• 42% des exemptés d'ISF déclarent utiliser leurs économies pour consommer.
    42% des exemptés d'ISF déclarent utiliser leurs économies pour consommer. - AMAURY CORNU / HANS LUCAS
    ÉCONOMIE
    Mauvais joueurs

    Suppression de l'ISF : moins d'un tiers des exemptés investit dans les entreprises

     
    Une étude publiée ce jeudi 18 avril montre que les fonds économisés par les ménages exemptés d'ISF servent avant tout à consommer et à épargner, au lieu d'investir dans les entreprises.

    "Cette réforme, c'était une réforme pour produire, pas un cadeau pour les plus fortunés", devait expliquer Emmanuel Macron au sujet de l'ISF dans son allocution annulée lundi 15 avril en raison de l'incendie de la cathédrale Notre-Dame. Doper les investissements dans l'économie réelle, c'est l'argument auquel le gouvernement se cramponne depuis la suppression de l'impôt sur la fortune entrée en vigueur le 1er janvier 2018. A l'usage, il semble pourtant que ce ne soit guère le cas, et que les riches n'aient pas tout à fait respecté le deal… L'enquête annuelle Ipsos-Fondation des apprentis d'Auteuil rendue publique ce jeudi 18 avril montre en effet que les fonds économisés ont surtout servi à consommer et à épargner.

    Ipsos

    En tout, 120.000 ménages sont aujourd'hui soumis à ce qui reste de l'ISF, l'impôt sur la fortune immobilière (IFI), quand 358.000 l'étaient à sa version complète en 2017, indiquent Les Echos. Dans l'enquête Ipsos, 53% des 300 sondés font partie de ceux qui n'ont même pas eu d'IFI à payer en 2018; ce sont eux qui, ayant recouvré tout l'argent que l'Etat leur prélevait avant via l'ISF, ont été interrogés sur ce qu'ils en ont fait (les sondés pouvaient donner plusieurs réponses, de sorte que le total est supérieur à 100). Réponse : 42% déclarent avoir consacré cet argent à des dépenses de consommation, 41% à alimenter leur épargne et 29%, seulement, à investir dans une entreprise. Autrement dit, moins d'un tiers des exemptés fiscaux joue le jeu de l'investissement productif.

    23% DES EXEMPTÉS DONNENT À LEURS PROCHES

    En septembre dernier, une note de la fondation Jean Jaurès, intitulée "la sécession des riches", estimait à "4,5 milliards d’euros par an" le coup de l'allègement fiscal, qui profite "principalement à moins de 400.000 ménages parmi les plus riches". Depuis, les plus fortunés ne semblent pas avoir retrouvé leur sens de la solidarité. Selon l'étude d'Ipsos, seuls 11% d'entre eux consacrent le produit de la ristourne fiscale à des dons "d'intérêt général". En février 2018, ils étaient 21% à affirmer avoir l'intention de le faire. Et 8% seulement consacrent ces subsides à l'épargne solidaire ou à l'investissement solidaire. Pour couronner le tout, 23% déclarent avoir fait des dons à des proches, et 12% ont investi dans l'immobilier.

    Ce constat suffira-t-il à faire fléchir le président de la République sur la suppression de l'ISF ? Il semble qu'Emmanuel Macron soit prêt à bien des acrobaties pour sauver sa réforme, consacrée comme un totem intouchable lors du grand débat national. Y compris en feignant d'amorcer un recul : dans le texte qu'il devait prononcer le 15 avril, révélé in extenso par le site "Lundi matin", le président de la République demandait "une évaluation objective" de la suppression de l'ISF dès le début de l'année 2020. "Si cette réforme ne produit pas de résultats (…), alors je me rendrai à l'évidence : cette réforme était inutile et je la corrigerai avec le même pragmatisme", devait promettre le chef de l'Etat. En réalité, comme Marianne le rappelait dès décembre dernier, ce contrôle est déjà prévu dans l'article 31 de la loi de Finances 2018, votée en 2017.

