• "Nos représentants ne connaissent pas la vraie vie" : paroles de gilets jaune

    Alison, 28 ans, est professeur des écoles dans le Nord.

     

    Alison, 28 ans, est professeur des écoles dans le Nord.
    Alison, 28 ans, est professeur des écoles dans le Nord. - Aimée Thirion / Hans pour Marianne
    SOCIÉTÉ
    #NousSommesLePeuple

    "Nos représentants ne connaissent pas la vraie vie" : paroles de gilets jaune

    Portraits de femmes et d'hommes en colère.

    "NOS REPRÉSENTANTS NE CONNAISSENT PAS LA VRAIE VIE"

    Alison Hubert, 28 ans
    Professeur des écoles (Nord)

    Quinze jours avant le 17 novembre, une amie m'a parlé du mouvement des « gilets jaunes ». J'ai organisé la première marche citoyenne à Lille avec elle, et d'autres. Nous étions 1 000. C'était ma première manif. Dans le cortège, au début j'avais peur : il y avait des individus inquiétants, agités. Je ne voulais pas de violence. Heureusement, cela s'est bien passé. On a chanté. Crié notre colère ensemble. C'était un exutoire. Participer à ces rassemblements avec d'autres citoyens me procure de l'énergie et de la satisfaction.

    Je suis plutôt écolo et pas forcément opposée à la taxe sur les carburants - à condition qu'elle finance vraiment l'écologie. De plus, cette taxe ne m'affecte pas particulièrement puisque j'ai la chance d'habiter près de mon lieu de travail. Mais le mouvement des « gilets jaunes » est un tremplin et une convergence pour un combat démocratique plus global, plus profond. Je craignais d'ailleurs qu'une annonce rapide d'abandon de la taxe n'éteigne le mouvement.

    Je n'arrive pas à concevoir qu'en France, en 2018, il y ait autant d'injustice et d'inégalité sociale au profit d'une poignée d'hommes. Si M. Macron a réussi une chose, malgré lui, c'est à fédérer et à rassembler les citoyens. Je dis « citoyens », car comme on l'affichait à la manifestation du 1er décembre sur notre pancarte : « Avec ou sans gilet, on est tous concernés ! » Je crois fermement en la démocratie : le pouvoir au peuple. Mais je crois en une démocratie représentative et non pas en la monarchie gouvernementale dans laquelle nous vivons actuellement. Depuis que je suis en âge de le faire, je n'ai pas voté une seule fois par conviction. Le fait que le vote blanc ne soit pas comptabilisé m'y incite encore moins. J'ai voté Benoît Hamon au premier tour en 2017. Le second tour reflète un refus de l'extrémisme, en aucun cas un vote d'adhésion au macronisme.

     

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