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    Quand des éditorialistes utilisent une étude loufoque pour déplorer la "fuite" des millionnaires de France

    A la suite d'un article du "Point", plusieurs éditorialistes libéraux ont mis en garde contre l'exode fiscal des plus riches. Mais leur analyse est basée sur l'étude d'un obscur cabinet de conseil, à la fiabilité suspecte.

    La rengaine n'est pas nouvelle, mais elle conserve une popularité intacte parmi ceux qui voient la France comme un enfer pour les riches, : notre pays se viderait, chaque année, de ses millionnaires, "contraints" à s'exiler devant l'appétit insatiable de la fiscalité hexagonale, et ce malgré toutes les mesures destinées à leur rendre l'existence moins pénible. Ces derniers jours, les défenseurs de cette thèse ont trouvé un nouvel argument dans un article du Point, relayé sur le réseau social Twitter par plusieurs partisans du libéralisme économique en vue tels que Dominique Reynié, Arnaud Leparmentier ou Claude Weill.

    Le papier, datant de janvier, s'alarme de la perte d'attractivité massive du pays auprès des plus argentés de nos concitoyens, et s'appuie sur "une étude du cabinet de conseil britannique New World Wealth (NWW), spécialisé dans l'analyse de la croissance mondiale et de la mesure des flux migratoires". Le rapport en question calcule que 10.000 millionnaires français auraient quitté le pays en 2015, "plaçant ainsi la France en tête du classement mondial des citoyens fortunés à avoir opté pour un exil volontaire". En 2016, ce serait pire encore, avec 12.000 départs. Commentaire du politologue Dominique Reynié, ancien candidat UMP aux élections régionales en 2015 : "2015, 2016: Pour quelques milliards de plus, un État à bout de souffle, sans idée ni vision, provoque la fuite d’une foule d’entrepreneurs, créateurs d’emplois, d’innovations et de richesses: des dizaines de milliards d’euros perdus chaque année. Une politique du déclin."

    UN CABINET OBSCUR

    Problème : la fameuse étude de New World Wealth, sur laquelle s'appuient l'article et les conclusions alarmistes de nos experts, est d'une fiabilité douteuse. Examinons la source, tout d'abord. Contrairement à ce qui est écrit par nos confrères, NWW n'est pas un organisme britannique, mais sud-africain. Sur son site, le cabinet se présente comme un "groupe de recherche sur le marché global, basé à Johannesburg", et indique fournir en sus de ses études des conseils en management et en relations publiques à ses clients. Les études de NWW sont d'ailleurs fréquemment sponsorisées, comme l'est le rapport sur la richesse globale sur lequel s'appuie Le Point(mais également L'Express en avril 2016), qui est financé par l'AfrAsia Bank, une banque basée sur l'île Maurice. A ce stade, on peut noter qu'il est curieux de s'appuyer sur les données d'un cabinet de conseil à la renommée plus que relative, plutôt que sur les données fournies par l'administration. Mais l'étonnement ne cesse de croître lorsque l'on jette un œil à la méthodologie adoptée par New World Wealth pour produire ses rapports.

    Dans sa dernière étude sur la richesse globale, le cabinet sud-africain indique s'appuyer sur des statistiques macroéconomiques en les faisant rentrer dans un modèle afin de calculer les niveaux de richesse dans chaque pays. Indicateurs boursiers, niveaux de revenus, PIB par habitant… Plus étonnant, NWW intègre dans son modèle sa propre base de données de "HNWI", un acronyme anglais ("High-net-worth individual"particulier très fortuné en français) qui sert à classifier les individus détenant plus d'un million de dollars. Le cabinet s'appuie donc sur des entretiens avec son propre panel de 150.000 millionnaires, plutôt que des statistiques brutes fournies par chaque Etat, pour tirer des conclusions sur le comportement des très riches. "Par exemple, si 30% des HNWI dans notre base de données britannique vivent à Londres, cela veut dire que Londres accueille 30% des HNWI du Royaume-Uni, indique NWW.

