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    Depuis le 1er février et l’entrée en vigueur de la première partie de la loi Egalim, certains produits de grandes surface ont vu leur prix augmenter de 5 à 6 % en moyenne. Le but, selon le gouvernement : Permettre une meilleure rémunération aux agriculteurs…
    Vraiment ? 

    Ce que contient la loi

    Cette hausse des prix est due en premier lieu à l’augmentation du seuil de revente à perte (SRP) de 10%. Alors que jusqu’à présent, on interdisait aux distributeurs de revendre les produits moins chers que ce qu’ils avaient acheté, ils seront maintenant obligés de les revendre à 110% de son prix d’achat. Autrement dit, un produit acheté au fournisseur 1€ devra être revendu au minimum 1,10€ au consommateur.

    Autre mesure prise par l’ordonnance, celle du contrôle des promotions : La limitation des promotions à -34%, ainsi que la possibilité de faire des promotions uniquement sur 25% du stock total du produit. Finies, donc, les promos à -80% sur le Nutella.

    Une mesure qui pénalise les consommateurs ?

    Au final, cette augmentation des prix devrait se répercuter dans un premier temps sur environ 4% des produits vendus en grande surface, principalement sur les produits d’appel comme le Coca, le Nutella, le camembert Président, ou la bouteille de lait Danone.

    « J’aurai voulu que ce soit autrement », avait déclaré le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume au micro de France Inter le 30 janvier 2019, dans un moment de contrition.

    Il pourra néanmoins difficilement feindre la surprise, puisque l’étude d’impact gouvernementale datant du mois de janvier 2018 avait prédit que « le relèvement du SRP devrait entraîner mécaniquement une augmentation des prix de vente aux consommateurs. » 

    Alain Bazot, président d’UFC-Que choisir, dénonce quant à elle une « culpabilisation. On dit aux Français : payez plus cher, et les agriculteurs vivront mieux. » L’association de consommateurs craint un surcoût pouvant aller jusqu’à 177€ par ménage sur les 2 ans d’expérimentation de la mesure. 

    Les grands distributeurs promettent d’agir contre la hausse des prix

    Une hausse des prix irrémédiable pour le consommateur ? Non, non ! Nous rassurent les distributeurs. En effet, tous ont promis au consommateur que le prix de son panier n’augmentera pas ! Mais comment ?

    « En baissant les prix de nos marques de distributeurs ! » s’engagent Leclerc et Intermarché.
    Par exemple, chez Leclerc, « le prix de 4.600 articles de nos marques de distributeurs » baisse de « 5% à 10% »assure Michel-Édouard Leclerc sur Europe 1.

    « En créant des programmes de fidélité ! » promettent Carrefour et Système U. 
    « Chez Carrefour, nous accompagnerons cette hausse de mesures de fidélité sur 200 produits du quotidien, avec des baisses pouvant aller jusqu’à 1,50€ sur ces produits »garantit ainsi son secrétaire général Laurent Vallée.

    Enfin, cette loi ne s’appliquant qu’aux produits alimentaires, vous aurez la possibilité de faire des économies sur d’autres produits : « Les offres ‘un produit acheté = un produit offert’ seront encore possibles sur le shampooing, la lessive, etc. », assure Laurent Vallée, de Carrefour.

    Comprenez bien : Pour compenser et faire des économies, il vous faudra acheter plus de produits de marque distributeur, acheter autre chose que de l’alimentaire, et vous fidéliser aux grandes enseignes. En gros, donner plus d’argent aux grandes surfaces !

    Ils sont forts, quand même…

    Et les agriculteurs, dans tout ça ?

    Oui, et les agriculteurs ? Ceux à qui tout ce barouf est censé profiter ? On les aurait presque oubliés dans tout ça… Reprenons l’étude d’impact :

    « La majoration du SRP est de nature à contribuer à l’amélioration du fonctionnement du marché, en réduisant les distorsions entre, d’une part, des produits dont la rentabilité trop faible est source de tensions permanentes entre industriels et distributeurs et, d’autre part, des produits dont les niveaux de marge, donc des prix, pénalisent le développement et l’accès au consommateur. » 

    On nous parle d’industriels, de distributeurs, de consommateurs, mais toujours pas d’agriculteurs… Un oubli, sûrement.