    Le texte dispose qu'une mission d'évaluation sera mise en place à partir du 30 décembre 2019. Cette dernière devra notamment porter une "attention particulière aux effets de la mesure en termes d'investissement dans les entreprises et de répartition des richesses".
    Ça

    paraît mal parti pour le gouvernement…

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  • Alors que le projet de privatisation d’Aéroports de Paris affronte une opposition massive, entre pétition signée par plus de 240 000 personnes et hostilité d’anciens soutiens de Macron, jamais les arguments pour la privatisation n’ont été aussi faibles, entre taux d’intérêt dérisoires qui rendent inutiles ces ventes et impact désastreux de ce mouvement sur l’électricité et la SNCF.

     

    Des privatisations devenues indéfendables Bien sûr, Emmanuel Macron ne veut pas écouter cette partie du message des Gilets Jaunes, en général très attachés au service public. Il y a fort à parier qu’il souhaite poursuivre la vente du patrimoine public en dépit d’une opposition qui rassemble large, jusqu’à un économiste qui le conseillait… Mais ce refus d’écouter pourrait bien provoquer une nouvelle vague difficile à éviter pour la présidence. Il faut dire que que la liste des arguments pour est bien courte aujourd’hui. Même les taux d’intérêt rendent quasiment nul l’argument du désendettement ou du financement d’un fond. L’Etat perdra beaucoup plus qu’il ne gagnera, étant donné le niveau des dividendes que paie aujourd’hui ADP. Et pour couronner le tout, l’actualité de nos services publics plaide tous les jours contre la privatisation. La hausse de 6% du prix de l’électricité en juillet semble défier toute logique pour un pays comme le nôtre et dans un contexte où le prix des matières premières, qui joue moins qu’ailleurs, ne s’envole pas. C’est toute l’architecture de la libéralisation des services publics qui est mise à nu par cette hausse des prix injustifiable et qui montre que la privatisation ne fait que créer des rentes juteuses à la place du service public d’antan. Je suis preneur de toute référence ou de tout article qui explique comment on peut en aboutir à une telle évolution des prix, qui semble pourtant si difficile à justifier. Le projet de nouvelle découpe d’EDF n’est pas plus rassurant, sachant qu’il y a déjà eu la découpe EDF / ERDF, même s’il peut être plus rassurant que la partie nucléaire reste purement publique. Au final, tout ceci montre qu’il faut construire des usines à gaz invraisemblables pour « libéraliser » un ancien service public et il est difficile de ne pas se dire que finalement, un monopole public était probablement une bien meilleure solution. Le cas de la SNCF, qui doit bientôt affronter l’ouverture du transport ferroviaire à la concurrence, est un nouvel exemple de la calamité que représentent ces « libéralisations » d’anciens services publics, comme on peut même le lire dans le FigaroVox… En effet, la SNCF jouait son rôle de service public en finançant des lignes qui perdaient de l’argent par des lignes très rentables (le Paris-Lyon ou le Paris-Bordeaux en TGV). C’est ainsi que se maintenaient des dessertes de plus petites villes que le simple jeu du marché risquait de condamner. Mais si le marché est ouvert à la concurrence, cette concurrence va bien sûr se positionner sur les marchés les plus rentables, ce qui va appauvrir la SNCF et limiter sa capacité à financer des lignes non rentables, mais qui remplissaient un véritable service public pour ceux qui les empruntaient.  Bref, tous ces exemples montrent qu’il y a des secteurs dans l’économie où le remplacement d’un monopole de service public par une libéralisation n’apporte souvent rien de bon, entre hausse des prix et baisse du service rendu. Voilà pourquoi il faut continuer à se battre contre ces mauvaises privatisations qui n’ont aucun sens aujourd’hui, si ce n’est de suivre l’agenda idéologique oligo-libéral.

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  • Après 1929, 1999, 2009, l'année 2019 serait celle d'une nouvelle crise financière avec l'explosion d'une énorme bulle : l'amoncellement des déficits publics, des dettes publiques et privées, et des liquidités injectées par la BCE (QE de 2500 Md€) et autres banques centrales, utilisées par les spéculateurs, doit conduire à l'explosion (implosion ?) dévastatrice d'une énorme bulle financière. Dans cette première partie les CAUSES INVOQUÉES, souvent à tort, seront décortiquées. Dans un second article sera présentée une autre façon plus douce de contourner les paradigmes et logiciels régissant l'économie et l'avenir de humanité et de sa planète support.