    MÉTHODOLOGIE LOUFOQUE

    L'ennui, c'est que s'agissant de l'exode fiscal, cette méthodologie ne résiste pas à l'épreuve des faits, comme l'a notamment démontré @fipaddict, un enseignant en économie et finances publiques, sur Twitter. Le spécialiste relève ainsi que l'édition 2018 du rapport de NWW "estime que le nombre de millionnaires en dollars s'élève à 268.600 en France", un chiffre qu'il estime "très en-dessous de la réalité"... Tout simplement grâce au nombre de redevables de l'ISF : pour être redevable de cet impôt, il faut disposer d'un patrimoine net supérieur à 1,3 million d'euros, et ce après "application de nombreux abattements". Or en 2017, près de 360.000 contribuables basés en France payaient l'ISF, un chiffre public mais qui a semble-t-il échappé à NWW. On note d'ailleurs que d'autres estimations du nombre de millionnaires en France sont elles aussi bien plus "généreuses" que celle de NWW.

    Ainsi le Wealth Report de l'expert en immobilier de luxe Naef Prestige Knight France en dénombrait près de 611.000 en 2018, un chiffre proche de celui de Capgemini, qui donne une estimation à 635.000. Le rapport annuel du Crédit suisse, qui retranche les dettes et compte les avoirs immobiliers, arrivait à 2,147 de ménages français détenant un patrimoine supérieur à un million de dollars entre la mi-2017 et la mi-2018.

    Quant aux départs de redevables de l'ISF, les statistiques annuelles publiées sont loin, bien loin des 12.000 départs nets évoqués par le cabinet sud-africain. Les Echos avancent, pour l'année 2016, 622 départs de contribuables redevables de l'ISF et dont le patrimoine est supérieur à 1,3 million d'euros. Un ordre de grandeur qui est donc près de 20 fois inférieur à celui cité par Le Point. "Ce chiffre de 10.000 [départs de millionnaires] est farfelu (c’est le moins qu’on puisse dire) mais visiblement il arrange beaucoup de monde", note avec acidité l'économiste Thomas Porcher. Les doutes autour de la méthodologie de NWW ne sont pourtant pas nouveaux : en 2016, pour expliquer le départ des millionnaires en France, l'étude du cabinet évoquait ainsi "la hausse des tensions entre chrétiens et musulmans" ! Pour le moins fumeux. Visiblement, nul besoin d'être très regardant sur les sources quand il s'agit de prouver à tout prix que la France est un enfer pour les riches.

     

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  • Le Revenu Universel peut nous conduire, paradoxalement, à une baisse de la capacité à consommer et une augmentation de l’évasion fiscale.

    Le Revenu Universel, nous savons peut être une solution notamment aux problèmes de pauvreté, et les différentes expériences qui ont eut lieu, ont montré qu’il pouvait aller au-delà de cela et qu’il serait une erreur de le cantonner à l’économie. Nous pouvons le voir plus grand, nous pouvons voir plus loin. Ce Revenu Universel, personnellement, je le rêve égalitaire, individuel, écologique, non « spéculable », sécurisant, libérateur, inconditionnel dans son attribution, dynamisant, et, non « thésaurisable ».

    Le Revenu Universel doit être constitutionnaliser, il doit être inscrit dans la constitution, pour le pour rendre perpétuel et irréversible.

    Qu’est ce que le Revenu Universel ?

    Remplacer la notion de « travailler à gagner sa vie », par la notion « d’œuvrer à réaliser sa vie » afin d’atteindre le bonheur et l’utilisé « comme moyen d’émancipation ».

    Il s’agit, d’une somme de monnaie ou valeur monnaie attribuée à tous sans exception de la naissance à la fin de vie. On se demande alors pourquoi l’attribuer même aux plus riches ? Mais cela est intéressant pour plusieurs raisons, d’abord pour l’imposition, nous en parlerons tout à l’heure, mais avant tout, le Revenu Universel doit être constitutionnaliser, il doit être inscrit dans la constitution, pour le pour rendre perpétuel et irréversible. Pour être constitutionnel, il doit être équitable, soit adressé à tous sans exception.