    Mais on comprend bien la logique. Ce sur quoi mise cette loi, c’est le phénomène de « péréquation » des prix :

    En augmentant leurs marges sur certains produits d’appel, les distributeurs seraient hypothétiquement amenés à baisser leurs marges sur d’autres produits, et à détendre les négociations.

    Cette hypothétique détente se ferait hypothétiquement sur les négociations autour des produits agricoles français. Ce qui engendrerait donc hypothétiquement une diminution de la pression mise sur les agriculteurs au moment de conclure le contrat, et donc une hypothétique augmentation de leurs revenus.

    Admirons le pragmatisme…

    Car tout cela est bel et bien hypothétique. L’étude d’impact nous prévenait :

    « Cette révision du SRP doit […] surtout s’accompagner d’autres mesures […] indispensables pour permettre d’assurer une meilleure répartition de la valeur au sein des filières agroalimentaires, telles notamment un encadrement des promotions et un renforcement de la clause de renégociation et de la clause d’interdiction des prix de cession abusivement bas. » 

    Quid de ces clauses censées protéger l’agriculteur lors des négociations ? Pour le moment, pas grand chose…

    Ah, si ! La signature d’une charte de bonne conduite, datant du 14 novembre 2017, dans laquelle les distributeurs promettaient, croix de bois, croix de fer, « assurer, notamment par une péréquation raisonnée et dans un esprit de transparence, un juste retour aux acteurs de la production » ainsi que de « mettre en place des partenariats durables et équitables avec [leurs] fournisseurs. »

    Une charte non restrictive, mais le ministre de l’Agriculture de l’époque mettait en garde les signataires : « C’est un engagement qui vous engage politiquement et moralement ». Les grandes multinationales capitalistes ne nous ont-elles pas prouvé, à travers l’histoire, qu’elle étaient guidées par la morale ?

    Une mesure dangereuse pour les producteurs ?

    On voit donc que cette mesure aura besoin d’un sacré alignement des étoiles pour que l’argent dégagé par l’augmentation des marges ruisselle jusqu’aux agriculteurs.

    Pire, selon une étude du cabinet de conseil américain Analysis Group, commandée par Leclerc et validée par Marie-Laure Allain, directrice de recherche au CNRS, cette loi aura pour conséquence de « baisser le prix d’achat de certains produits, réduisant ainsi directement la marge des fournisseurs, et notamment des agriculteurs. »

    Pour la chercheuse, « en aucun cas, cela ne peut bénéficier aux agriculteurs ».

    Une grande tartufferie

    Il y avait pourtant bien certaines mesures pour augmenter les revenus des agriculteurs, qui auraient pu aboutir de manière plus sûre. Par exemple, partir du coût de production des agriculteurs, pour fixer un prix minimum d’achat. Une proposition qui avait été écartée par les députés lors de sa deuxième lecture à l’Assemblée Nationale, le 15 septembre 2018

    Abandon que dénonçait sur RMC, le 1er février, le porte-parole de la Confédération paysanne, Laurent Pinatel : « Il faut revenir à l’essence de la loi qui était de partir du coût de production des producteurs. Il n’y a rien aujourd’hui qui oblige les distributeurs à payer les paysans en fonction de leur coût. » 

    A Jean Mouzat, président du MODEF, de nous résumer la situation : « En clair, les producteurs continueront d’être sous payés, même avec le relèvement du SRP à 10% ».

    On se rappelle de ses mots au sujet des Etats Généraux de l’Alimentation, lorsqu’on l’avait croisé à Paris, le 16 mai dernier :

    « Ça a été un débat qui a duré longtemps, mais en fait, c’est la montagne qui va accoucher d’une souris, parce qu’il ne va rien en sortir de concret. »

    Tartufferie, vous avez dit ? 

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    A en croire le FMI, en 2017, la croissance mondiale synchronisée était à un niveau jamais enregistré depuis 2010, et cette croissance devait se confirmer indéfiniment. Par « croissance mondiale », il faut entendre la croissance du total des produits intérieurs brut s(PIB) mondiaux ou « revenu mondial ». 

    2018 a été une grande déception pour Mme Lagarde, et la mise à jour des perspectives de l'économie mondiale publiée par le FMI en janvier 2019, intitulée « Une expansion mondiale affaiblie » a mis quelques bémols à l’optimisme qui régnait jusque là. 