    Les explosions de bulles financières font suite à la montée progressive d'une part, de doutes et d'incertitudes sur la poursuite de hausses spéculatives de plus en plus déconnectées de l'économie réelle, et d'autre part, de la certitude de l'imminence d'une nécessaire correction si ce n'est d'une explosion ! Les vrais pros de la finance lorsque l'emballement sature, se défaussent à temps et préventivement, à un rythme assez lent pour ne pas attirer l'attention de la meute des épargnants, investisseurs ou spéculateurs amateurs, car lorsque les dégagements sont découverts la meute prend peur et se rue pour vendre massivement avant les autres, ce qui entraîne un krach, une crise ou une explosion de bulle. Ainsi l'explosion de 2000 a pris naissance dès 1999, et celle de 2009 en Europe a explosé aux USA dès 2008 avec les "subprimes".

    Les bulles concernent en priorité les actions, mais les explosions concernent aussi les obligations et emprunts d'États, sensibles aux variations des taux d'intérêts et aux capacités de remboursement des emprunteurs, capacités réduites suite à un effondrement du cours des actions, les "investisseurs/spéculateurs" diversifant leurs porte-feuilles.

     

    Quelques causes invoquées pour prédire ou prévoir l'explosion du système financier néolibéral occidental avec des répercussions mondiales

    Les pessimistes, les décroissants, les fatalistes et les charognards parient sur un effet domino : un maillon faible comme hier la Grèce, perd la confiance des financiers et investisseurs qui vont tenter de se dégager du futur bourbier, lequel est amplifié par les charognards à l'affût de bonnes affaires, lesquels soit rachètent à bas prix les créances, soit prêtent à des taux quasi usuriers aux gouvernements dans la panade financière et la panique. La chute probable du maillon faible entraine parfois des mesures de sauvegarde par les financiers classiques qui se dégagent des pays en difficulté et par des gouvernements et banques centrales agissant en "pompiers" pour éviter une contagion catastrophique. Ce sont ce type d'actions concertées qui ont évité en 2010 un mini krach sur les emprunts d'État de la Grèce, suivi de retombées néfastes sur le système financier européen !

    Deux spectres sont agités actuellement : les déficits publics et les dettes nationales. Un équilibre précaire survit grâce à une politique de créations de liquidités par les banques centrales nationales, y compris la zone euro avec l'incitation "massive de la BCE (surtout ces trois dernières années pour 2500 Md€) avec rachat de dettes sur les marchés secondaires, et par le maintien de taux très faibles de 0 à 2% (parfois négatifs comme certains prêts à l'Allemagne).

    Les grandes Autorités (FMI, Banque Mondiale, BCE, FeD) et les gouvernements des pays riches, en Occident, soutiennent alors financièrement, soit l'État attaqué (comme pour la Grèce et Chypre), soit les banques entrainées dans la spirale des pertes : c'est ce qui s'est passé pour la crise des subprimes de 2008/2009, avec des nationalisations ou de renflouements étatiques comme au RU, en Allemagne et en France. En France, l'État a récupéré ses billes sauf pour la banque franco-belge DEXIA qui, en 2012, avait déjà coûté une grosse dizaine de Md€ aux contribuales français, belges et luxembourgeois. En 2018 après des plans importants de restructuration et de cessions elle est toujours en déficit !

    Les milieux financiers, économiques et politiques dans leurs grandes majorités agitent non seulement la certitude de crises explosives et l'écroulement des économies nationales, mais aussi la ruine de petits épargants par perte de leur épargne ! D'où la nécessité pour les États de leur venir en aide avant le déclenchement des catastrophes. De fait, dans l'explosion des bulles comme pour les subprimes, beaucoup de banques ont été sauvées, par nationalisation et/ou recapitalisation, et les épargnants/investisseurs, dans des produits à rendements prétendus supérieurs aux placements classiques sécurisés, ont subi les pertes sans indemnisations. Donc les gouvernements après des mesures de sauvegardes coûteuses sont contraints de mettre en oeuvre des programmes d'assainissement des comptes publics, et les citoyens/contribuables doivent se serrer la ceinture une deuxième fois (la première fois pour les épargnants plus ou moins ruinés par l'explosion de la crise).