    Son but premier est d’assurer les besoins vitaux et nécessaires. C’est besoins ont été classé par Épicure, parmi les désirs naturels, en opposition aux désirs vains. Il s‘agit de se protéger (avoir un toit, des vêtements), se nourrir (avoir accès à une alimentation régulière et saine), prendre soin de son corps (se reposer, faire du sport, mais aussi l’accès aux soins, de nos jours avoir à proximité des lieux de soins des centres médicaux, des hôpitaux, des maternités).

    Depuis l’époque d’Épicure les choses ont évolué, aussi, nous devrions aujourd’hui y ajouter la mobilité (se déplacer, voyager, découvrir le monde) et la culture (s’instruire, s’informer convenablement).

    L’idée étant de remplacer la notion de « travailler à gagner sa vie », qui est une invention de l’homme contre l’homme et un outil de domination entre les hommes, par la notion « d’œuvrer à réaliser sa vie » afin d’atteindre le bonheur et, comme le disait déjà Epicure, utilisé « le bonheur comme moyen d’émancipation ».

    Voici donc une rapide présentation de ce que pourrait être le rôle du Revenu Universel. La réflexion aujourd’hui est de trouver la meilleure et surtout la moins dangereuse des façons de le mettre en place.

    Partons, si vous le voulez bien, de la situation actuelle.

    Aujourd’hui nous avons des revenus qu’ils soient du travail ou du social, ce qui revient au même car pour être allocataire du chômage par exemple, il faut avoir travaillé, et les sources des aides sociales proviennent des revenus du travail, fussent elles de celui d’un tiers. Nous allons écarter aujourd’hui les revenus autres, fonciers, financiers, rentiers, …, qui ne sont pas du commun de chacun. Ce revenu, du travail donc, nous le recevons de différentes façons.

    D’abord le versement d’un salaire net sur notre compte en banque, banque commerciale, puis sous forme de cotisations, directement attribuées à la sécurité sociale que je sépare ici des autres cotisations nous comprendrons pourquoi par la suite, enfin, à l’état ou aux collectivités et institutions par les cotisations salariales, l’impôt sur le revenu depuis le prélèvement à la source, la retraite, la mutuelle, prévoyance, etc…

    Nous avons donc à notre disposition les sommes versées sur notre compte bancaire que nous utilisons en premier lieux pour assurer nos besoins vitaux nécessaires. L’immobilier via un crédit ou un loyer, ce qui revient au même car il y a souvent un crédit derrière un loyer, puis, vers les autres achats, alimentaires, vestimentaires, de santé, de transports,…. S’il en reste nous l’orientons alors vers les loisirs, les vacances, la culture, l’instruction. Pour tout cela, nous utilisons des commerces ou des services comme les Grandes et Moyennes Surfaces, le commerce indépendant, les sites de vente en ligne, les producteurs locaux, en gros toutes les entreprises qui vendent des produits ou services aux particuliers appelé B to C en langage technique, à la différence des entreprises B to B qui ne s’adressent qu’à d’autres professionnels.

    L’Etat globalement, demande à l’immobilier de contribuer et collecte via l’impôt foncier, les taxes sur les transactions, les droits de succession et d’autres encore que j’oubli certainement.

    L’état demande aussi aux entreprises de participer à la collecte à travers les cotisations patronales, les impôts indirects (taxes tabac, carburant, alcool,…), l’impôt sur les sociétés, la TVA, …, qu’elles collectent pour lui. Notons que l’ensemble des entreprises participent également à la collecte immobilière selon leurs besoins en infrastructures, et qu’elles sont soumises aux fluctuations de l’immobilier.

    Afin de réguler ce marché de l’immobilier, l’état intervient, généralement à travers des niches fiscales (soit un crédit d’impôt en échange d’un loyer modéré), il intervient aussi dans le financement du coût de la main-œuvre, pour cela il utilise des systèmes d’allègement de cotisations plus ou moins efficaces, la loi Fillon par exemple ou le CICE.