    La directrice générale du FMI, a déclaré : « Même si l'économie mondiale progresse, les risques sont de plus en plus importants. Cela signifie-t-il qu'une récession mondiale est imminente ? Non, mais le risque d'un ralentissement plus marqué de la croissance mondiale a certainement augmenté. »

    Le FMI, qui a finalement évalué la croissance mondiale de 2018 à 3,7%, prévoit pour 2019 une croissance de 3,5%. Mais sa sœur jumelle, la Banque Mondiale, plus pessimiste : elle a estimé la croissance mondiale de 2018 à 3% et prévoit 2,9% pour 2019. Auquel des deux oracles faut-il se fier ?

    Mais au fait, cette « récession mondiale » qui préoccupe tant Madame Lagarde, en quoi consisterait-elle donc ? 

    Comme pour les évaluations et les prévisions, la réponse dépend de la personne à qui la question est posée. 

    Avant la crise financière mondiale qui avait débuté en été 2007, le FMI avait défini la récession mondiale comme une croissance mondiale de moins de 2% ou 3%, mais depuis, les points de vue ont changé. En 2008, alors que la croissance mondiale était inférieure à 3%Olivier Blanchard, le directeur de la recherche au FMI de l’époque s'est opposé au fait de considérer qu’il s’agissait d’une « récession mondiale », et depuis il devient difficle de comprendre ce que le FMI entend par cette qualification.

    Si on s’en tient à l'ancienne définition du FMI et que l’on choisit de croire la Banque Mondiale, le monde était déjà en récession mondiale en 2018, et devrait continuer en 2019.

    Les observateurs d’une association internationale de chercheurs et d'entreprises indépendantes, « The Conference Board », considèrent que la possibilité d'une récession mondiale est la principale préoccupation des dirigeants d'entreprise à l'aube de 2019 et que l’Allemagne a déjà commencé à se préparer au pire.

     

    Dans la préface du dernier rapport sur la stabilité financière publié par le FMI en octobre 2018, on pouvait lire :

    « Pour l'avenir, des nuages ​​apparaissent à l'horizon. La reprise économique mondiale a été inégale et les inégalités ont augmenté, alimentant des politiques introverties et contribuant à une incertitude accrue des politiques.

    Le ratio de la dette totale du secteur non financier au PIB dans les juridictions dotées de secteurs financiers d'importance systémique atteint un sommet sans précédent de 250%. La valorisation des actifs reste tendue dans plusieurs secteurs et régions et les normes de souscription se détériorent, notamment dans les segments de marchés basés sur la finance ».

     

    Parmi les principales préoccupations exprimées dans le rapport figuraient :

    • l'incapacité des gouvernements et des régulateurs à imposer toutes les réformes nécessaires pour protéger le système des comportements irresponsables des banquiers
    • un niveau d'endettement mondial nettement supérieur à celui enregistré lors du dernier krach de 2008
    • l'augmentation spectaculaire des prêts des "banques fantômes" en Chine et l'incapacité d'imposer des restrictions sévères aux sociétés d'assurance et aux gestionnaires d'actifs
    • la croissance des banques mondiales telles que JP Morgan et la Banque industrielle et commerciale de Chine à un niveau supérieur à celui de 2008, faisant craindre qu'elles ne restent « trop grandes pour faire faillite ».

     

    Et le 15 janvier 2019, l'Institute of International Finance (l'association mondiale du secteur financier) a publié ses derniers résultats du Global Debt Monitor sous le titre « Devil in the Details » (le diable sous tous ses angles). Le verdict est sans appel :

    • la dette mondiale a augmenté de plus de 12% depuis 2016 pour atteindre 244 milliards de dollars, soit 318% du PIB mondial au troisième trimestre 2018 (légèrement inférieur au sommet record de 320% du PIB mondial enregistré au troisième trimestre 2016).
    • le secteur des entreprises a représenté plus du tiers de la hausse, faisant de la dette / PIB un niveau record de 92% du PIB mondial.
    • Un risque de pénurie de financement en dollars se fait jour : les engagements en devises de banques autres que les États-Unis se chiffrent à 13 300 milliards de dollars (21% du PIB mondial).