    Pour les crises de confiance ou spéculatives, comme pour la croissance inquiétante des dettes publiques, les investisseurs/spéculateurs soufflent un vent de panique pour que les gouvernements interviennent par des mesures de réduction des dépenses publiques et de soutien aux milieux financiers !

    Les programmes ainsi recommandés par les experts sont souvent contradictoires :

    - la baisse des salaires et des retraites (Grèce, Espagne, Portugal), pour réduire les dépenses publiques, entraine une baisse de la consommation et de l'activité économique, d'où moins de recettes fiscales et sociales pour réduire les déficits et dettes fiscales et sociales (assurances maladies et retraites). La hausse de la CSG en France produit les mêmes effets sur la consommation et l'activité économique. La diminution des salaires et des retraites (moins 10% en Grèce et en Espagne) (avec baisse corrélative des cotisations encaissées sur les salaires) a permis une amélioration des exportations (s'il y a de la demande) et une baisse des importations (par baisse du pouvoir d'achat), d'où une amélioration potentielle de la balance commerciale : les baisses de fréquentation touristique en Tunisie et Egypte liée aux printemps arabes a profité à la Grèce, à l'Espagne et au Portugal. Par contre, ces mesures à taux de prélèvements constants réduisent les recettes publiques : le déficit public ne sera réduit que si les dépenses baissent fortement (salaires et nombre de fonctionnaires, subventions, allocations diverses...). Ainsi les mesures imposées de façon croissante par la Troïka (UE, BCE, FMI) directement à la Grèce et implicitement au Portugal et à l'Espagne se sont traduites par des lourds sacrifices pour les populations concernées : la situation économique ne retrouvant à peine son niveau d'avant la crise que grâce aux retombées d'une croissance européenne ;

    - la baisse des prélèvements sociaux sur la part employeur devrait réduire les coûts de production (ou améliorer les marges) et augmenter les exportations avec amélioration de la balance commerciale : comme tous les États font de même les différences concurrentielles se maintiennent. Le seul résultat est le maintien d'un très faible niveau d'inflation.L'Allemagne voit sa balance commerciale crouler sous le poids des excédents (lesquels contribuent à son excédent budgétaire) et la France reste désespérément en déficit commercial (lequel contribue au maintien du chômage et des déficits publics) ;

    - en France, l'augmentation des impôts directs et des taxes indirectes dont la CSG, diminue la consommation donc la production de richesses et l'activité économique, d'où un accroissement du chômage sans amélioration de la balance commerciale. La situation s'est légèrement retournée avec une faible baisse du chômage suite à des mesures financières de soutien de l'activité économique. Si les déficits publics se sont réduits la cause réside dans la baisse significative des taux d'intérêts sur la dette publique appliquée aux nouveaux emprunts pour les remboursements en fin d'échéance et pour couvrir les déficits de l'année en cours.

    Niveaux acceptables de la dette publique :

    Lors de l'adoption de l'euro et la création de l'eurozone, le niveau de la dette tolérable était de 60% du PIB, les taux d'intérêts étant de l'ordre de 3 à 5%. De nos jours le niveau limite est monté à 100% du PIB pour de taux de l'ordre de 0 à 2%. L'Italie bien que parfaitement intégrée dans l'euro et l'eurogroupe est pénalisée par des taux actuels encore supérieurs à 3% : ceci est dû à une réminiscence du passé où la lire était dévaluée assez souvent, (comme le franc !). Il n'y a plus le risque d'une dévaluation, donc la pénalité imposée à l'Italie est une bénédiction profitable à ses créanciers. La dette publique italienne est détenue à 66% par ses nationaux (seulement 47% en France) et seulement à 34% par les financiers internationaux. Au lieu de s'impliquer pour une unification des taux en zone euro, les Autorités de l'UE et de l'Eurogroupe tancent l'Italie, la menace de sanctions financières car sa dette actuelle, gonflée par des effets cumulatifs des taux majorés, atteint les 132% du PIB : avec les taux allemands depuis la mise en service de l'euro, l'Italie aurait une dette bien inférieure à 100% de son PIB ! Le même raisonnement s'applique pour la Grèce, l'Espagne et le Portugal. Et dans une moindre mesure pour la France. Contrairement à la France, l'Italie a une balance commerciale positive de 2 à 3% de son PIB depuis 2013 : la maison Italie refloue ses caisses ! La France tourne avec un déficit de 2à 3% de son PIB, d'où une situation de dépendance envers les financiers internationaux.