    Voici, donc un rapide survol du fonctionnement actuel de notre société, tout au moins des flux financiers qui intéressent la majorité. Sauf que ce système semble à bout de souffle, et qu’il crée trop de chômage, d’inégalité et de pauvreté qu’une région du monde comme la notre ne devrait connaitre à ce jour. Tout cela est accentué par l’évasion fiscale, qu’il ne faut pas confondre avec la fraude fiscale qui même si elle sort des sommes de argent de l’impôt permet malgré tout de les laisser en circulation, alors que l’évasion fait disparaître les sommes du circuit.

    Je n’ai jamais vu un épi de blé pousser par le haut !

    Dernièrement, on nous a expliqué la théorie du « ruissellement ».

    Cela consiste à abonder le sommet de la pyramide sociale, là il faut entendre les plus riches, et, si tout va bien, les sommes « ruisselleraient » vers le bas de la pyramide, entendre les plus pauvres. Hormis le fait que cela n’a jamais fonctionné,

    c’est sans compter sur l’évasion fiscale et force est de constater que le ruissellement à ses limites et qu’elles sont plutôt hautes. D’autre part, en bon fils de paysan que je suis, je n’ai jamais vu un épi de blé pousser par le haut, j’ai plutôt vu qu’il fallait planter une graine dans le sol, un épi poussant par le bas.

    Nous devons donc trouver une solution, pour sortir de ce système certes efficace après guerre mais épuisé aujourd’hui. Sachant que nous sommes tous naît sur cette terre, originellement capable de nous nourrir, nous devrions tous pouvoir couvrir, de fait, nos besoins vitaux et nécessaires. L’invention de la monnaie et de la propriété privée est venue contrarier cela et créer des rapports de dominations. C’est un fait et il semble impossible de revenir là-dessus. C’est alors que l’idée, loin d’être nouvelle puisqu’elle remonte à plusieurs siècles, d’un revenu, dit universel, qui ne serait pas lié au mérite, fut il du travail ou d’hérédité, mais lié à la seule existence et attribué à tous afin assurer l’ensemble des besoins vitaux et nécessaires, la mobilité et la culture. La mise en œuvre de cette idée passe par une réflexion sur la façon la plus adaptée et surtout la moins dangereuse de l’organiser.

    Le Revenu Universel peut nous conduire, paradoxalement, à une baisse de la capacité à consommer et une augmentation de l’évasion fiscale.

    La première proposition consiste à faire simple. Un versement depuis l’état vers les comptes bancaires des citoyens, faisant gonfler les sommes sur ces comptes augmenter la capacité à consommer parfois considérablement puisque certains foyers les plus pauvres pourraient voir leurs sommes disponibles doubler, voire tripler. Mais cela va également augmenter la capacité d’endettement et la capacité à thésauriser et spéculer (directement ou en amont par les banques grâce à cet afflux financier qu’elles recevront).

    La capacité d’endettement va se porter à moyen terme sur la capacité à faire un crédit immobilier plus important ou payer un loyer plus cher. On sait que la somme utilisable pour le logement doit représenter au maximum un tiers des revenus du foyer. La loi du marché fera alors sont œuvre et de façon irrémédiable l’inflation immobilière aura lieu. Les banques auront tendance à prêter plus et plus cher, la promotion immobilière s’ajustera à la capacité des consommateurs, les prix de l’immobilier augmenteront ! Notons ici que les entreprises sont soumises à la pression immobilière. En ajoutant cette pression à une capacité à consommer plus importante et sachant que les prix à la consommation ne sont plus fixé en fonction de la valeur réelle du produit ou du service mais en fonction de l’adéquation entre la volonté et la capacité d’achat du consommateur, alors, la loi du marché entrera là aussi en action et une augmentation des prix face à une forte demande réduisant l’offre aura lieu, qu’on le veuille ou non.