     

    Un événement financier important qui n'est pas mentionné dans les rapports ci-dessus concerne la chute du marché boursier mondial en 2018. La capitalisation boursière mondiale, mesurée par l'indice Bloomberg, avait atteint son plus haut niveau historique à 87,79 millions de dollars le 28 janvier 2018, puis des baisses au cours de l’année ont ramené ce chiffe à 66,02 millions de dollars le 26 décembre 2018, soit une baisse d’environ 25% en 11 mois.

    Cette forte chute a obligé les grandes banques centrales y compris la Réserve Fédérale américaine (Fed) à faire volte-face, renoncer au durcissement monétaire qu'elles avaient annoncé et, après des injections massives de liquidités dans les principales juridictions, ont permis aux actions mondiales de connaitre leur meilleur mois de janvier 2019 depuis 1987, avec un gain de plus de 20% en un mois, un feu d’artifice purement spéculatif, mais très rémunérateur pour les initiés. 

     

    L'annonce par la Fed est intervenue le 31 janvier 2019. Elle a indiqué qu'elle serait « patiente » face à de nouvelles augmentations de taux et « souple » quant à l'assainissement de son bilan. Sept jours plus tôt, le 24 janvier 2019, la Banque Centrale Européenne avait annoncé qu'elle maintiendrait ses taux directeurs à leurs niveaux actuels jusqu'à l'été 2019 et « plus longtemps, si nécessaire », et que son programme d'achat d'obligations ayant pris fin , elle prévoyait de réinvestir les liquidités des obligations arrivant à échéance sur une longue période. Enfin, le 25 janvier 2019, la Banque populaire de Chine (PBC) a lancé un swap de devises destiné probablement à soutenir la liquidité des obligations à long terme des banques et les encourager à reconstituer leurs fonds propres en émettant des obligations à perpétuité, ce que Frances Coppola a appelé le « Grand renflouement bancaire chinois ».

     

    Lors d'une réunion de l'American Economic Association à Atlanta, le premier directeur général adjoint du FMI, M. David Lipton, a déclaré au Financial Times le 6 janvier 2019 que les dirigeants des plus grands pays du monde n’étaient pas préparés aux conséquences d'un grave ralentissement mondial :

    « La prochaine récession se situe quelque part à l'horizon et nous sommes moins disposés à y faire face que nous ne devrions l'être… encore moins préparés que lors de la dernière crise (en 2008). »

    Si une récession mondiale se produit en effet, comment se produira l’effet domino ?

    Comme le chantait Bob Dylan, « The answer, my friend, is blowing in the wind » (la réponse est dans le souffle du vent).

     

     

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  • MACRON : Une politique économique nulle et dangereuse qui porte enfin ses fruits, pas de croissance et du chômage…

     

    Dominique Seux et autres plumassiers macronisés sont surpris par les mauvais résultats de la croissance. Il ne reste plus qu’à accuser… les gilets jaunes. Problème, les chiffres portent sur la période qui précède le mouvement. La politique de Macron est fondamentalement mauvaise, elle a tué la croissance en 2017/2018 en cassant le pouvoir d’achat.

    Aujourd’hui les macroniens comptent sur la hausse du pouvoir d’achat, mesures qui ont laissé de côté 23 millions de personnes ( retraités, fonctionnaires)

    Et Dominique Seux rabâche que les mesures infusent… Mais bordel lui a-t-on un jour appris l’économie.

    La droite macronocompatible s’extasie devant les réformes mais lesquelles ?

    La gauche macronocompatible ne voit pas de changement et pour cause Macron d’une façon ou d’une autre conduit l’économie de la France depuis maintenant sept ans 

    Avec Macron, c’est simple, il réforme mais ses réformes sont crétines et contre productives, c’est même à ça qu’on les reconnait.

    Dernière en date la hausse du seuil de revente à perte des produits alimentaires va conduire dès vendredi à une augmentation de leurs prix.

    La note s’annonce salée pour les consommateurs. Les prix de nombreux produits alimentaires vont augmenter à partir de vendredi, en raison de l’entrée en vigueur de la loi Alimentation, révèle ce mercredi Le Parisien

    A titre d’exemple, le prix du lait pour enfant de la marque Guigoz va bondir de 8,1% (16,48 euros contre 15,25), selon les données qu’un grand distributeur (qui a souhaité rester anonyme) a livrées au quotidien.

