• Islamisme, antisémitisme, laïcité : le débat Valls-Oubrou

     

     

    Islamisme, antisémitisme, laïcité : le débat Valls-Oubrou

      23h15 , le 12 mai 2018, modifié à 23h22 , le 12 mai 2018
    INTERVIEW

    Le recteur de la mosquée de Bordeaux Tareq Oubrou et l'ancien Premier ministre Manuel Valls dialoguent sans tabous sur la place de la religion au sein de la République. Et livrent chacun leurs propositions contre la montée du radicalisme.

    Manuel Valls et Tareq Oubrou ont débattu pour le JDD.

    Manuel Valls et Tareq Oubrou ont débattu pour le JDD. (Bernard Bisson pour le JDD)
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    Conversation subtile. L'ancien Premier ministre Manuel Valls, aujourd'hui député apparenté La République en marche de l'Essonne, est signataire du manifeste des 300 "Contre le nouvel antisémitisme" paru le 22 avril dans Le Parisien-Aujourd'hui en France. Tareq Oubrou, recteur de la mosquée de Bordeaux, est à l'initiative de la tribune des 30 imams "indignés" et "prêts à se mettre au service de notre pays" parue dans Le Monde le 24 avril. Ils ont accepté de dialoguer ce dimanche pour le JDD. Extraits.

    Le manifeste signé par Manuel Valls exhorte les théologiens musulmans à frapper d'obsolescence les versets du Coran qui appellent au meurtre des chrétiens, des juifs et des incroyants. Tareq Oubrou, le théologien que vous êtes est-il prêt cela?
    Tareq Oubrou Le problème, c'est que nous ne sommes pas dans le même régime théologique. Il n'y a pas dans l'islam d'institution qui proposerait une interprétation infaillible des textes. Il n'y a pas d'Église qui dirait la vérité.

    Lire aussi : Manuel Valls : "Sur la laïcité, je continuerai à m'exprimer librement"

    Manuel Valls Nous demandons à l'islam d'accomplir un chemin que les chrétiens ont mis des siècles à parcourir

    Il y a chez beaucoup de musulmans un antisémitisme classique

    Y a-t-il un antisémitisme musulman? 
    T.O. Il y a chez beaucoup de musulmans un antisémitisme classique, comme cela existait en France au XIXe siècle, véhiculé par la tradition maghrébine. Un racisme aggravé par le conflit israélo-palestinien. On passe subrepticement de l'antisionisme à l'antisémitisme. C'est une explication, pas une justification. Rien ne justifie l'antisémitisme. Mais de là à dire qu'il y a un antisémitisme musulman, cela me gêne en tant que théologien. Le Coran lui-même stipule que Dieu a choisi le peuple d'Israël en connaissance de cause. Dieu se serait trompé?

    Par Anna Cabana Arthur Nazaret 

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    Rapport sur la dette de la France : elle provient des cadeaux fiscaux !

     

    Le Lot en Action, par Bluboux, mis en ligne le 3 juin 2014

    La dette de la France

    Elle s'élevait à 1 925,3 milliards d'euros (fin 2013, estimation Insee) et représente l'ensemble des engagements financiers, sous formes d'emprunts, pris par l’État, les collectivités territoriales et les organismes publics français (entreprises publiques, certains organismes de sécurité sociale…). Précisons qu'au 1er janvier 1996, elle représentait 663,5 milliards d'euros et 1 211,6 milliards d'euros au 1er janvier 2008.

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    Les discours des économistes, inaccessibles pour la plupart des citoyens, et de ceux des politiques, partiaux, voire mensongers, vont tous dans le même sens : nous dépensons beaucoup trop d'argent pour notre santé, l'éducation de nos enfants, pour nos services publics en général et entretenons une masse insupportable de fonctionnaires. En regardant le graphique ci-dessus vous noterez l'explosion de la dette sous Sarkozy, qui n'a pourtant eu de cesse de supprimer des postes dans la fonction publique.

    Alors nous raconterait-on des sornettes ?

    Les résultats de l'étude réalisée par un groupe de travail du Collectif pour un Audit citoyen de la dette publique sont éloquents et nous vous livrons ci-dessous le résumé du rapport, dispobible dans sa version complète ici (38 pages). L'essentiel de la dette provient des cadeaux fiscaux (aux riches) et des taux d'intérêts excessifs (aux profits des marchés financiers). Près des deux-tiers de la dette de la France est donc illégitime et pourraient être remis en question... Tiens, petite réflexion, comme ça, juste en passant : ces deux-tiers correspondent, tout à fait par hasard, à l'augmentation constatée entre 1996 et aujourd'hui...

    La France est-elle une exception ?