    Tout cela va nous conduire paradoxalement à une baisse de la capacité à consommer et une augmentation de l’évasion fiscale. Si on ajoute à cela la robotisation qui dévore et dévorera toujours plus d’emplois, dans l’équilibre des revenus du foyer la part des revenus du travail va baisser, il faudra alors augmenter le montant du Revenu Universel pour assurer un certain niveau de vie d’une part mais, d’autre part les revenus de la sécurité sociale vont baisser, les revenus de l’état également, au risque que l’un et l’autre ne puissent assurer leurs fonctions. Notons qu’à chaque cycle abondant les banques, leur capacité à spéculer va croître, et ce proportionnellement au montant du Revenu Universel.

    Pour conclure cette idée, s’il est sujet à spéculation, thésaurisation, création de crédit et consommable sans précaution, alors le RU peut donner :

    - Une augmentation des prix

    - Une augmentation proportionnelle du RU, puisque l’on va se retrouver face à un tonneau des danaïdes impossible à remplir,

    - Une baisse des revenus du travail, de la sécurité sociale, des retraites,….

    - Une augmentation de la spéculation des banques et de l’évasion fiscale

    Et ça je pense que nous sommes tous d’accord pour dire que l’on n’en veut pas.

    Afin de ne pas reproduire le schéma précédent, cette attribution ne peut pas se faire sur les comptes bancaires mais par un moyen de paiement en valeur monnaie.

    J’ai donc travaillé à une autre façon de mettre en œuvre le Revenu Universel, une façon qui le protégera l’inflation, de la spéculation, notamment financière, de la thésaurisation et qui permettent de renforcer les deux joyaux que nous possédons, la sécurité sociale et la retraite.

    Pour cela je suis allé chercher l’institution financière la plus haute que nous ayons. Nous avons depuis la mise en place du système monétaire européen créé la BCE, la Banque Centrale Européenne. Elle a été crée sur la modèle de la banque centrale allemande et s’applique à la stabilité de l’euro et des prix à la consommation. L’histoire allemande explique cela, l’inflation étant la cause première de la montée du nazisme entre les deux guerres, les Allemands restent très frileux face à la montée des prix.

    On sait que la BCE ne peut financer les états, même si cela n’est plus vraiment exact puisqu’elle rachète actuellement des dettes d’états, elle les finance donc, indirectement. Par contre rien ne dit que les états ne peuvent pas faire remonter des flux vers la BCE, nous y reviendrons plus loin. De façon à ne pas puiser dans les caisses de l’état, nous pourrions attribuer le Revenu Universel depuis la BCE directement vers les citoyens et ainsi inverser les flux au sein de la fameuse pyramide sociale,

    nous abondons par le bas (les plus pauvres). Afin de ne pas reproduire le schéma précédent, cette attribution ne se ferait pas sur les comptes bancaires mais par un moyen de paiement en valeur monnaie.

    Les commerces et services tels que nous les connaissons aujourd’hui ne pourraient pas recevoir les sommes du Revenu Universel en paiement de leurs produits et services. Le Revenu Universel assurera le besoin vital du logement, mais afin éviter l’inflation immobilière, nous devrons le faire avec maîtrise, soit par des loyers adaptés, au même titre qu'en cas de défiscalisation, soit en plafonnant le montant issu du Revenu Universel en paiement d’un loyer, par exemple. En tout état de cause, la valeur monnaie du Revenu Universel ne peut être intégré à la capacité d’endettement, sous peine d’entraîner une flambée des prix de l’immobilier.

    Pour couvrir les autres besoins, nous allons demander, aux commerces, producteurs et services qui souhaitent recevoir les sommes du Revenu Universel en paiement, de se créer ou de muter, selon des critères qui pourront être par exemples de marge afin de se prémunir de la loi du marché, d’écologie, d’Economie Sociale et Solidaire, d’imposition, de localisation et tout ce que nous jugerons bon et utile à notre société.