    Cette hausse est la conséquence directe de la mise en application de la loi Alimentation, votée en octobre 2018, la grande distribution voit son seuil de revente à perte fixé à 10% sur les produits alimentaires ou la nourriture pour animaux. En clair, elle a l’obligation de faire 10% de marge sur de nombreux articles.

    Cette hausse des prix concerne au final en majorité les produits sur lesquels les marges de la grande distribution étaient faibles. Selon Le Parisien, qui est entré en contact avec un grand distributeur, la hausse moyenne des prix est de 6,3% sur 24 produits très prisés des consommateurs. La bouteille de Coca-Cola enregistre ainsi une hausse de 5% (1,46 euro contre 1,39) et le prix du camembert bondit de 8,6% (1,51 euro contre 1,39 jusqu’ici).

    Quel est le crétin qui peut me démontrer que ces augmentations profiteront aux agriculteurs ?

    https://pgibertie.com/2017/10/11/alimentaire-emmanuel-macron-sinspire-du-modele-sovietique-de-fixation-des-prix/

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    Réforme idiote après une longue série :

    • La suppression de l’isf : il aurait suffi de le maintenir en permettant une déduction fiscale de 100% pour ceux qui investissaient. En attendant malgré cette réforme les investissements étrangers en France s’effondrent

     

    • La suppression de la taxe d’habitation, impôt intelligent, il suffisait de réactualiser la valeur locative
    • La réforme de la SNCF qui a surtout amené à un désengagement de l’Etat des investissements
    • L’abandon de la politique industrielle : Alstom …

    Avant les gilets jaunes Macron obtenaient déjà des résultats, ils étaient catastrophiques :

     

    Pour comprendre je vous renvoie à quelques lectures :

     

    https://pgibertie.com/2018/02/12/france-isnt-back-la-politique-economique-decryptee/

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    MASSACRE FISCAL :dans les pas de Hollande

    La hausse de la CSG et les relèvements de taxes sur le tabac et les carburants vont fortement affecter les ménages. Les soi-disant compensations (baisse de la taxe d’habitation et des cotisations sociales, transformation de l’ISF…) auront un effet partiel et fragmenté.

    Notre ministre de l’Économie l’a dit et répété la semaine dernière : il n’y aura pas de nouvel impôt pendant ce quinquennat ; en omettant cependant de préciser qu’avaient d’ores et déjà été instaurées pas moins de sept contributions et taxes en huit mois. À celles-ci s’ajoute une nouvelle taxe locale héritée du quinquennat Hollande. Des taxes portant sur les ventes de logements par les offices HLM, les industries du papier, l’exploration d’hydrocarbures et les sites géothermiques, deux contributions exceptionnelles sur l’impôt sur les sociétés, l’impôt sur la fortune immobilière (qui opère un prélèvement sur les “petits riches”, propriétaires de leur résidence principale et de leur résidence secondaire, alors que les vrais multimillionnaires ne paieront plus d’ISF), ou encore la nouvelle taxe “inondation” entrée en vigueur le 1er janvier, qui s’ajoute à la taxe d’habitation.

    Dès le 1er janvier, la CSG augmente de 1,8 point. Si Macron a claironné la suppression des cotisations salariales chômage et maladie, cette diminution n’interviendra qu’en deux temps : une baisse de 2,2 points au 1er janvier puis de 0,95 point en octobre et, surtout, elle ne concerne pas des catégories importantes de la population : retraités, indépendants et fonctionnaires notamment. Pour ces derniers, les compensations promises sont encore nébuleuses.

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    Quant à la fiscalité des produits énergétiques, en particulier des carburants, elle été revue à la hausse au 1er janvier du fait de la montée en charge de la taxe carbone, tandis que les prélèvements sur le tabac vont augmenter en mars (après une première hausse en novembre dernier).

    La politique de Macron va dégrader d’au moins 0,7 point le pouvoir d’achat des ménages au 1er trimestre 2018 selon l’Insee. Sur l’ensemble de l’année, les prélèvements obligatoires devraient augmenter de 4,5 milliards d’euros, soit une baisse de 0,3 point de pouvoir d’achat en moyenne annuelle.

