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    Twitter est utilisé par certains enseignants comme un défouloir hyperviolent, où rien n'est censuré, même les insultes sexistes.

    Par Morgane Bertrand

    Publié le 23 février 2019 à 11h09
     
     

    Les enseignants se doivent  d'être exemplaires. C'est le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer, dans l'article 1 de la loi sur l'école de la confiance, examinée cette semaine par les députés, qui le rappelle : 

    "Par leur engagement et leur exemplarité, les personnels de la communauté éducative contribuent à l'établissement du lien de confiance qui doit unir les élèves et leur famille au service public de l'éducation."

    Mais cette obligation, qui existe déjà pour tous les fonctionnaires, froisse sérieusement les enseignants. Le syndicat SNUuipp-FSU, syndicat majoritaire dans le primaire, a même lancé une pétition pour le faire savoir. Le ministre cherche-il vraiment à museler les enseignants ? 

    Une chose est certaine : les réseaux sociaux sont un lieu où certains profs semblent perdre tous sens de la mesure... au point qu'on tremble à l'idée que ces gens encadrent nos enfants toute la journée ! Twitter, notamment, se transforme en déversoir à insultes où, derrière les différends politiques, surgissent un imaginaire terriblement violent, des inspirations scatologiques, voire un sexisme totalement décomplexé.

     
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  • Un homme portant le masque du mouvement hacktiviste "Anonymous".
    Un homme portant le masque du mouvement hacktiviste "Anonymous". - LUDOVIC MARIN / AFP
    SOCIÉTÉ
    Identités

    Pourquoi la levée de l'anonymat sur Internet ne mettra pas fin aux délits en ligne

     
    La levée de l'anonymat sur Internet a peu de chance de permette de mettre fin aux délits en ligne, à l'inverse, elle pourrait compromettre la sécurité et les libertés individuelles des internautes.

    Bas les masques ! Concomitamment à la crise des gilets jaunes et au scandale de la Ligue du LOL, Emmanuel Macron s'est lancé dans une guerre pour pacifier internet. Le détail de ce vaste programme sera contenu, a annoncé le chef de l'Etat mercredi 20 février lors du dîner du Crif, dans une loi contre la "cyberhaine" prévue pour mai prochain. Dans les plans de bataille envisagés par le président de la République figure notamment la levée de l'anonymat en ligne. Il y a pourtant peu de chances que la mesure permette de mettre fin aux délits en ligne, à l'inverse, elle pourrait compromettre la sécurité et les libertés individuelles des internautes.

    UN CHEVAL DE BATAILLE POLITIQUE

    "Derrière chaque pseudonyme, il y a un nom, un visage, une identité. Faut-il interdire partout sur Internet l’anonymat ? Je pense que nous pourrions aller par cette voie à quelques égards vers le pire. Il faudra donc y réfléchir à deux fois", a déclaré Emmanuel Macron mercredi, plaidant pour la facilitation et l'accélération de la levée de l'anonymat en cas de délit.

    Le président de la République n'a pas toujours tenu un discours si modéré. Le 18 janvier à Souillac, le président de la "start-up nation" avait expliqué vouloir remettre de l'ordre dans le "world wide web". "Ce que nous devons réussir d'abord, c'est une forme d'hygiène démocratique du statut de l'information. Je crois qu'on doit aller vers une levée progressive de toute forme d'anonymat. On doit aller vers des processus où l'on sait distinguer le vrai du faux, où l'on doit savoir d'où les gens parlent et pourquoi ils disent les choses", avait détaillé Emmanuel Macron devant un parterre d'élus. L'idée lui trottait déjà dans la tête depuis quelques mois : en novembre 2018, lors du discours inauguralde l'Internet Governance Forum, à l'Unesco, le président avait déjà fait une déclaration en ce sens. "Nos gouvernements, nos populations ne vont pas pouvoir tolérer encore longtemps les torrents de haine que déversent en ligne des auteurs protégés par un anonymat devenu problématique", avait-il averti.

    L'idée de supprimer tout anonymat en ligne, déjà souhaitée par le député Les Républicains Eric Ciotti en 2016, a recueilli les suffrages de bon nombre de responsables politiques, rangés en ordre de bataille derrière le président de la République. "Vous avez vu comment on se fait insulter sur les réseaux sociaux ? Par des comptes anonymes. (…) Vous avez un compte sur Twitter, sur Facebook, pourquoi vous n'assumez pas ?", a ainsi pesté l'écologiste Yannick Jadot le 21 janvier, sur BFMTV. Une semaine plus tard, sur la même antenne, c'était au tour du secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, de lâcher sa bordée contre l'anonymat : "Dans une société démocratique où on peut dire ce qu’on veut, il me paraît bon de lever l’anonymat sur Internet […] j’en ai assez de gens qui sont derrière les pseudos, et qui insultent à longueur de temps, qui mettent de l’huile sur le feu à longueur de temps." Dernier cacique à tirer l'épée contre l'anonymat, l'ancien premier ministre Bernard Cazeneuve, tançait le 19 février sur France Inter une "numérisation de la société dont [il a] pu constater (…) qu'elle conduisait à la diffusion de toutes les insultes, sous pseudonyme ou dans l'anonymat".