    Non, bien évidemment. Voyez ci-dessous la situation au USA et de l'Allemagne (cliquez sur les graphiques pour les agrandir). Partout, la dette publique a été provoquée par des politiques économiques largement favorables aux intérêts des créanciers et des riches, alors que les sacrifices demandés aujourd’hui pour la réduire pèsent pour l’essentiel sur les salariés, les retraités et les usagers des services publics.

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    Résumé du rapport :

    59% de la dette publique proviennent des cadeaux fiscaux et des taux d’intérêt excessifs

    Tout se passe comme si la réduction des déficits et des dettes publiques était aujourd’hui l’objectif prioritaire de la politique économique menée en France comme dans la plupart des pays européens. La baisse des salaires des fonctionnaires, ou le pacte dit « de responsabilité » qui prévoit 50 milliards supplémentaires de réduction des dépenses publiques, sont justifiés au nom de cet impératif.

    Le discours dominant sur la montée de la dette publique fait comme si son origine était évidente: une croissance excessive des dépenses publiques.

    Mais ce discours ne résiste pas à l’examen des faits. Dans ce rapport nous montrons que l’augmentation de la dette de l’État – qui représente l’essentiel, soit 79%, de la dette publique – ne peut s’expliquer par l’augmentation des dépenses puisque leur part dans le PIB a chuté de 2 points en trente ans.

    Si la dette a augmenté c’est d’abord parce que tout au long de ces années l’État s’est systématiquement privé de recettes en exonérant les ménages aisés et les grandes entreprises : du fait de la multiplication des cadeaux fiscaux et des niches, la part des recettes de l’État dans le PIB a chuté de 5 points en 30 ans.

    Si l’État, au lieu de se dépouiller lui-même, avait maintenu constante la part de ses recettes dans le PIB, la dette publique serait aujourd’hui inférieure de 24 points de PIB (soit 488 milliards €) à son niveau actuel.

    C’est ensuite parce que les taux d’intérêt ont souvent atteint des niveaux excessifs, notamment dans les années 1990 avec les politiques de « franc fort » pour préparer l’entrée dans l’euro, engendrant un « effet boule de neige » qui pèse encore très lourdement sur la dette actuelle.

    Si l’État, au lieu de se financer depuis 30 ans sur les marchés financiers, avait recouru à des emprunts directement auprès des ménages ou des banques à un taux d’intérêt réel de 2 %, la dette publique serait aujourd’hui inférieure de 29 points de PIB (soit 589 milliards €) à son niveau actuel.

    L’impact combiné de l’effet boule de neige et des cadeaux fiscaux sur la dette publique est majeur : 53% du PIB (soit 1077 milliards €). Si l’État n’avait pas réduit ses recettes et choyé les marchés financiers, le ratio dette publique sur PIB aurait été en 2012 de 43% au lieu de 90 % comme le montre le graphique ci-contre.

    Au total, 59% de l’actuelle dette publique proviennent des cadeaux fiscaux et des taux d’intérêts excessifs.

     La hausse de la dette publique provient pour l’essentiel des cadeaux fiscaux et des hauts taux d’intérêt

    Source : Insee, comptabilité nationale ; calculs CAC

    Le rapport d’audit propose aussi une évaluation des impacts des paradis fiscaux ainsi que de la crise financière de 2008 dans l’envolée de la dette publique.

    Au total, il apparaît clairement que la dette publique a été provoquée par des politiques économiques largement favorables aux intérêts des créanciers et des riches, alors que les sacrifices demandés aujourd’hui pour la réduire pèsent pour l’essentiel sur les salariés, les retraités et les usagers des services publics. Cela pose la question de sa légitimité.

    Le rapport se conclut par une série de propositions destinées à alléger le fardeau de la dette (près de 50 milliards d’euros d’intérêts par an et plus de 100 milliards de remboursements) pour rompre avec le cercle vicieux des politiques d’austérité et financer les investissements publics dont l’urgence sociale et écologique n’est plus à démontrer.

    La réalisation d’un audit de la dette publique effectué par les citoyens ou sous contrôle citoyen, devrait permettre d’ouvrir enfin un véritable débat démocratique sur la dette publique. Ce débat devrait amener à déterminer quelle partie de cette dette est jugée par les citoyens comme illégitime. Les premières évaluations ici proposées par le groupe de travail du Collectif pour un audit citoyen se veulent une contribution à ce débat.

    Ont participé à l’élaboration du rapport :

      • Michel Husson (Conseil scientifique d’Attac, coordination),
      • Pascal Franchet (CADTM),
      • Robert Joumard (Attac),
      • Evelyne Ngo (Solidaires Finances Publiques),
      • Henri Sterdyniak (Économistes

     

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  • La convention chômage du 14 avril 2017 a modifié les règles d'indemnisation du chômage. Le point sur cette réforme du chômage 2017.