    Le niveau européen de la dette publique de 100% du PIB est toléré : les puristes voulant l'abaisser progressivement prétextant que la charge de la dette publique est une bombe à retardement pesant sur les générations futures, sur les épaules de nos enfants : en divisant la dette publique par le nombre de Français, la dette publique s'éleverait à environ 35 000 € par habitant et déjà sur chaque enfant à sa naissance. Quel calcul idiot : lors de son décès la dette portée par le disparu serait-elle affectée à un nouveau-né ? Alors que le cher disparu lègue un patrimoine mobilier et immobilier en moyenne bien supérieur au 35 000€. Mais comment prendre en considération le fait que le montant total des dépenses publiques pour les jeunes, de la gestation jusqu'à l'arrivée sur le marché du travail (national, territorial, santé, allocations familiales, cantines, transports, quotient familial, maternelles, études primaires, secondaires, professionnlelles et supérieures...) est de l'ordre de 200 000 à 250 000 € par jeune (sans compter les dépenses des familles) ? Et aussi comment prendre en compte la valeur du patrimoine public de la France ? Valeur supérieure au PIB annuel, en plus de la grande valeur des patrimoines privés, transmis de générations en générations.

    Le niveau tolérable de la dette publique doit prendre en compte le niveau de l'inflation, les taux d'intérêts, les taux de la croissance du PIB (en volume), les volumes des investissements d'infrastructures (patrimoine de la nation) et de biens publics négociables ou non., sans oublier les avoirs sur les pays étrangers ?

    Quelques comparaisons avec des pays étrangers :

    - Aux USA la dette nationale est de l'ordre de 100% du PIB, avec une part importante souscrite par la Banque Fédérale (FeD), donc par une planche à billets tant le remboursement à la FeD est inenvisageable. La Chine et le Japon, détiennent chacun une part importante de la dette fédérale des USA. Le niveau de la dette nationale US n'est pas un sujet de préoccupation pour les élus démocrates et républicains, ni pour Trump ! Du moins en absence de relèvement des taux d'intérêts par la FeD.

    - Au Japon, la dette publique flirte avec les 250% du PIB et cela n'inquiète personne. Le financement de cette dette est assuré en quasi totalité par l'épargne des Japonais : le Japon étant massivement excédentaire dans sa balance import/export, ces excédents se sont transformés en épargne. Une partie placée dans la dette publique (taux de 0% pendant des décennies avant une légère augmentation à 0,5%, par des prélèvements sur les comptes épargne) et l'autre partie à l'étranger dans des bons du Tresor américain et dans des investissements industriels et commerciaux. Le gouvernement Abe, il y a quelques années, pour relancer une économie atone avec des tendances défationnistes a même utilisé des avances (planche à billets) de la banque centrale du Japon : son plan de relance n'a eu que de maigres effets, avec une inflation tout juste positive. La tendance à épargner des Japonais, population déclinante et vieillissante, est de plus en plus forte. Il faut remarquer que le commerce mondial japonais s'effectue principalement en dollars : les excédents sont présentés à la banque nationale du Japon qui crée une masse monétaire comparable en yens pour payer les entreprises, leurs personnels, leurs fournisseurs et les impôts et taxes, tout en plaçant à l'extérieur, aux USA et autres pays, les dollars "accumulés". Les dollars constituaient une dette commerciale devenue une dette financière, et en parallèle une masse monétaire en yens est créée ab nihilo ! Il faut noter que les placements des Japonais sont massifs dans leur économie, le patrimoine domestique japonais valant 6 fois le PIB annuel.