    UN ANONYMAT DÉJÀ TRÈS RELATIF

    Le levée de l'anonymat, une mesure miracle ? Renseignements pris, pas si sûr. Dans les faits, il s'agit déjà d'une notion très relative sur internet. Hormis quelques hackeurs insaisissables, l'immense majorité des internautes, qui sèment des petits cailloux à longueur de navigation, sont déjà traçables sur internet et peuvent être retrouvés, à condition de s'en donner les moyens. "Les gens qui le veulent peuvent se rendre plus difficilement traçable sur internet, mais ce n'est pas pour tout le monde, ce n'est pas à la portée du petit apprenti djihadiste", nous confirme Stéphane Bortzmeyer, ingénieur en réseaux informatiques. Ne laisser aucune emprunte en ligne relève, selon ce militant des libertés sur internet, de la gageure. "L'anonymat sur internet, ça revient au mode de pensée d'un espion en territoire ennemi, à la moindre erreur, vous êtes démasqué. Ça demande une mentalité paranoïaque."

    DONNER PLUS DE MOYENS POUR DÉMASQUER LES HARCELEURS

    Bien sûr, le fil peut être difficile à tirer pour les enquêteurs, si la personne recherchée a employé le réseau Tor, conçu pour dérouter les pisteurs, ou un réseau virtuel privé (VPN), qui masque l'adresse IP réelle de son utilisateur en faisant transiter les données par une succession de serveurs à l'étranger. Mais les outils judiciaires et techniques permettant de remonter à l'identité d'un internaute existent déjà. Ils ont déjà été employés avec succès, par exemple pour démasquer et condamner, en février 2017, les deux "twittos" anonymes qui avaient proféré des insultes homophobes à l'encontre du responsable communiste Ian Brossat. De même, "Quatrecentrois" et "Tintindealer", internautes qui figuraient sous pseudonymes parmi les harceleurs de la journaliste Nadia Daam, ont été condamnés en juillet 2017. "L'expérience montre que si on le veut, on peut tout à fait. Seulement, la tendance n'est pas à l'extension des services publics", regrette Stéphane Bortzmeyer.

    Le problème des moyens alloués pour révéler l'identité des auteurs de cyber-harcèlement ou de discours haineux se pose. "L’ensemble de la sphère policière et judiciaire n'est pas à jour sur ces questions", relève ainsi Lucile Merra, docteur en sociologie et auteur d'une thèse sur les "médias sociaux". Les possibilités de signalement, d'opposition et de recours sont quasi-nulles aujourd'hui. "Dans l'état actuel des choses, ces pratiques sont rarement condamnées, certainement par manque de moyens alloués aux enquêtes et surtout par manque d’application de sanctions fermes."

    Même constat au sein de l'ONG Respect Zone, qui œuvre notamment à épauler les victimes de cyber-harcèlement. "Les victimes nous disent que les commissariats sont peu prompts à enregistrer les plaintes. Les cyber-gendarmes de Pharos ne sont qu'une vingtaine pour toute la France, aux heures ouvrables…", déplore le président de l'ONG, Philippe Coen. Pour Respect Zone, "le vrai problème, c'est qu'il n'y a pas suffisamment de sanction, et qu'elles ne sont pas adaptées. Par exemple, la suspension provisoire d'un compte serait aujourd'hui une sanction beaucoup plus efficace pour un jeune qu'une peine de prison d'un mois avec sursis". Pour l'heure, le gouvernement s'en est tenu, par l'intermédiaire de son secrétaire d'Etat au Numérique, Mounir Mahjoubi, à promettre d'"accélérer" des "procédures trop lentes".



    ANONYMAT = VIOLENCE ? UNE IDÉE REÇUE

    Hélas, allouer des moyens supplémentaires pour permettre à la police de retrouver les délinquants du web, et aux tribunaux de les condamner, n'aurait rien d'une solution miracle mettant fin à la haine sur la toile. En effet, le secret de l'identité civile sur internet ne semble pas corrélé avec le fait d'être plus ou moins violent en ligne. "Ce n'est pas le pseudo qui va faire le comportement déviant", insiste Lucile Merra. "Ces comportements violents préexistent à Internet. (…) Cela relève d’un comportement malsain de certains individus au sein de leur environnement social.

    Une étude de juin 2016, publiée par équipe de chercheurs de l'Université de Zurich, tend à montrer que dans le contexte d'une polémique en ligne, l'anonymat ne démultiplie pas systématiquement l'agressivité des internautes. Au contraire, sur les 532197 commentaires analysés, tous postés sur une plateforme de pétitions en ligne allemande entre 2010 et 2013, les internautes écrivant sous leurs véritables identités étaient plus agressifs que ceux recourant à l'anonymat. La même année, une étude de l'université d'Etat du Michigan a également montré que, selon les données compilées dans 16 études scientifiques sur la question, les individus "sont en fait plus sensibles aux normes collectives d'un groupe lorsqu'ils sont moins identifiables par les autres membres de ce groupe".

    L'idée selon laquelle le fait de se cacher derrière un avatar confèrerait aux internautes un sentiment d'impunité, qu'ils se penseraient alors invulnérables et profiteraient de la situation pour se livrer à un certain nombre de dérives, tiendrait ainsi de l'idée reçue. "Le sentiment d'impunité tient plus à qui vous êtes et d'où vous parlez qu'au fait que vous le fassiez sous pseudonyme. Un homme blanc éduqué pourra par exemple se sentir davantage autorisé à tenir certains propos", avance Stéphanie Wojcik, maître de conférences en sciences de l'information et de la communication à l'université Paris-Est Créteil. Tristan Nitot, auteur du livre Surveillance, les libertés au défi du numérique, abonde en ce sens : "Le discours de haine ou le harcèlement surviennent quand ils sont considérés comme socialement acceptables, voire fédérateurs, au sein d'un groupe qui partage les mêmes opinions." Le vice-président du moteur de recherche français Qwant pointe en outre une "inconscience" des internautes. "Je pense que le premier facteur du sentiment d'impunité, c'est le rapport au numérique, perçu à tort comme un domaine "virtuel", plutôt que le fait de porter un pseudonyme", explique-t-il. "Dans un café, je suis inconnu, anonyme, et pourtant je ne tiens pas de discours haineux. A l'inverse, les membres de la Ligue du LOL ne portaient pas de pseudonyme pour la plupart."