    Les média parlent pourtant d’une hausse de pouvoir d’achat au terme d’une démonstration ubuesque : l’État augmente les taxes sur le tabac et le gazole. Les Français baissent leur consommation de cigarettes et abandonnent leurs voitures diesel. En fumant moins et en roulant à l’essence, ils gagnent du pouvoir d’achat !

    La hausse des impôts sera-t-elle compensée par les effets de la mesure phare :supprimer l’impôt sur la fortune, et le remplacer par un impôt sur la fortune immobilière (IFI) ajouté à un prélèvement forfaitaire unique (PFU) à 30% sur les revenus du capital. Inscrit dans le projet de loi de finances pour 2018, le texte a été voté par l’Assemblée nationale le 20 octobre dernier.

    Mais après avoir demandé à Bercy des chiffres sur les répercussions d’une telle mesure, le constat du Sénat est sans appel. L’introduction de l’IFI et du PFU aurait « des effets très limités sur l’emploi et la croissance », peut-on lire dans le document transmis aux membres de la commission des Finances. « Ces deux mesures conduiraient à long terme à une augmentation du PIB de 0,5 point et à la création de 50.000 emplois ». Loin de rentabiliser le coût de la mise en place des deux nouvelles taxes, estimées à 4,5 milliards d’euros en 2018 et 5,1 milliards dès 2019.

    L’article 16 de la loi TEPA du 21 août 2007 avait créé une réduction d’impôt de solidarité sur la fortune en cas d’investissement dans les PME non cotées

    La transformation de l’ISF en IFI met fin aux réductions d’impôts sur la fortune pour l’investissement dans les PME. Indiscutablement, la disparition du dispositif est un coup dur pour les contribuables et l’industrie des fonds de défiscalisation.

    les pme perdent un millard d’euros de financement avec la disparition de l’ISF PME

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    Pas la moindre mesure pour assainir l’économie

    La croissance ne fait pas seulement reculer le chômage, elle est le meilleur moyen pour réduire les déficits publics car à impositions identique les recettes augmentent avec 1,1% de croissance le déficit est supérieur à 3%. En 2017 il tombe à 2,9% du pib, avec 1, 8% de croissance .Cocorrico !!! Non un simple effet mécanique …

    Tout doit donc être fait pour soutenir la croissance.

    Deux variables pourraient faire peser un risque sur la reprise : les taux d’intérêt tout d’abord. Une hausse trop rapide aux Etats-Unis pourrait, dans une certaine mesure, se traduire par une hausse des taux européens qui pourraient compromettre l’investissement. La seconde variable est la baisse du dollar, à laquelle on assiste depuis quelques mois et que visiblement rien ne vient interrompre. Elle pourrait heurter la compétitivité des produits européens et devenir un risque pour la Banque centrale européenne

    Mais il est un autre phénomène mécanique à prendre à compte , le coût de la dette. Si l’Etat emprunte à 0% la dette publique n’est pas un problème mais si l’emprunt se fait à 30 ou 40% alors la dette nourrit le déficit et c’est le drame grec.

    La France a largement profité de la période d’argent facile depuis 2012 grâce à Janet YELLEN de la FED et Mario DRAGHI de la bce, la charge des intérêts de la dette n’a cessé de se réduire, alors que parallèlement, l’endettement de la France était en hausse régulière. Grâce à une gestion habile, le Trésor a pu devancer parfois des échéances en profitant de la diminution régulière des taux. A l’automne 2016, le loyer de l’argent était tombé à zéro. Un an plus tard, il était seulement de 0,5%. Cette fois, il atteint le chiffre symbolique d’un pour cent. Celui-ci peut paraitre modeste. Mais il est seulement un point de départ à une nouvelle évolution qui sera plus lourde pour les finances publiques.

    Car la période bénie que le pouvoir aurait pu utiliser pour amorcer la grande réforme, comme l’y invitait régulièrement la Cour des Comptes, est désormais terminée.