    Un des effets secondaires est que nous allons diminuer l’activité des commerces actuels, notamment les Granges et Moyennes Surfaces et les sites de ventes en ligne et potentiellement mettre en péril certains emplois. Nous savons qu’à la dernière grande mutation des commerces de consommation courante, à la création des Grandes et Moyennes Surfaces, quand ces derniers avaient besoins d’un emploi, deux emplois étaient détruit dans les commerces de centre ville. Je n’ai pas regardé ce qu’il en est pour les sites de vente en ligne, mais je n’ose l’imaginer. On peut légitimement se dire que les emplois vont migrer vers les commerces de proximité et que pour un emploi transféré un emploi sera créé. Cela aura un impact direct sur la sécurité sociale, augmentant le nombre de cotisant. Puis nous allons valoriser les revenus du travail dans chaque foyer, le partage du travail y aidant, augmenter encore la force de la sécurité sociale, nous pourront peut être nous passer des allègements de cotisation, si le Revenu Universel réussi à stabiliser le prix de l’immobilier, il sera possible d’en finir avec les niches fiscales. Les commerces et services recevant le Revenu Universel en paiement participeront d’autant plus à la collecte de l’état, augmentant sa capacité financière et lui permettre de restituer à la BCE les sommes qu’elle a mises à la disposition à chaque citoyen. A raison d’un euro rendu pour un euro mis à disposition soit sans intérêt.

    Nous voyons ici l’importance que toutes les sommes issues du Revenu Universel circulent, pour son propre équilibre, sa propre pérennité et pour le bien de tous.

    Pour qu’il n’est à être financer à chaque cycle, le RU doit circuler.

    Avec ce Revenu Universel la spéculation des banques n’est plus possible. Sa vision est écologique, ce sont les critères que doivent respecter les commerces et services qui le définiront, c’est également une vision sociale avec les impacts expérimentés sur l’éducation, la santé, les liens sociaux.

    Il nous reste à parler de la thésaurisation, de l’imposition, et de l’égalité territoriale.

    Pour l’imposition, nous avons en France 5 tranches, 0% d’impôts pour la tranche 1, 14% pour la deuxième, 30% pour la troisième, 41% pour la tranche 4, et enfin 45% pour la dernière. En rendant le RU imposable et pour un RU 750€ mensuel, il n’y aura pas d’impôts pour les personnes sans autres revenus, puis chaque tranche reversera le pourcentage qui correspond. Notons ici, qu’avec la fin des niches fiscales, les tranches les plus hautes seront le plus impacter et pourraient restituer plus que ce que le Revenu Universel leur rapportera.

    La thésaurisation, est définie comme le fait d’amasser des richesses. Plus économiquement c’est vouloir garder son argent en dehors du circuit économique. L’évasion fiscale est une forme de thésaurisation, en plus de soustraire des revenus à l’impôt et les met en dehors du circuit économique.

    Le cycle vertueux que nous souhaitons est très schématiquement celui-ci :

    De la BCE vers le citoyen, vers les commerces et services, vers l’état et retour à la BCE.

    Si nous permettons la thésaurisation et là il faut penser aux plus riches, à ceux qui n’en n’ont pas besoin de moyens pour couvrir leur besoin vitaux et nécessaires, nous freinerons la circulation, au même titre que si nous permettons la thésaurisation par l’évasion fiscale, nous empêchons également la circulation.

    Pour lutter contre cela je propose un : Revenu Universel Perpétuel et Éphémère.

    Soit un cycle de mise à disposition qui se présenterait le premier jour du mois à 0h00, une période d’usage qui durera jusqu’au dernier jour du mois à 23h58, un retrait des valeurs monnaies non utilisées le dernier jour du mois à 23h59 et la mise à disposition d’une nouvelle valeur monnaie le premier jour du mois suivant à 0h00.

    Ainsi la thésaurisation est impossible, tout comme la spéculation, quelle qu’elle soit.

    Avant de finir, je voudrais parler d’un effet secondaire du Revenu Universel qui me paraît important, l’égalité territoriale. Comment le Revenu Universel pourrait re-dynamiser les territoires ?