    EDUQUER AU RESPECT SUR INTERNET

    Plus que lever l'anonymat, il s'agirait donc, pour apaiser internet, de clarifier et renforcer les règles de comportement sur une plateforme. L'éducation à la civilité n'est pas un pari gagné d'avance, à en croire Stéphane Bortzmeyer : "Actuellement, on ne prend pas le chemin d'un discours éducatif, qui demanderait du temps et de l'argent, mais d'un discours de peur et de contrôle", regrette l'ingénieur en réseaux informatiques. Ce combat est pourtant porté par des organisations comme Respect Zone. "C'est effrayant en termes pratiques qu'il y ait aussi peu de panneaux sur internet. Quand vous avez une voiture, vous vous êtes exposés en permanence à une signalétique claire et lisible. Il n'y a pas d'équivalent quand on vous donne un smartphone, pas de règles lisibles, pas de permis de surfer sans blesser", constate son président, Philippe Coen.

    Son ONG, qui forme des professeurs à transmettre la notion de respect sur les réseaux sociaux, propose notamment d'inciter les opérateurs à mettre en place un tutoriel sur le respect lors de l'ouverture d'un nouveau compte pour un mineur. Autre piste envisagée : en plus d'un bouton unique permettant le signalement de propos haineux en ligne, l'ONG, qui voudrait faire de l'utilisation de pseudonyme l'exception plutôt que la règle, milite pout mettre en place un bouton de rappel des règles du respect en ligne, à placer à côté du bouton 'envoi' dans les navigateurs.

    La responsabilisation des plateformes d'internet que sont Facebook et Twitter est également au cœur des débats. "La vraie question, c'est pourquoi, en l’absence d’auto-régulation, les plateformes des médias sociaux comme Twitter ou Facebook ne feraient pas ce travail de modération ? Alors qu'un média en ligne qui laisse des commentaires haineux en ligne est responsable devant la loi, pourquoi les plateformes de médias sociaux ne sont pas inquiétées ?", demande ainsi la sociologue Lucile Merra. En l'état, le statut des réseaux sociaux est fixé par le droit européen. La directive du 8 juin 2000, transposée dans le droit français par la loi du 21 juin 2004, a donné à Facebook et Twitter le statut d'hébergeur, bien moins contraignant que celui d'éditeur quant à la responsabilité des contenus diffusés. Certains, comme Respect Zone, poussent en faveur de la création dans le droit européen d'un statut intermédiaire entre l'hébergeur et l'éditeur.

    UNE VOIE ROYALE POUR LES GAFAM

    Cependant, donner voix au chapitre aux géants du web sur ces questions, notamment en leur fournissant davantage d'éléments concernant l'identité de leurs utilisateurs, ne va pas sans de vives inquiétudes. Stéphane Bortzmeyer s'alarme du pouvoir exorbitant qui serait entre les mains de ces structures : "Les Gafam (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) ont déjà trop d'informations, et on veut en faire les auxiliaires privés de l'Etat dans le contrôle des identités en ligne ! L'obsession du contrôle de l'internet mène à oublier à quel genre de sociétés on veut confier notre surveillance. On ne peut pas reprocher à Facebook de collaborer avec le gouvernement chinois pour contrôler qui fait quoi, si on fait la même chose chez nous."

    Pour ces raisons, la "levée progressive de toute forme d'anonymat", tel qu'Emmanuel Macron l'avait initialement envisagé, a de quoi faire frémir quant aux rôles de ces entreprises privées, expose Tristan Nitot. "Aujourd'hui, sur Facebook, de nombreuses personnes se sont exprimées sur les gilets jaunes. Chacune a été identifiée, ça se fait automatiquement, par des robots qui analysent les données et des algorithmes de deep learning. Le métier de Google, c'est de tout savoir sur vous. Facebook ou Google sont conçus, structurellement, pour offrir un ciblage très fin à des annonceurs, c'est leur modèle commercial. Que vous ayez un pseudonyme ou non, on pourra vous cibler sur internet. Or, la question des identités appartient à l'Etat, pas aux entreprises."

    LE "PSEUDONYMAT", UNE PROTECTION NÉCESSAIRE

    Si le projet de loi qui sera présenté en mai prochain n'est que la première étape de cette "levée progressive" de l'anonymat, le poids des Gafam ne sera que l'un des problèmes qui se posera aux citoyens. Ne plus pouvoir se cacher sous un pseudonyme est loin d'aller soi en matière de liberté d'expression. "Si on va vers l'interdiction de l'anonymat, on va vers beaucoup plus de discrimination, avec des gens au statut social particulier - policiers, professeurs, hauts fonctionnaires ou anciens détenus - médiatisés ou non, qui pourraient devenir victimes de harcèlement, voire mis au ban de groupes sociaux", nous détaille Maryline Laurent, professeur à Telecom sup Paris et auteur du livre La gestion des identités numériques.

