au marché le plus proche, à condition de ne pas se fournir sur un stand de grossiste mais chez les petits producteurs et les maraîchers, en général facilement identifiables. De nombreux sites référencent aussi les points de vente de produits locaux à travers la France, comme Bienvenue à la ferme, qui indique aussi des adresses de restauration à base de produits fermiers.

Concernant les produits frais, vous pouvez vous tourner vers une Amap, une association pour le maintien d’une agriculture paysanne. Elle est le fruit de la rencontre entre un groupe de paysans et de consommateurs qui s’entendent sur la diversité et la qualité de la production, afin de constituer des paniers de produits vendus à un prix équitable, à un lieu et une heure fixés au préalable. Un annuaire officiel répertorie les Amap de France. Des plateformes de commande de produits locaux en ligne existent également, comme La Ruche qui dit oui. Enfin, certains consommateurs optent pour l’achat groupé de produits locaux selon un principe proche de celui des AMAP.

Autre solution pour contourner les grandes surfaces : les supermarchés coopératifs. Tout le monde peut y faire ses courses, à condition de participer au financement, au fonctionnement et à la gouvernance de la coopérative. Cela implique donc de donner de son temps pour les tâches nécessaires au fonctionnement du magasin. Des enseignes fleurissent dans toute la France, comme La Louve à Paris, Supercoop à Bordeaux ou Superquinquin à Lille.

Quid des cosmétiques et produits d’hygiène ?

Concernant les cosmétiques, ce défi est une bonne occasion d’apprendre à les fabriquer maison. En achetant les bases dans un magasin bio, en vrac (Day by Day) ou même en ligne (Aroma-Zone), vous pouvez concevoir votre dentrifrice, déodorant, crème hydratante, gommage et bien d’autres produits plus sains et moins gourmands en emballage que ceux des grandes surfaces. Certains produits, comme ceux à base de lait d’ânesse, sont également vendus par des producteurs locaux.

De la même façon, vous pouvez fabriquer vos produits ménagers vous-mêmes, ou vous contenter de produits de base comme le vinaigre blanc ou le bicarbonate de soude.

Pour ceux qui n’ont ni le temps, ni la patience de se mettre au «Do It Yourself», certains magasins de vente en vrac commercialisent des produits d’entretien et des cosmétiques, mais mieux vaut apporter ses propres contenants.

Si vous êtes à court d’idées, En Vert et contre tout a publié une liste de groupes Facebook par régions pour s’échanger les bons plans et conseils.

Anna Lippert