    Aujourd’hui les territoires ruraux sont désertés. Nous allons définir des critères pour les commerces qui souhaitent recevoir le RU en paiement. Le critère géographique peut être important, d’autan plus que nous facilitons la mobilité, réduisons le temps de travail, et point important il est imposable et consommable pour tous. Si nous reprenons le tableau de l’imposition de tout à l’heure, sur la base d’une imposition dés la mise à disposition, consommé ou non, nous nous doutons que les tranches les plus basses, les deux premières et le bas de la troisième vont consommer dans ces commerces. Mais, ceux qui pourraient s’en passer, les tranches les plus hautes, seront incités à s’y rendre, sous peine de restituer les sommes non consommées et en plus de payer l’impôt. Je fais le pari qu’une bonne partie le consommera et abondera au cycle vertueux que nous souhaitons.

    D’autre part, il faut se rendre compte que pour un Revenu Universel à 750 c’est pour un village de 300 âmes, 225 000€ consommables chaque mois. Ces sommes ne seront pas consommées en totalité sur place, puisque il y a d’autres besoins à couvrir, mais cela devrait permettre le retour des commerces et services dans les villes et villages, d’autan plus si le critère de localisation du commerce exclu les zones commerciales. Cet afflux d’activité locale relocalisera les habitations dans ces zones, le travail à distance, se popularisant grâce à la technologie du numérique, y aidera.

    Au niveau Européen on peut imaginer le même scénario grâce à la mobilité et dans un but culturel et éducatif, des déplacements seront rendus possible par l’usage du moyen de paiement du Revenu Universel utilisable partout en Europe.

    Le Revenu Universel peut aussi nous conduire à une égalité sociale à l’échelle de l’Europe.

    Nous savons que chaque état à un niveau de vie différent des autres, même si certains sont relativement proches. En adaptant dans un premier temps le Revenu Universel à chaque niveau de vie, nous pourrons, de façon lente et progressive, l’utiliser comme levier pour accompagner une égalisation fiscale pour, à terme, sur une décennie, atteindre une égalité relative globale.

    Retrouvez tout cela sur en vidéo :

     

     

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  • Jack Dion

    Jack Dion

    Directeur adjoint de la rédaction

     

    Trois quarts de siècle après les accords de Bretton Woods, du 22 juillet 1944, ayant enfanté l'ordre économique de l'après-guerre, la Banque de France a organisé un colloque intitulé « Bretton Woods 75 years later, Thinking about the next 75 » ( « 75 ans après Bretton Woods, réfléchir aux 75 prochaines années »). A ce train-là, on va finir par débaptiser la Banque de France et l'appeler The French Bank, sous les vivats d'une élite qui bouffe du franglais comme les coureurs du Tour de France bouffent du bitume.

    Ce choix lexical en dit long sur la pérennité de l'impérialisme américain, qui a fait du dollar une arme de domination massive, nonobstant la montée en puissance de concurrents divers et variés. Tel est l'héritage du « siècle américain », né des accords signés dans une station huppée du New Hampshire, où Paris était représenté par Pierre Mendès France, trois semaines après le Débarquement.

    Les Etats-Unis sont alors tellement persuadés de leur supériorité morale et du bien-fondé de leur « mission civilisatrice » qu'ils ne prennent pas de gants pour remodeler le monde à leur convenance. On oublie trop qu'avant même le jour J, Washington prévoyait d'imposer à la France une sorte de protectorat, avec un gouvernement militaire pour les territoires occupés, doté de tous les attributs du pouvoir, et notamment celui de battre monnaie.

    Un billet tout neuf aux couleurs du dollar (mais décoré du drapeau tricolore au verso !) sera édité. Il arrivera en France en même temps que les troupes anglo-saxonnes. Fort heureusement, l'initiative ne sera guère du goût du général de Gaulle et du Conseil national de la Résistance, qui avaient le sens de l'honneur et de la souveraineté nationale. L'initiative n'ira pas plus loin. Pour autant, la Maison-Blanche ne renoncera pas.

    La conférence de Bretton Woods fera du dollar (alors convertible en or) le pivot du système monétaire...

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