    Alors que le "pseudonymat" sur les réseaux sociaux nous autorise à choisir la facette de notre identité que nous présentons au monde, un internet complètement transparent conduirait, selon Maryline Laurent, à "une société de la représentation permanente" d'une seule dimension de soi, bien souvent professionnelle. "Ça pose un problème qui dépasse de loin la lutte contre le harcèlement et les discours de haine", conclut-elle. Selon Tristan Nitot fait de la préservation de l'anonymat sur internet une nécessité sociale. "Il y a des moments où l'on ne peut que s'exprimer sous un pseudonyme", fait il valoir. "Le pseudonymat est un facteur d'émancipation pour des gens qui n'ont pas d'autre espace d'expression que les réseaux sociaux. Si vous êtes homosexuel et n'êtes pas sorti du placard, vous avez quand même le droit de vous exprimer sur ces sujets, sans que votre situation personnelle ne soit compromise."

    LA CRAINTE D'UNE REPRISE EN MAIN POLITIQUE

    Enfin, les coups de boutoir répétés du chef de l'Etat contre l'anonymat en ligne font craindre à Lucile Merra que l'on veuille reprendre en main le projet "politique et sociétal" du net. Le 18 janvier, à Souillac, Emmanuel Macron mettait en garde contre le danger de "s'engouffrer dans une horizontalité en disant qu'il n'y a plus de hiérarchie dans les paroles". Ces propos font bondir la sociologue : "Le principe même d’Internet, c’est d’être décentralisé", rappelle-t-elle, craignant "une volonté d'institutionnaliser internet, pour l'organiser sur le modèle structurel de l'ancien monde". "Il y a une tentative de confiscation de la parole libre. La nature du réseau permet des formes d'engagement politique nouvelles, affranchies de la question de la légitimité d'un représentant. Or, la protection que constitue un avatar est parfois l'une des conditions préalables à ces formes d'engagement." Autrement dit, supprimer le pseudonymat serait aussi une manière de remettre à leurs justes places "ceux qui ont réussi" et "ceux qui ne sont rien". 

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  •  Le mouvement des Gilets Jaunes continue d'écrire l'histoire et est l'objet de toute une série de tentatives de récupération. Mais il en est une particulièrement insidieuse parce qu'elle est aussi autoritaire que les autres mais qu'en plus, elle prétend être le mouvement, c'est l'extrême-gauche. Il vient de m'arriver une histoire amusante qui n'est pas inintéressante de ce point de vue. Ayant fricoté avec l'extrême-gauche il y a quelques années, j'ai quelques restes de cette époque, au nombre desquelles mon inscription sur une petite liste de diffusion qui s'appelle Infos Anti-autoritaires en Cévennes à l'Assaut des Montagnes ! (IACAM !). Je conserve cet abonnement pour prendre la température de ce mouvement de plus en plus délirant.  Or, le 26 janvier 2019, je vois passer un message pour promouvoir le rassemblement contre les violences policières du 2 février. Dans ce message, le lien vers un article d'Agoravox que j'avais écrit. Amusant ! Je voyais apparaître dans cette liste le lien d'un de mes articles. Le 29 février, message de la modération de la liste intitulé : « erreur de modération »1. Les modérateurs n'avait pas fait attention que l'article venait d'Agoravox. Aïe ! Du coup, comme tous les tenants de l'extrême-gauche, il leur fallait faire amende honorable auprès de leurs pairs pour ne pas être excommuniés, donc il leur fallait dire du mal d'Agoravox et de moi. Cela commença par l'habituel « Agoravox est un site "confusionniste" ». Ce terme désigne une idéologie qui mélangerait les idées d'extrême-gauche et celles d'extrême-droite. Et ça, c'est interdit : il faut toujours rester dans le dogme posé par ceux qui se prétendent d'extrême-gauche aujourd'hui (en gros, féminisme, lgbt, antifa, etc.). Il ne peut y avoir de doute sur la doxa de gauche car la gauche a raison depuis toujours.

     

    Bien, mais alors, quand on est de gauche, comment repérer le confusionniste type, également appelé « rouge-brun » ? Facile. Il critique l'actuel mouvement migratoire et d'ailleurs toutes les migrations de l'époque industrielle (comme l'ont fait d'ailleurs Jean Jaurès ou encore Georges Marchais mais eux, heueueu comment dire... , ils avaient le droit parce qu'ils étaient VRAIMENT de gauche. De plus, si on est contre les migrations actuelles, c'est forcément qu'on est contre les migrants, bien sûr...), veut des mesures protectionnistes (alors là, vu que Trump veut faire pareil, et que Trump est un horrible phallocrate, alors c'est qu'il faut au contraire ouvrir les frontières et que tout ceux qui veulent les fermer sont des phallocrates), s'oppose à l'Union européenne (et ce alors que l'Union Européenne représente, au contraire, un monde sans frontières et que les frontières, vu que ça bloque les migrants, c'est mal), etc. Voilà donc pourquoi, il fallait que les modérateurs de IACAM ! interviennent. C'est ce qu'ils ont fait avec un brio typique de l'extrême-gauche comme nous allons le voir. Blague à part, ce terme « confusionniste » apparaît en fait comme un moyen de blocage idéologique pour désorganiser le peuple et empêcher une union populaire. Pour eux, si union populaire il doit y avoir, elle doit se faire sous l'égide de l'idéologie gauchiste. Le peuple doit se rassembler et réaliser la supériorité de la pensée dite de gauche, abandonner toutes ses lubies pour atteindre la Lumière. Sinon, c'est l’anathème (sur cette question, voir le cas « Chouard »).

