Retrouvez tous les samedis dans la chronique «Terre d’actions» des conseils ou initiatives pratiques et écolos en France et dans le monde.

Une fois les divers emballages alimentaires diminués et triés, la poubelle classique ressemble plutôt à un amas d’épluchures, coquilles d’œufs, mouchoirs et marc de café. De quoi faire du très bon compost. Les déchets organiques sont des richesses sous-exploitées. Plutôt que de les jeter (ils sont ensuite incinérés ou enfouis), autant tout transformer en terreau pour booster les plantes qui nous nourriront.

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Sauf à avoir un grand jardin, un compost peut être difficile à héberger chez soi, surtout en appartement. Une autre option ? Les composteurs collectifs, installés dans la rue, des jardins partagés ou publics, en établissements ou au pied des immeubles. Rennes était pionnière en la matière en 2007. Aujourd’hui, la pratique se développe, surtout en milieu urbain. Une carte interactive du site Lesactivateurs.org permet d’en géolocaliser un bon nombre.

Les composteurs mis en place par des associations, souvent dans le cadre de projets d’agriculture urbaine, affichent parfois des listes d’attente à rallonge. Chaque citoyen peut aussi en installer de nouveaux et proposer à ses voisins de se joindre à l’aventure. Les mairies fournissent gratuitement les composteurs sur demande.

Se préparer

Au préalable, dans le cas d’habitants d’appartements, il faut contacter le syndic de copropriété. Les bacs ne pourront être installés sans son autorisation. Il faut aussi trouver un espace assez grand, dans un local poubelle ou une cour intérieure, pour accueillir deux gros bacs à compost. Il faut ensuite mobiliser le voisinage. Dans sa brochure sur le compostage, l’Ademe conseille de réunir 15 à 20 personnes et pointe l’importance «d’avoir une personne référente»«Un compost qui n’est pas géré, si on l’utilise comme un dépotoir, sans personne pour veiller au bon déroulé de l’opération, devient un pourrissoir», insiste lui aussi Eric Sabot, administrateur du Réseau Compost Citoyen. Il faut a minima une formation (voir l’outil de recherche du site Lesactivateurs.org) de référent de site, le plus souvent financée par la collectivité. Cela prend un jour ou un peu plus. On peut aussi devenir maître composteur, le niveau au-dessus.

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Compost, la recette

Pour optimiser le travail des petits organismes qui décomposent les déchets verts, la composition du compost doit respecter quelques règles. Il faut un bon équilibre : environ 2/3 de déchets humides et 1/3 de déchets secs (feuilles mortes, carton de papier toilette, copeaux…). On peut faire des couches successives. Quels ingrédients peut-on y mettre ? Les restes de fruits et légumes, marc de café et son filtre, pain, produits laitiers, mais aussi les mouchoirs en papier, essuie-tout, cendres, papier journal ainsi que le gazon, fleurs fanées sont à privilégier. Noyaux, branches, agrumes, mauvaises herbes, viande, coquilles d’œuf sont à ajouter avec parcimonie, découpés en petits morceaux car plus longs à se décomposer. Le Réseau compost citoyen précise que les crottes d’animaux sont aussi compostables. Surtout, on évite les couches-culottes, les bois vernis ou peints, le contenu des sacs d’aspirateur, précise l’Ademe.

L’entretien

Ensuite, il faut touiller, ou plutôt aérer le compost environ une fois par mois pour éviter la fermentation, qui génère des odeurs et du méthane polluant. La personne référente doit aussi vérifier la texture régulièrement : on prend une poignée de compost et on serre. Si du liquide coule, c’est trop humide, si ça ne s’agglomère pas, c’est trop sec. Le compost arrive à maturité au bout de plusieurs mois. Il a alors «un aspect homogène, une couleur sombre, une agréable odeur de terre de forêt et une structure grumeleuse (sa texture est fine et friable)», précise l’Ademe. Les co-contributeurs peuvent se le partager et même en céder une partie à des acteurs locaux.

 Margaux Lacroux