     

     

     

    La plupart des mesures qui suivent ont été édictées en vue de faire des économies budgétaires. Selon l'Unédic, ces changements devraient réduire le déficit du régime d'assurance chômage de 900 millions d'euros par an.
    Le Président Macron souhaite également réformer l'assurance chômage en allant plus loin que ces mesures, qui ont été décidées par les partenaires sociaux quelques semaines avant l'élection présidentielle. Ce projet pourrait être mis en oeuvre dès 2018. Vous pouvez ainsi consulter les grandes lignes du projet Macron sur l'assurance chômage.

    Entrée en vigueur

    Les nouvelles règles applicables aux nouveaux inscrits à Pôle emploi sont prévues dans le projet d'accord national interprofessionnel sur l'indemnisation du chômage conclu par les partenaires sociaux le 28 mars 2017. Ce texte a servi de base à la rédaction de la nouvelle convention d'assurance chômage du 14 avril 2017. Après son agrément par le ministère du Travail, le texte de la convention a été publiée au Journal officiel le 6 mai 2017. Il a remplacé l'ancienne convention d'assurance chômage du 14 mai 2014.

     

    L'essentiel des mesures est entrée en vigueur en novembre 2017. Par exception, la hausse des cotisations patronales est entrée en vigueur au mois d'octobre.

    Texte

    Télécharger le texte de la convention chômage 2017.

    Conditions d'indemnisation

    L'accord prévoit d'harmoniser les conditions d'indemnisation chômage du régime général et des intérimaires ou des contrats court, en instaurant une nouvelle règle de décompte des jours travaillés.

    Pour calculer la durée d'activité minimale pour être indemnisé, il faut désormais retenir les jours ouvrés travaillés et non les jours calendaires. Pour les salariés travaillant du lundi au vendredi, on ne tient donc plus compte des week-ends. En contrepartie, le nombre de jours nécessaires pour être indemnisé est naturellement réduit.

    Il faut donc désormais justifier de 88 jours travaillés (contre 122 jours calendaires aujourd'hui) ou 610 heures (cette durée en heure ne change en revanche pas par rapport à l'ancien régime) au cours des 28 mois qui précèdent la fin du contrat de travail (36 mois pour les seniors).

    Calcul des allocations et SJR

    Dans le même sens, le texte instaure une nouvelle formule de calcul des allocations chômage. Désormais, le calcul du salaire journalier de référence (SJR) se fait sur la base du nombre de jours travaillés stricto-sensu, donc week-ends exclus pour les salariés qui travaillent du lundi au vendredi.

    Exemple : le nombre de jours pris en compte pour un salarié ayant travaillé deux fois 5 jours est le même que pour celui d'un salarié ayant travaillé deux semaines sans interruption (10).

    Pour calculer le SJR, on applique donc la formule suivante :
    SJR = Salaire annuel de référence / nombre de jours travaillés au cours de la période de référence du calcul.

    Cotisations patronales

    L'accord prévoit une augmentation des cotisations patronales de + 0,05 point. Une hausse compensée par une baisse de la cotisation AGS pour les entreprises. Cette hausse est entrée en vigueur en octobre 2017.

    Seniors

    Les personnes de plus de 50 ans pouvaient auparavant bénéficier d'une durée d'indemnisation chômage plus longue, fixée à 3 ans au lieu de 2. L'accord a reporté cet âge minimal tout en instaurant de nouvelles règles en matière de formation.

    Entre 50 et 52 ans

    Pour les seniors ayant entre 50 et 52 ans, la durée maximale d'indemnisation est désormais de 2 ans, comme pour les autres demandeurs d'emplois. Leur compte personnel de formation (CPF) peut être abondé jusqu'à 500 heures s'ils suivent une formation pendant cette période.

    53 et 54 ans

    Les chômeurs de 53 à 54 ans peuvent quant à eux bénéficier d'une durée maximale d'indemnisation fixée à 30 mois (2 ans et demi). Cette période peut être prolongée de 6 mois supplémentaires si ces demandeurs d'emploi suivent une formation.

    55 ans ou plus

    Pour les seniors de 55 ans ou plus, la durée d'indemnisation maximale est de 3 ans (36 mois).

    Différé d'indemnisation

    Un différé d'indemnisation s'applique lorsqu'un salarié a perçu des indemnités supérieures aux indemnités de licenciement prévues par la loi (« indemnités supra-légales ») lors de la rupture de son contrat de travail. Cette durée est calculée à partir du montant des indemnités, dans la limite d'un certain plafond qui jusqu'à maintenant été fixé à 180 jours (soit environ 6 mois). L'accord de 2017 réduit cette durée maximale à 150 jours. Une mesure qui, en pratique, devrait surtout profiter aux cadres d'entreprise.

    Crédits photo : 123RF - ricochet64

     

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