     

    Alors comme à leurs yeux, je suis un confusionniste puisque je publie sur Agoravox, il allait de soi qu'il fallait qu'ils se payent ma tête, bien sûr toujours avec des équivalences qui font office de réflexion : puisque mon annonce de cette manif est passée sur Agoravox, en gros, c'est que je suis pro-Viktor Orban. La preuve, c'est que je serais pour le maintien du capitalisme mais dans les frontières nationales. C'est complètement délirant mais voilà le contenu de la critique de IACAM. On voit ici le sérieux du travail de la modération dans cette liste : il aurait suffit de cliquer sur mon avatar pour voir mes autres articles mais ça aurait demandé un peu trop de travail, ils ont jugé préférable de faire comme si j'avais écrit ce que leurs préjugés supposaient que j'avais écrit. Encore une fois, ce raisonnement a sa logique puisque la gauche a toujours raison : inutile de me lire donc ! Il suffit de me classer extrême-droite nationaliste pro-capitaliste et le tour est joué, d'autant que, les pauvres, ils ne s'attendaient pas à ce que l'auteur soit dans leur liste de diffusion...

     

    Maintenant, analysons leur critique de ce que j'ai écrit. Il y a, dans leur si sérieuse prose, les habituels marqueurs idéologiques de la haine petite-bourgeoise du peuple. Nous allons les décortiquer comme il se doit en tachant d'être un peu plus rigoureux que le pourtant merveilleux travail d'exégèse de mon œuvre qu'ils ont commis... Ainsi écrivent-ils :

     

    « l'auteur pointe un supposé manque de démocratie, le règne d'une oligarchie, faisant ainsi oublier que la violence est l'outil de tout État capitaliste, qu'il n'a pas fallu attendre un président arrogant comme Macron pour mener une politique pour les riches, une politique qui maintient les prolétaires (ceux qui n'ont rien que leur force de travail à vendre pour gagner de quoi vivre) dans l'esclavage salarial, et ce pour un coût de plus en plus réduit. »

     

    Alors là, les bras m'en tombent... Si je dénonce l'oligarchie actuelle, ça veut dire tout ça ? Mais alors ça veut dire que l'on ne peut pas évoquer la classe dominante qui tire profit de notre exploitation parce que sinon, cela veut dire qu'on ne critique que la clique actuellement en place, en gros Macron et ses sbires, et que, insidieusement, on fait passer l'idée qu'en fait, l'État « capitaliste  » c'est bien. C'est tellement absurde que j'en ai du mal à mettre en mot leur bêtise : en quoi le fait de dénoncer le règne de l'oligarchie fait-il oublier que la violence est l'outil de tout État ? (et non pas, d'ailleurs, de « tout État capitaliste » comme ils l'indiquent, ce qui montre, au passage, la richesse de leur réflexion sur ce qu'est l’État. Mais peut-être imaginent-ils que s'ils possédaient l'État il en serait autrement ?...). De plus, il faut quand même préciser que l'article qu'ils dénoncent n'en est pas un, c'est juste l'annonce d'une manif contre les violences policières ! Il n'y a pas d'analyse là dedans ! Nul part je ne cite Macron ! Nul part je nie le fait que l'analyse marxiste soit juste ! Nul part je n'indique qu'il faut maintenir le capitalisme ! Mais où sont-ils allés chercher tout ça ? Il fallait vraiment trouver un truc pour me dézinguer vu que je publie sur Agoravox... Mais dans quel imaginaire ces gens-là évoluent-ils ?

     

    De plus, je pointerais un « supposé manque de démocratie », ce qui est vrai, mon opinion étant que notre régime politique est une oligarchie fasciste. Mais alors je ne comprends pas le «  supposé  ». Cela veut dire que selon eux, nous serions en démocratie ? Que j'exagère ? Bon, dans mes précédents articles, j'ai déjà expliqué pourquoi je ne pense pas que nous soyons dans une démocratie et j'ai aussi donné une définition du fascisme, donc je ne réexplique pas, pas pour eux en tout cas puisque je les sens si sérieux et si avides de vérité qu'ils vont, j'en suis sûr, se précipiter pour lire ce que j'ai écrit sur le sujet.

     

    Mais il est vrai que, selon eux, je diffuse des « idées populistes sous un vernis de démocratisme radical ». Je ne veux pas me moquer, je déteste ça, ni mettre les gens en difficulté en public mais j'aimerais bien qu'ils m'informent sur ce qu'est le « démocratisme radical ». C'est quand on veut trop de démocratie ? De façon démagogique  ? Non parce que j'ai remarqué que la gauche ne sait plus trop où elle campe entre son appel permanent aux «  prolo  » (qui, la plupart du temps, se désintéressent complètement d'elle) et sa haine du peuple, à l'exemple de la pauvre critique du Referendum d'Initiative Citoyenne qu'elle tente d'élaborer en tâchant de dissimuler le fait qu'elle pense que quand on donne trop la parole aux pauvres, en fait, ils en font n'importe quoi (voir mon article sur la gauche et le RIC). Dans cette même veine destinée à nous dégoutter de la démocratie, nous avons cet article paru le 17/12/2018 dans IACAM2 et qui nous désespère du RIC en nous disant que jamais ça ne marchera parce que l'oligarchie ne lâchera jamais son pouvoir (j'ai également en partie répondu à ça dans mon article précédent).

