• Marine Le Pen encense l'Europe... pour mieux tailler l'Union européenne

    Marine Le Pen a lancé sa campagne pour les élections européennes ce dimanche 13 janvier.
    Marine Le Pen a lancé sa campagne pour les élections européennes ce dimanche 13 janvier. - JACQUES DEMARTHON / AFP
    POLITIQUE
    En campagne

    Marine Le Pen encense l'Europe... pour mieux tailler l'Union européenne

     
    Marine Le Pen veut désormais changer l’Union européenne de l’intérieur avec ses alliés nationalistes. A mille lieues du Frexit qu’elle préconisait encore en 2017…

    Les temps changent au Rassemblement national. A-t-on déjà entendu autant de bien de l’Europe dans un meeting de Marine Le Pen que ce dimanche 13 janvier, dans la salle parisienne de la Mutualité ? Sur scène, la patronne du RN vante « ce continent qui a inventé la liberté, qui l’a propagée dans le monde », « sa longue vitalité et son incomparable génie » ou encore, « les langues qui chantent sa féconde diversité ». Il faut dire qu’en lançant sa campagne pour les élections européennes, elle a plus que jamais confirmé la nouvelle ligne de son parti : ne pas s’opposer à l’Europe mais changer l’Union européenne de l’intérieur.

    Plus question donc de sortie de la France de l’UE, ce Frexit que Marine Le Pen voulait encore soumettre au référendum lors de la présidentielle de 2017. Plus question non plus de sortir de l’euro, une mesure en tête du programme du FN lors des dernières européennes - victorieuses - de 2014. La stratégie est désormais d’investir les institutions bruxelloises afin de les bousculer de l’intérieur. « Pour la première fois, on peut espérer changer l’Europe de l’Europe » et « changer la France de l’Europe », lance Marine Le Pen. En guise d’argument frappant, elle loue « la poussée des mouvements nationaux en Europe », citant ses alliés de la Ligue italienne ou du FPÖ autrichien, au pouvoir dans des coalitions dans leurs pays respectifs. C’est avec eux qu’elle entend passer « tranquillement de l’Union européenne à l’Alliance européenne des nations, selon un calendrier séquencé ». Et ne lui parlez plus de sortie de l’euro : la reconquête de la « souveraineté monétaire » - comme on le dit désormais au RN - est repoussée aux calendes grecques.

    THIERRY MARIANI TRAITE JEAN-CLAUDE JUNCKER D'"IVROGNE NOTOIRE"

    « Nous ne serons pas seuls à Bruxelles quand nous gagnerons », clamait un peu plus tôt l’ex-ministre de droite Thierry Mariani, l’une des récentes prises de guerre affichées sur scène dimanche, qui figure en troisième position sur la liste RN. « A Bruxelles, là où un ivrogne notoire, Jean-Claude Juncker, incarne à la perfection le bateau ivre qu’est devenue l’Union européenne », a-t-il cru bon de lancer. Autres ralliés, inconnus du grand public mais fièrement brandis par Marine Le Pen : Jean-Paul Garraud, magistrat et ex-député UMP, et Christiane Delannay-Clara, professeur des écoles guadeloupéenne, qui fut notamment adjointe au maire PS de Créteil Laurent Cathala.

    Avec ce nouveau credo, Marine Le Pen espère prendre une revanche sur l’élection présidentielle. Le RN fait pour l’instant la course en tête dans les sondages, mais ses cadres redoutent le chiffre de la participation. « Nous avons beaucoup d’électeurs chez les gilets jaunes mais le problème, c’est l’abstention. Il faut les mobiliser », estime Hélène Laporte, une conseillère régionale RN venue du Lot-et-Garonne, propulsée numéro 2 de la liste menée par le jeune Jordan Bardella. A la tribune, Marine Le Pen a d’ailleurs martelé la date du scrutin : « Répétez-le partout, le 26 mai 2019… »

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