    Et le pays risque d’être confronté dès maintenant à des échéances douloureuses. Car, les Etats-Unis, qui sont à l’origine du changement, ont déjà redressé la barre et s’apprêtent cette année à relever au moins à quatre reprises le montant de leurs taux, entraînant le monde entier dans leur sillage. Parallèlement, les banques centrales freinent leurs engagements, réduisent le robinet du crédit en resserrant leur politique monétaire.
    Read more at http://www.atlantico.fr/decryptage/quand-hausse-taux-interet-risque-gonfler-dette-france-3297499.html#3deiAHmspd6pkpeY.99

    Enfin, si la dette française constitue une cible de choix pour les spéculateurs, c’est aussi parce que le rendement offert par les emprunts d’Etat de l’Hexagone est trop bas, au vu de nos problèmes structurels (perte de compétitivité)..

     

    Etait il opportun de perdre 5 milliards d’euro de recettes annuelles sans contrepartie avec la suppression de l’isf ?

     

    A cela s’ajoute le coût dramatique de la suppression de la taxe d’habitation

    La disparition de la taxe pour 80% des contribuables aurait été financée par la hausse de la csg sur les retraités. Soit. Mais il y a rupture de l’égalité devant l’impôt et ce n’est pas constitutionnel.

    Le ministre de l’Action et des Comptes publics a confirmé que cela revenait à supprimer la taxe d’habitation pour 100 % des contribuables à partir de 2021. Cela pose la question de savoir qui va payer pour cette nouvelle baisse d’impôt. En effet, la suppression obligatoire de la taxe d’habitation pour les 20 % des contribuables restants coûterait au moins 8 milliards d’euros supplémentaires au budget de l’État.

    Le gouvernement s’engage à compenser financièrement le coût pour les collectivités, il devra rembourser à l’euro près aux collectivités ce que le contribuable aurait dû payer.

    L’Europe « refondée » annoncée par Emmanuel Macron va se résumer à ce qu’Angela Merkel lui concédera pour qu’il ne perde pas la face, tout en s’inscrivant dans la stricte continuité de sa politique. Il ne reste plus qu’à négocier l’ajustement et l’habillage.

    Selon Gérald Darmanin, un point d’impôt national (CSG, TVA ou impôt sur le revenu) pourrait être dévolu aux communes. Mais on voit mal comment l’État pourrait assumer une telle perte de recettes sans aucune contrepartie… DONC UNE NOUVELLE AUGMENTATION DE LA CSG ou un nouvel impôt local

     

    Une gestion de gribouille

    Le gouvernement a sacrifié les Nantais et l’autorité de l’Etat en abandonnant le projet Notre Dame des Landes, on nous explique que cette décision permettra d’économiser le coût de730 millions d’euros. C’est le contraire…

    Le gouvernement devra tout d’abord rembourser la société Aéroports du Grand Ouest (AGO), détenue à 85% par Vinci, et qui avait obtenu en 2010 la construction et l’exploitation de Notre-Dame-des-Landes. Une indemnisation à hauteur de 350 millions d’euros a régulièrement été évoquée.

    Enfin la remise aux normes de l’aéroport Nantes Atlantique va obliger à moderniser la piste d’atterrissage, et donc à fermer temporairement l’aéroport durant les travaux. Deux facteurs, qui réunis, coûteraient entre 365 et 460 millions au contribuable.

    L’association anticorruption Anticor a déposé mardi au parquet national financier une plainte du chef de « négligence par personne dépositaire de l’autorité publique » pour réclamer l’ouverture d’une enquête,

    Dans cette plainte l’association reproche au gouvernement actuel d’avoir renoncé à son droit d’acheter 20% d’actions Alstom, détenues par Bouygues, au moment du mariage d’Alstom avec Siemens. « En renonçant à un accord qu’il avait lui-même conclu à son avantage, l’État s’est privé d’une bonne affaire en perdant un gain minimum à court terme de 350 millions d’euros » en dividendes, a déclaré à l’AFP le président d’Anticor.

    Faites les comptes, par incompétence le ministre Le Maire a gaspillé un Millard d’euros…

    Des chiffres déplorables avant les gilets jaunes

    De septembre 2017 octobre 2018 le déficit public de la France s’est accentué en passant de 2,1 à 3,2 du Pib. Macron est Monsieur déficit qui fait pire que Hollande 

    Les gilets jaunes n’y sont pour rien ….

    https://ec.europa.eu/eurostat/documents/2995521/9510429/2-21012019-BP-FR.pdf/7fe2a5f0-2fe8-4b4a-bfe1-9feb65c5b59b

    la suppression de l’isf n’aura servi à rien : effondrement des investissements directs étrangers en France et hémorragie des investissements français vers l’étranger

     https://www.banque-france.fr/sites/default/files/media/2018/07/06/sid15-29_flux_pde-t12018.pdf

    L’année 2017 fut exceptionnelle (sauf les deux trimestres macroniens).