     

    Bref, la question, au final, c'est de savoir pour qui roule l'extrême-gauche. Je pose la question honnêtement. J'aimerais connaître les sources de financement par exemple. Je me demande également si elle ne serait pas infiltrée par la police politique. Je me pose honnêtement la question parce qu'un tel entêtement à faire fausse-route me paraît louche. D'autant plus louche que je trouve que les tentatives de récupération du mouvement par l'extrême-gauche sont nombreuses. Elle tente de faire du mouvement des Gilets Jaunes un mouvement de gauche, c'est-à-dire de recréer les divisions au sein du peuple qui nous font systématiquement échouer depuis des décennies. Il va de soi que si ces tentatives fonctionnaient, ce serait la fin du mouvement : il est apolitique et sa puissance vient de l'union des gens de droite et de ceux de gauche, sa puissance vient du fait qu'un peuple s'est enfin réuni en partageant une expérience commune (celle de l'exploitation et celle de la contestation). Mais il est vrai que pour cette gauche, le peuple n'est qu'une "abstraction"... D'accord : le peuple n'existe pas et eux ne sont pas du tout des fascistes (évidemment puisqu'ils se prétendent "antifa"... Comment pourraient-ils être des gros fachos puisqu'ils se sont achetés des drapeaux rouges !).

     

    On a ainsi un fanzine qui s'appelle «  Jaune  » qui se désigne lui-même comme « Le journal pour gagner » (je dois dire que je me demande dans quelle mesure cette couleur, quand elle n'est pas précédée du terme « Gilets », n'est pas celle qui les caractérise le mieux...). En fait, ce canard est issu d'un groupuscule d'extrême-gauche qui tente d'imposer les problématiques gauchistes (ouverture des frontières par exemple) en les faisant passer pour des revendications Gilets Jaunes. Ce qu'il y a de bizarre, c'est qu'on retrouve les mêmes réflexes rédactionnels que dans les sites antifa : appel aux «  prolo  », critique de l'extrême-droite, haine du RIC (sous le titre de plus en plus courant de « RICupération », qu'on retrouve dans plusieurs de ces canards), titres revendicatifs utilisant le « nous » comme s'ils écrivaient pour le mouvement des Gilets Jaunes (à l'image de titres tels que « Comme une plante grimpante jusqu'au ciel – notre mouvement s'est structuré comme une plante grimpante [...] ». Ils écrivent : « notre mouvement  ». Ben non, ce n'est pas le vôtre, c'est le mouvement, et c'est tout). Bref, je repose la question : pour qui roulent-ils ? Une hypothèse de travail, absolument complotiste mais qui mériterait d'être explorée histoire de s'assurer quand même que ce n'est pas vrai, serait que l'extrême-gauche est aujourd'hui une opération de la police politique ou de fondations telles l'Open Society de Soros ou équivalent. Ça peut sembler dingue mais quand on analyse leur discours, c'est trop gros, il y a quelque chose qui coince : comment est-il possible de se comporter à ce point comme des traîtres au peuple et de ne pas s'en rendre compte ? Est-il possible que la pensée se soit à ce point effondrée3 ? Ainsi est-il frappant de voir qu'ils sont dans l'inversion systématique.

     

     Prenons, au hasard, le terme de confusionniste. Il provient de groupuscules qui sont pour la Procréation Médicalement Assistée (PMA) et la Gestation Pour Autrui (GPA). Ont-ils conscience qu'ils font ainsi le lit des multinationales de bio-ingénierie qui poussent pour créer un marché de la fabrication d'enfants, avec la création de ferme de femmes, qui apparemment existent déjà, où des femmes enfantent à la chaîne, contraintes par la mafia ou poussées par la misère, au profit de couples gays occidentaux à fort pouvoir d'achat ? N'ont-ils pas conscience d'être frappés d'hybris en affirmant qu'un enfant est un droit ? Et qu'ils commettent ainsi l'inacceptable c'est-à-dire faire d'individus enfants des objets de convoitise prenant place sur un marché, comme des marchandises, pour assouvir un désir ? Ils sont sur la même ligne que les multinationales, que des présentateurs télé tel Marc-Olivier Fogiel, mais dans le même temps, ils se disent anti-capitalistes... Comprennent qui pourra.

     

    Dans le même ordre d'idées, ils sont foncièrement féministes. Là également, c'est très intéressant puisque le féminisme est un des rouages de l'ordre idéologique capitaliste. Sa fonction est de détruire la virilité, seule menace réelle pour l'ordre en place de par la capacité à la violence physique qu'elle sous-tend, mais aussi de ringardiser le rapport au monde et au corps des classes populaires. En ridiculisant la force physique et la virilité, le féminisme met en danger les classes populaires dans leur capacité à survivre dans un environnement économique hostile dans le sens où le corps et la force physique sont à la fois outil de production mais aussi arme de défense face aux abus économiques. En dépouillant symboliquement ces classes de la force physique, le féminisme les a désarmé face au capital. C'est pourquoi il existe un ministère à l'égalité homme/femme, c'est pourquoi l'État permet aux militantes féministes de survivre économiquement en autorisant des postes dans le planning familial, dans les CIF et autres foyers et associations de protection de la femme. Soyons clair : l'État n'en a rien à faire des femmes. Il ne se préoccupe d'elles que dans la mesure où le féminisme autorise la création d'une division dans la main d’œuvre exploitée (homme/femme) tout en permettant de désarmer les classes populaires. Donc reprenons : le féminisme est un rouage de l'ordre capitaliste qui disjoncte la lutte des classes mais l'extrême-gauche est pour, tout en étant contre le capitalisme... Comprenne qui pourra.

