• Gilets jaunes : le maire LR de Toulouse infiltré parmi des casseurs

    «Chez Pol»

    Imaginez, en pleine crise des gilets jaunes, le maire d'une ville de près de 500 000 habitants se grimer pour se balader incognito au cœur d'une manif. C'est ce qu'a fait Jean-Luc Moudenc. Le maire LR de Toulouse s'est incrusté début décembre dans un cortège toulousain en se rendant «invisible». «J'ai mis une tenue de motard pour m'anonymiser et m'infiltrer 10 minutes dans les groupes violents pour voir leur mode opératoire et leur composition», nous confie-t-il, seulement reconnu par un journaliste local.

    «J'ai été frappé par le mano a mano entre extrémistes de gauche et de droite, unis pour lancer des projectiles contre les forces de l'ordre. Jamais je n'avais vu ça ! La phrase "les extrêmes se rejoignent" a pris tout son sens sous mes yeux», poursuit ce proche d'Edouard Philippe et membre de La France audacieuse, l'association de Christian Estrosi. «J'ai vu l'hétérogénéité de la composition des groupes violents, chacun étant reconnaissable par des codes vestimentaires différents, ainsi que l'efficacité très élaborée de leur "équipement" d'attaque et de leur protection contre les gaz», dit-il encore avoir constaté. Mais il n'a pas poussé l'expérience jusqu'à se faire interpeller.

    (Photo Ulrich Lebeuf.Myop pour Libération, à Toulouse lors de la mobilisation des gilets jaunes du samedi 1er décembre)

    (Extrait de Chez Pol, notre newsletter politique quotidienne)

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    L’annonce du Grand débat, son cadrage par Macron dans sa « Lettre aux Français », et ses modalités d’organisation, rien ne trouve grâce aux yeux des caciques du Rassemblement National, de Debout la France et de la France Insoumise. En ouvrant la voie à cette initiative inédite sous la Ve République, le président vient pourtant de mettre en place un piège potentiellement redoutable pour… lui-même.

    Comme l’on pouvait s’y attendre, l’annonce du Grand débat et le texte jupitérien qui l’a accompagné en ce début de semaine sous la forme d’une « Lettre aux Français  » ont été accueillis par de nombreuses et virulentes critiques, tant du côté des partis de l’opposition qualifiée de « populiste » par les médias mainstream que dans les rangs des Gilets jaunes les plus radicalisés. Aux accusations d’« enfumage » ou même de « piège à cons » se sont ajoutées des consignes de boycott.

    Rien là de très surprenant de la part de personnalités politiques qui, depuis l’émergence des Gilets jaunes, n’ont eu de cesse de tenter de récupérer ce mouvement dans l’espoir de provoquer la chute de Macron ou, à défaut, la dissolution de l’Assemblée nationale. Des espoirs jusque-là déçus et qui risquent d’être ruinés par le lancement de ce Grand débat grâce auquel nos compatriotes vont avoir la possibilité inédite de s’exprimer quasiment sans tabous sur tous les sujets qui leur tiennent à cœur en matière de gouvernance du pays. 

    Ce boycott a-t-il des chances de fonctionner ? On peut en douter. Hormis le Rassemblement NationalDebout La France et La France Insoumise, toutes les formations politiques, du Parti Communiste aux Républicains modérés appellent en effet à participer à cet ample débat démocratique qui est d’ores et déjà observé avec beaucoup de curiosité et d’intérêt dans les autres pays occidentaux. Nombre de Gilets jaunes se déclarent eux-mêmes prêts à déposer leur contribution, et il suffit de prendre connaissance des « doléances » déjà exprimées dans les mairies pour s’en convaincre.

    Les participants croient-ils pour autant en la sincérité de Macron et de ses amis ? Non, bien sûr car les Français ne sont pas dupes de la stratégie élyséenne. Celle-ci vise à l’évidence à gagner du temps et à imposer tacitement dans l’opinion publique l’idée que le mouvement des Gilets jaunes n’a plus de légitimité tant que la démarche entreprise n’est pas allée au bout du processus et que des annonces n’auront pas été faites, une fois digérées par l’exécutif les contributions de nos compatriotes.

    Dès lors, il est facile de comprendre ceux qui appellent au boycott pour ne pas cautionner une initiative qui, selon eux, ne débouchera sur rien, ou au mieux sur des mesurettes sans rapport avec les légitimes attentes des classes populaires. Mais il est clair qu’on est là sur un procès d’intention. Certes ! les gouvernements successifs ont souvent trompé les Français en leur faisant miroiter la possibilité d’avancées socioéconomique ou institutionnelles, et il n’est pas étonnant qu’une partie d’entre eux puisse réagir comme le « chat échaudé » du proverbe.

    En refusant de participer à cet exercice démocratique, nos compatriotes commettraient pourtant une énorme faute stratégique ! Au-delà de la parole libérée que cette démarche induit dans la population, le Grand débat pourrait effectivement devenir une arme redoutable contre l’exécutif. Et, pour peu qu’un large consensus populaire se dégage sur plusieurs points (par exemple l’ISF* et le RIC*), se révéler un piège potentiel pour Macroncontraint, du haut de son Olympe, de choisir entre la reddition sur quelques-unes des revendications emblématiques de la France des « oubliés » ou, conformément aux pratiques de l’« ancien monde », le recours à des annonces vides de contenu.

    Dans le premier cas, le pays devrait sans trop de difficultés recouvrer son calme, même si le feu ne sera pas totalement éteint sous la cendre, eu égard à la très grande défiance des Français à l’égard de l’exécutif. Dans le deuxième cas, les classes populaires, s’estimant une fois de plus flouées par le gouvernement, pourraient durablement, et de manière beaucoup plus violente que lors des semaines passées, basculer dans une insurrection dont Macron aurait créé les conditions par sa surdité et son aveuglement.

    À l’évidence, il y a avec ce Grand débat une chance à saisir par tous ceux qui souffrent. Nul doute à cet égard qu’une part importante des Français s’emparera de ce débat sans tabous ni pathétiques réserves politiciennes pour exprimer des attentes longtemps méprisées et mettre ainsi l’exécutif au pied du mur.

    Rappelons-nous Stéphane Hessel. Lorsqu’il a écrit « Indignez-vous !  », tout le monde a applaudi ce texte et salué son auteur. Or, dans le contexte actuel de graves tensions sociales, ce Grand débat est enfin, et sans recours à la violence, l’occasion de verbaliser cette indignation si largement partagée par nos compatriotes, et notamment par ceux de la « ruralité », petites villes comprises, et de la « France périphérique  ».

    On ne peut sans cesse réclamer d’être entendu et refuser, le moment venu, de s’exprimer lorsque cette possibilité est offerte !

    ISF : Impôt de Solidarité sur la Fortune  ; RIC : Référendum d’Initiative Citoyenne

     

     

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  • Elisabeth Balguerie espère obtenir gain de cause auprès de la Carsat.

    PHOTO S. P.

    Sur le buffet du salon, un portrait de Hervé Balguerie, son mari décédé en 2016, veille encore sur Elisabeth. « Je ne m’y fais toujours pas, on s’est trop aimé… » La petite radio postée à côté joue pratiquement en boucle une chanson d’Alex Beaupain. « Je te supplie De m’adresser d’après la vie Un signe que je te manque aussi… »

    Deux ans plus…

     

     

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