    Les cas de l'Allemagne et de la Chine :

    - La Chine suit avec retard la trajectoire du Japon en ce qui concerne les soldes excessifs de la balanve commerciale. Mais la Chine avait un besoin impératif de créer chaque année des dizaines de millions d'emplois pour absorber la croissance de sa population active. Avec l'effet progressif de la politique de l'enfant unique, la pression démographique sur l'emploi est en régression. Tout comme le Japon dans les décennies de l'après guerre, la Chine a pu envahir massivement les marchés occidentaux avec initialement des produits bon marché (ou plutot les acheteurs occidentaux se sont jetés sur les produits chinois pour améliorer leurs marges, leurs ventes et leurs bénéfices), d'où des accumulations d'excédents en dollars et parfois en euros. La Chine n'a pas encore de problème de dette publique car on ignore la part réelle des impôts et celle de la création de monnaie dans ses dépenses publiques de fonctionnement et d'investissements. Cependant comme pour le Japon, la Banque Populaire de Chine émet massivement des yuans en compensation des dollars et euros accumulés à l'export, afin de payer les dépenses des entreprises exportatrices et les "revenus/bénéfices" des dirigeants devenus millionnaires et milliardaires. En parallèle, la Chine,(son gouvernement et ses entrepreneurs) place ses dollars à l'étranger pour financer des dettes publiques (aux USA) et pour acheter, principalement en occident, des entreprises avec leurs marchés et leurs technologies.

    - L'Allemagne est à la fois un grand pays exportateur comme la Chine et le Japon, avec une forte accumulation de devises (des dollars et surtout des euros) et un pays d'immigration massive. Le Japon est allergique à toute immigration permanente et la Chine avait et a un excédent de main-d'oeuvre. En ce qui concerne les déficits publics l'Allemagne a connu une période difficile suite à la réunification : le coût initial estimé serait de l'ordre de 500 Md€. Toutes les infrastructures de l'ex-RDA n'ont pas encore été rénovées. Globalement depuis 1972 le nombre annuel de naissances est inférieur ( de 100 000 à plus de 200 000) au nombre de décès (ou de départ en retraite). Pendant la vingtaine d'année qui a suivi, la forte baisse de la natalité s'est traduite par des fermetures de classes, de collèges et de lycées, avec les économies correspondantes (qui se sont maintenues dans les décennes suivantes). Ensuite la vague de jeunes arrivant sur le marché du travail était en nombre insuffisant pour compenser les départs en retraite, d'où une vague d'immigration massive (de plus de 300 000/an pour compenser et répondre à la demande des entreprises) de jeunes déjà élevés, instruits et formés dans leurs pays d'origine, (principalement européens) aux frais de ces pays. Cela correspond (selon les coûts allemands ou français) à une économie de 70 Md€/an pour les dépenses publiques allemandes, permettant de diminuer les prélèvements publics sur l'économie allemande, les entreprises et les particuliers. Cerise sur le gâteau, les excédents commerciaux allemands sur ses voisins européens, comprennent une part de charges sociales, de taxes et d'impôts, payés par les consommateurs des pays clients ! Soit encore un gain de plusieurs dizaines de Md€/an ! Et avec tous ces avantages l'Allemagne n'arrive que depuis peu à équilibrer ses comptes publics, tout en simulant une inquiétude pour le financement des retraites, du fait du maxi papy-boom consécutif à son maxi baby-boom d'après guerre : les naissances manquantes étant remplacées par la forte immigration les cotisations retraites restent importantes.

     

    Le RU (Royaume-Uni) depuis la crise de 2008 a vu sa dette publique s'envoler de 50% à 90% de son PIB. Juste avant la mise en oeuvre (effective ?) du Brexit le RU voit sa situation économique s'améliorer. Qu'en sera-t-il demain ? Contairement aux pays de l'Eurogroupe dont la France, le gouvernement du RU peut utiliser de la monnaie créée par sa banque centrale en cas de besoin

     

    Le remboursement des dettes publiques ?

    - Pour de nombreux pays le remboursement de la dette publique ne se pose pas, comme les USA, le Japon, la Chine.