     

    Et bien sûr, ils sont pour les migrations, dans la même veine que le patronat. Alors là, c'est toute une histoire également. Prenons l'exemple de la Libye. Franck Pucciarelli explique depuis des années que les passeurs de migrants appartiennent aux milices terroristes de Misrata et que le tout se passe sous l'égide de l'Union Européenne, Italie en tête (avantl'élection du gouvernement populiste). Ainsi, le Comité Révolutionnaire International affirme-t-il avoir transmis les noms des passeurs et milices de passeurs responsables de la situation que l'on connaît, milices takfiristes, de Abdelhakim Belhadj, soit une quinzaine de noms transmis aux autorités italiennes et françaises, en vain. Par conséquent, le CRI accuse l'Italie et l'Europe, France y compris, de collaborer avec les passeurs pour organiser le mouvement migratoire que nous connaissons. La Libye, c'est l'enfer, c'est les marchés aux esclaves, les vies gâchées, etc. Dans le même temps, nous avons un Pierre Gattaz, alors président du MEDEF, qui nous expliquait que « L’accueil décent des migrants est un impératif, d’abord pour des questions de simple humanité et de cohérence avec l’une des trois valeurs fondatrices de notre République, la fraternité. Un pays qui renonce à ses valeurs est un pays qui se perd. » Que c'est beau la fraternité de Gattaz ; cela sent l'honnêteté à plein nez, une honnêteté sur laquelle il vaut mieux ne pas se tromper de pied si on venait à marcher dessus dans la rue. Et le grand homme de poursuivre : « Accueillons-les et sachons tirer profit de leur dynamisme, de leur courage, de leur histoire aussi. Accélérons enfin nos réformes pour être capables de les intégrerpleinement dans la durée. » Le migrant comme alibi pour accélérer les réformes libérales qui détruisent notre pays, notre peuple (ha mais c'est vrai : le peuple n'existe pas...). Évidemment... Il y aurait tellement à dire sur le sujet qu'on va s'arrêter là. Tout le monde, de Macron au patronat européen veut ces migrations. Est-ce par souci de moralité ?

     

    Essayons de comprendre la situation de ces migrations. Tout d'abord, le capitalisme détruit l'Afrique et le Moyen-Orient pour les exploiter : destruction des sociétés traditionnelles et destruction de la nature, que ce soit par la guerre ou par la violence économique. Par conséquent, la vie dans ces zones devient impossible. Certaines strates de ces populations décident alors de partir de cet enfer. Là, les pays occidentaux laissent faire tout en promouvant une mafia de passeurs sur les côtes de ces pays, autorisant ainsi le passage. Puis, vient la traversée proprement dite : une catastrophe avec des noyés par milliers. Des ONG partent en bateaux pour les repêcher en mobilisant les médias qui, bizarrement, répondent présent. Pour les migrants qui parviennent à rejoindre l'Europe, d'un seul coup, changement de ton : les États, qui pourtant les ont laissé venir, les pourchassent alors, et les mettent dans ce qu'on appelle des centres de rétention qui ne sont jamais que des camps de concentration destinés officiellement à éviter leur dispersion sur le territoire, mais qui, en réalité, servent à monter la population autochtone contre les migrants en les exhibant avec un statut proche de celui du condamné derrière les barreaux. Ainsi se forme une division intrinsèque dans la population européenne entre ceux qui sont pour le renvoi des migrants chez eux pour éviter un déferlement d'individus à la fois plein de haine et d'admiration pour l'occident et ceux qui veulent les accueillir au nom de l'ouverture et de la tolérance. Tout cela permet aux États bourgeois de maintenir la population dans un état de peur tout en la divisant. Dans le même temps, cela permet d'augmenter le nombre de travailleurs et donc de faire baisser les salaires. Comme les arabes des années 70, leurs enfants grandiront dans des ghettos, déracinés et nourris intellectuellement par les écrans et un modèle consumériste qui par ailleurs les exclus. Ils seront donc en marge de la société et seront soit des délinquants pour ce qui est des plus faibles soit des islamistes pour les plus lucides. Bref, les conséquences de cette stratégie sont infinies : fabrication de l'insécurité avec repli des classes populaires vers l'extrême-droite et une classe moyenne n'ayant d'autres alternatives que de quémander sa sécurité auprès de l'État, celui-là même qui a généré la situation... Tout bénéf' pour les classes dominantes !

     

    Et là, quelle est la position de l'extrême-gauche ? Elle est la même que celle du patronat bien sûr ! Il faut ouvrir les frontières ! Au nom de quoi ? Du principe que les frontières sont contre les peuples mais aussi au nom de l'hospitalité. Rappelons-nous les paroles de Pierre Gattaz. Ce que cette gauche feint de ne pas comprendre est que être contre les migrations ne veut pas dire être contre les migrants en tant que personne. Il faut être aveugle ou acheté pour ne pas voir le rôle des migrations dans le capitalisme. Quant à l'affirmation « qu'il y a toujours eu des migrations » chargée de légitimer l'actuel mouvement migratoire, elle est une honte : jamais les migrations n'ont eu cette forme, jamais elles n'ont concerné de telles masses d'individus en si peu de temps. Et derrière elles, le déracinement, l'avènement d'un monde sans diversité où n'existe plus qu'une identité de consommateur mondialisé, bref, le totalitarisme.

     

    Maintenant, faisons le bilan. L'extrême-gauche est pour la GPA, pour la PMA, comme les multinationales. Elle est féministe, comme les États. Elle est pour les migrations, comme les États et le patronat. Et bien sûr, elle déploie toute sa force de frappe communicationnelle à nous dégoutter du RIC. À présent, voici ma question : qui est confusionniste ? Ce terme désigne-t-il mieux l'extrême-droite (à laquelle je précise que je n'appartiens pas du tout) ou l'extrême-gauche ? Qui fait régner la confusion dans les esprits en défendant systématiquement une chose et son contraire ? Je repose ma question : pour qui l'extrême-gauche roule-t-elle ? Qui la finance ? Comment se fait-il qu'il y ait aussi peu de diversité de pensée en son sein (comme si une instance centralisée distillait la bonne parole) ? À la fin de la rédaction de cet article, je pense que nous avons affaire à des traîtres au peuple qui manipulent des individus crédules. Je ne pense pas que les benêts de IACAM soient rémunérés par Soros mais qu'ils se soumettent à une doxa qui s'impose à eux par des effets de groupes complexes. Il est temps pour les individus honnêtes de ces groupuscules de cesser ces combats stériles au nom de la nécessaire unité du peuple sans laquelle jamais nous ne serons en mesure de faire advenir une démocratie en France et en occident. Il est temps pour eux de se reprendre et de participer honnêtement au mouvement des Gilets Jaunes, non pas pour l'emporter sur d'autres groupes mais pour la victoire du peuple (ceci vaut d'ailleurs pour l'extrême-gauche comme pour l'extrême-droite).