    Suppression de l’isf et beaux discours n’y ont rien fait les investissements étrangers en France s’effondrent de près de la moitié :

    investissements directs étrangers en France au cours des 4 derniers trimestres : 24,1 mds d’Euros

    de l’année précédente  : 43,3 mds

    Investissements directs français à l’étranger au cours des 4 derniers trimestres : 69,1 mds d’euros

    De l’année précédente  : 54 mds

    Evolution du déficit : sous Macron 45 mds d’ euros

    Sous Hollande 10,7 Milliards

    La politique d’Emmanuel Macron porte enfin ses fruits… Une multiplication par 4 du déficit. Il faut dire que la fin 2016 et le début 2017 étaient très bons. Le début 2018 est catastrophique.

    La France est le seul pays d’Europe où le chômage ne diminue pas

    https://ec.europa.eu/eurostat/documents/2995521/9350673/3-31102018-BP-FR.pdf/2ff340d6-4f70-46c1-be47-773cb3ceee37

    De septembre 2017 à septembre 2018 le taux de chômage stagne autour de 9,3%. Dans l’ensemble de l’Union il recule de 7,5 à 6,7% . Seuls trois pays font plus mal que nous mais leur situation s’améliore : Italie (de 11 ,2 à 10,1), Grèce et Espagne.

    En 2018 la France enregistre le plus gros déficit commercial d’Europe

    https://ec.europa.eu/eurostat/documents/2995521/9376937/6-15112018-AP-FR.pdf/98197403-2e56-44e1-84b3-d76a617956f8

    Avec le départ des Britanniques, célèbres pour leur déficit commercial, personne ne peut contester à Emmanuel Macron le premier rang pour le déficit commercial : 61,5 milliards d’euros ( dont 75 avec nos partenaires de l’Union européenne, car nous sommes en excédent avec le reste du monde)

     

    La France bat le record d’Europe du déficit pour les transferts personnels

    https://ec.europa.eu/eurostat/documents/2995521/9376922/2-15112018-BP-FR.pdf/d133cda9-3a2a-4ecd-850f-7aa1e147e5f2

    En 2017, les sommes d’argent envoyées par les résidents de l’Union européenne (UE) dans les pays hors-UE, appelées transferts personnels, se sont élevées à 32,7 milliards d’euros, contre 31,8 mrds en 2016. Les flux entrants dans l’UE se sont quant à eux établis à 10,7 milliards d’euros, contre 10,1 mrds en 2016. Ainsi, il en a résulté un solde négatif (-22,0 mrds d’euros) pour l’UE avec le reste du monde. La majorité des transferts personnels se compose de flux d’argent envoyés par les migrants dans leur pays d’origine.

    Les transferts personnels se composent de tous les transferts courants en espèces ou en nature réalisés entre ménages résidents et ménages non-résidents, quels que soient la source du revenu, les relations entre ces ménages et le but du transfert. Ainsi, le concept de transferts personnels est considéré comme étant plus large que les envois de fonds des travailleurs expatriés (rémunération des salariés).

    https://ec.europa.eu/eurostat/documents/2995521/9376922/2-15112018-BP-FR.pdf/d133cda9-3a2a-4ecd-850f-7aa1e147e5f2

    Déficit public, une dégradation depuis un an et les plus mauvais résultats d’Europe avec le Portugal

    Au deuxième trimestre 2018, le ratio du déficit public par rapport au PIB, corrigé des variations saisonnières, s’est établi à 0,1% dans la zone euro (ZE19), en France ce sera 2,4% et au Portugal, 2,7% . Depuis la rentrée de septembre le déficit est passé de 2,1 à 2,4%

    https://ec.europa.eu/eurostat/documents/2995521/9332943/2-23102018-BP-FR.pdf/32a886ad-2155-4fd6-b1d2-bc7b29251d0d

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