    - L'Allemagne serait en capacité de rembourser progressivement sa dette publique (en 50 ans avec 2 % du PIB/an) si les faibles taux d'intérêts se maintiennent ; mais des besoins de financements publics pointent à l'horizon : le papy-boom pour les retraites et la remise en état des infrastructures publiques.

    - Les pays de l'Europe du Sud, (du Club Med selon la déconsidération allemande) sont porteurs d'une vieille réputation tenace, du temps des dévaluations de leurs monnaies nationales compensées par des taux d'intérêts nettement plus élevés. Si depuis l'adoption de l'euro et sa mise en service les taux avaient été identiques à ceux de l'Allemagne, le niveau des dettes serait fortement abaissé et les déficits annuels plus faibles ou nuls. Au lieu d'imposer de l'austérité et des restrictions aux populations, les Autorités européennes (Bruxelles plus l'Allemagne) devraient imposer des taux communs à tous les pays de l'eurozone, avec des émissions communes ! Avec une petite croissance et une faible inflation, les dettes publiques en % du PIB amorceraient leur décrue.

     

    Faut-il rembourser les dettes publiques ?

    Pour éviter une crise financière explosive (ou implosive) et pour réduire la menace pesant sur les frêles épaules de nos progénitures, des bonnes âmes, habituées des lucarnes médiatiques, sont les chantres de la réduction de la dette publique et des déficits publics des États. Le fait que les dettes des entreprises et des particuliers (découverts de banque, emprunts pour équipements, accès à la propriété...) sont supérieures à la dette publique, n'est pas pris en compte !!!

    Que veulent ces maniganceurs ?  : baisser les dépenses publiques (donc les impôts) sans baisser la protection et les services de formation professionnelle, de santé et de retraites ! Pour cela il faut privatiser les services de santé, de formation supérieure et professionnelle, d'assurances (maladies, accidents, retraites)... Comme aux USA où la santé et les universités payantes sont privées, et où les cotisations de couverture santé, aux mains d'assurances privées, sont indépendantes des revenus, donc accessibles surtout aux plus riches. Les retraites, aux USA, dépendent principalement des performances de fonds de pension, de leur solidité et de leur pérennité. Les maniganceurs, sous couvert d'expertise économique éclairée, veulent briser le système de protection sociale et de solidarité à la française.

    Baisser les dépenses publiques tout en maintenant l'efficacité de notre système de protection sociale ne peut jouer que sur quelques dépenses publiques superflues et médiatisables : c'est insuffisant ! La bonne solution est de maintenir les dépenses publiques en augmentant les recettes par un surcroît d'activité, donc par une réduction du chômage  : le chômage en France est devenu si endémique que ni les gilets jaunes, ni le grand débat, ni les économistes et politiques de toutes obédiences osent aborder le sujet ! Avec un chômage en dessous de 5% de la population active les comptes publics et sociaux deviennent équilibrés, permettant même une baisse de certaines cotisations (chômage, maladies.. ;) et de taxes et impôts, ou bien de réduire progressivement la dette publique nationale.

    Un remboursement des dettes nationales par tous les pays endettés, en même temps, n'est pas envisageable, sauf soit d'une part de confisquer les avoirs et comptes épargne des citoyens, soit d'autre part de vendre à la Chine (et au Japon) nos bijoux de famille, nos équipements, nos entreprises, donc de devenir des colonies de la Chine, sous son contrôle économique, financier et politique !!!

     

    CONCLUSION PROVISOIRE

    Les solutions classiques d'apurement de dettes publiques ne fonctionnent pas : le système financier a été déréglé par la crise de 2008/2009 et ne se maintient que grâce à des injections massives de liquidités par les Banques Centrales et par des taux d'intérêts anormalement bas. Les banques privées, les établissements financiers profitent de ces largesses pour gonfler leurs bénéfices en spéculant, au lieu de financer des économies nationales déjà pillées par les milieux financiers. Ce sont ces comportements qui seront probablement à la base de la prochaine crise explosive de la bulle financière.

    Il ne faut pas laisser les milieux affairistes capitalistes néolibéraux gérer à leur seul profit l'économie mondiale : le retour aux fondamentaux s'impose !

     

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