    Christophe Hamelin

     

     

    1 Bonjour, Ci-dessous un des liens vers lesquels renvoie le dernier mail que nous avons validé posté à Iacam et intitulé "Rappel..." : https://www.agoravox.tv/actualites/article/gilets-jaunes-appel-au-80264 Nous sommes embêtés, parce que nous avons été trop vite en besogne, et qu'il n'aurait en fait pas fallu passer cet appel, quand bien même il concerne les violences policières dans le mouvement des gilets jaunes. En effet, Agora Vox est un des sites utilisés par la nébuleuse confusionniste pour diffuser ses idées populistes sous un vernis de démocratisme radical. Ici, l'auteur pointe un supposé manque de démocratie, le règne d'une oligarchie, faisant ainsi oublier que la violence est l'outil de tout État capitaliste, qu'il n'a pas fallu attendre un président arrogant comme Macron pour mener une politique pour les riches, une politique qui maintient les prolétaires (ceux qui n'ont rien que leur force de travail à vendre pour gagner de quoi vivre) dans l'esclavage salarial, et ce pour un coût de plus en plus réduit. Cette économie capitaliste, même si elle était concentrée à l'intérieur des frontières nationales (comme le proposent les populistes, qui s'emparent de la déception que génèrent les démocraties libérales pour faire valoir un retour au peuple, à ses prétendues valeurs nationales et à son pouvoir souverain), resterait une économie capitaliste, un système d'exploitation qui ne peut que créer des inégalités. Le "peuple" est une abstraction, comme l'égalité, la fraternité et la liberté dans la démocratie bourgeoise. En France comme ailleurs, les bourgeois mènent des politiques contre la classe du travail, et la propriété privée des moyens de production permet aux premiers de s'enrichir grâce au travail des autres. La solution séduisante d'une rupture par la fermeture des frontières, par une sortie de l'Europe, par un homme fort ou une femme forte pour "redonner le pouvoir au peuple", pour la "priorité nationale" etc. serait une erreur : la même classe continuerait de s'enrichir au mépris des vies de ceux appartenant à l'autre classe. En Hongrie, les mouvements contre les nouvelles "lois travail" ont fait rage ; les perdants de la politique d'Orban sont les mêmes que les perdants de notre gouvernement. Pour approfondir la réflexion et maintenir le cap d'un combat social, nous vous proposons la lecture d'un texte paru dans "Le Monde diplomatique" de septembre 2018, une analyse pour le moins intéressante de la fausse alternative qui se dessine partout dans le monde entre libéralisme et populisme : "Libéraux contre populistes, un clivage trompeur" (lien ci-dessous) https://www.monde-diplomatique.fr/2018/09/HALIMI/59046 Pour info : tous les lundis soir à 20 h à la Bourse du travail d'Alès, assemblée de lutte à l'appel des gilets jaunes pour la grève générale. Bonne journée, bonne lutte, bonne grève à tous ! La modération de Iacam

     

    2 Depuis quelques temps, on entend beaucoup parler du R.I.C (référendum d’initiative citoyenne) qui serait LA solution à tous nos problèmes. Avec ça, paraît-il, plus besoin de manifester, plus besoin de faire grève, plus besoin de lutter… Il faudrait même que cela devienne notre unique revendication ! Et beaucoup de copains gilets jaunes se laissent séduire par cette idée… On est aussi beaucoup à être sceptiques : Le R.I.C ça existe déjà en Suisse, en Italie, au Vénézuela, dans quelques états des États-Unis et on peut pas dire qu’on vit mieux dans ces pays là, ni qu’ils ont gommé les inégalités. Et puis c’est aussi relayé par des partis politiques (France insoumise, Rassemblement National…), si ça fait pas peur aux politicards c’est que ce n’est pas dangereux pour eux, ça les arrange même de nous dire que la solution est dans les urnes ! RIC ou pas RIC, il nous faudra toujours lutter contre les dirigeants et les exploiteurs pour arracher de quoi vivre mieux, pour pouvoir mettre à mal le système capitaliste et vivre autrement. Notre boussole est claire : refusons tout ce qui affaiblit le mouvement. Cette idée est souvent portée par des personnes qui ont des ambitions politiques : monter un « mouvement citoyen gilets-jaunes », se présenter aux européennes… Ce sont généralement les mêmes qui veulent qu’on arrête les blocages économiques, qu’on « fasse autre chose »… Ne laissons personne récupérer notre révolte. Continuons jusqu’à la victoire ! Non à la RICupération ! Autres textes & infos sur : https://exploitesenerves.noblogs.org/ FB : Gilets Jaunes Alès Déters & Solidaires

     

     

    3À ce sujet, on me renvoie aux analyses de Michel Clouscard qui, apparemment, penchait pour un effondrement de la pensée de la lutte généré par le « libéralisme libertaire ». Je vais le lire prochainement.

     

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