• Julien Denormandie, ministre du Logement : "Réconcilions les locataires et les propriétaires"

      22h30 , le 17 août 2019
    • Par
    • Redaction JDD

    TRIBUNE - Julien Denormandie, ministre de la Ville et du Logement, refuse d'opposer locataires et propriétaires et veut les réconcilier grâce à la garantie Visale.

    Julien Denormandie vante les mérite de la garantie Visale.

    Julien Denormandie vante les mérite de la garantie Visale. (Reuters)
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    Voici la tribune de Julien Denormandie, ministre de la Ville et du Logement, et sa proposition pour réconcilier locataires et propriétaires : "Trop longtemps, on a opposé les propriétaires et les locataires de façon caricaturale. Les premiers ont été vus comme des nantis, alors que plus de la moitié d'entre eux sont des ménages modestes. Des seconds, on a dit qu'ils risquaient d'occuper un logement sans payer ou en le dégradant. Les ministres du Logement successifs ont été pris dans ce piège, soupçonnés de favoriser les uns au détriment des autres. Ma conviction est simple : il faut, au contraire, les réconcilier. Mais la confiance ne se décrète pas, elle se construit. C'est ce que nous avons fait avec la garantie Visale, qui permet à chaque propriétaire de louer son logement à un jeune de moins de 30 ans sans aucun risque.

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    Cette caution locative couvre en effet le risque de non-paiement du loyer (pendant trois ans à partir du premier impayé) mais aussi la remise en état du bien en cas de dégradation. Prise en charge par Action ­Logement, elle est gratuite pour les propriétaires comme pour les locataires. Elle peut être ­obtenue en ­quarante-huit heures sur visale.fr et ne nécessite pas de conditions de revenus.

    Le marché du logement discrimine les plus jeunes alors qu'il devrait, au contraire, faciliter leur insertion dans la vie

    C'est une réponse concrète pour accompagner les jeunes dans leur recherche de ­logement. De nombreux étudiants et jeunes ­actifs ont ainsi pu se loger en toute sécurité pour leur bailleur. À l'approche de la rentrée, j'ai une pensée particulière pour les 2 ­millions d'étudiants qui vont reprendre le chemin des cours. Louer un logement est, pour beaucoup, un parcours du combattant. Le marché du logement discrimine les plus jeunes alors qu'il devrait, au contraire, faciliter leur insertion dans la vie.

    Dans ce contexte, j'appelle à utiliser massivement la garantie Visale, qui, malgré ses succès (plus de 70.000 personnes l'ont utilisée en 2018, 35.000 pour le début de l'année 2019), est encore trop méconnue. Elle doit servir à un maximum de propriétaires et de locataires.

    Nous ne pouvons pas accepter autant de logements vacants quand tant de Français en cherchent un

    Ainsi leurs intérêts respectifs seront préservés. Les jeunes ont besoin de trouver un logement pour accompagner leurs études, leur premier emploi, les débuts de leur vie de famille, sans que la société érige des obstacles à leurs projets. Les propriétaires, eux, ont tout à gagner à mettre leur bien en location. Nous ne pouvons pas accepter autant de logements vacants quand tant de Français en cherchent un.

    Bien sûr, certains propriétaires ont besoin d'être soutenus pour procéder aux travaux nécessaires à cette mise en location. Pour eux, nous avons créé la plateforme facilhabitat.gouv.fr, où toutes les aides disponibles pour la rénovation des logements sont répertoriées. En faisant de la rentrée une nouvelle étape pour réconcilier propriétaires et locataires, nous contribuerons à bâtir la société de confiance dont nous avons tant besoin."

    Par Julien Denormandie, ministre de la Ville et du Logement.

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    Natacha Polony

    Natacha Polony

    Directrice de la rédaction

     

    Comment faire renaître un peu de confiance ? Les esprits les plus lucides n'ont pas attendu les homards de François de Rugy, ni même la crise des « gilets jaunes », pour sentir qu'il y avait là un enjeu vital pour les institutions républicaines. Une société dans laquelle le soupçon se généralise, dans laquelle chacun finit pas se demander d'où parle tel ou tel, s'il ne défend pas quelque intérêt caché, si le discours scientifique, même, n'est pas instrumentalisé par des puissances financières, est une société qui crève. Quelque chose s'est brisé, qui faisait le ciment de la démocratie. Quelque chose qui s'appelle le bien commun. Car l'excès de soupçon ne naît pas d'un manque de transparence mais du constat répété que des intérêts privés ont pu s'approprier ce bien commun dont l'Etat est le garant au nom des citoyens. Si chaque décision, chaque arbitrage, semble se faire non pas en fonction de la volonté majoritaire, mais au nom d'intérêts catégoriels, en faveur de quelques-uns, qui ont su peser plus lourd, s'installent dans toutes les strates de la société deux gangrènes mortelles : le ressentiment et cette tentation du chacun pour soi qu'on appelle l'incivisme.

    Dès lors, ce ne sont pas les grandes déclarations et les promesses de ne plus y toucher qui apaiseront des citoyens convaincus d'être dépossédés de ce qui leur appartient autant qu'aux représentants, autant qu'aux élites : la République. Ce ne sont pas des déclarations mais des actes. Des choix politiques. Celui, par exemple, qui consiste à ne pas arbitrer systématiquement en faveur des gros contre les petits, en faveur des monopoles contre ceux qu'ils exploitent. Or, le même jour, ce gouvernement a envoyé deux messages contradictoires, qui montrent une absence totale d'analyse cohérente de ce qui ruine la France et met sur les ronds-points des citoyens exaspérés. Mardi 23 juillet, les députés ratifiaient...

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    Une association regroupe des piétons percutés par des usagers de trottinettes. Dénonçant l’inaction des pouvoirs publics, elle compte déposer plainte contre la Ville de Paris à la rentrée.

    Leurs compagnes respectives ont été renversées par une trottinette électrique dans Paris. C’est ainsi que Jean-René Albertin et Arnaud Kielbaza se sont penchés sur ce nouveau mode de déplacement en vogue dans nos villes. «Un mode dangereux», selon eux. Créant ensemble une association à l’appellation bien insolite, «Apacauvi», qui signifie «Association philanthropique action contre l’anarchie urbaine vecteur d’incivilité», ces deux responsables seront reçus lundi 12 août au ministère des Transports.

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    Lors de cet entretien prévu avec la conseillère en charge des mobilités, ils comptent critiquer la trottinette électrique, qui prend trop librement ses aises dans nos rues, même si un tour de vis est annoncé. Selon un décret prévu en septembre, celle-ci ne devra plus circuler sur aucun trottoir en France, sauf accord contraire du maire.

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    Or pour l’association, cette interdiction sera un coup d’épée dans l’eau. «On imagine mal un policier courir pour rattraper et verbaliser un contrevenant», souligne Arnaud Kielbaza, dont l’épouse, qui portait alors leur fille dans ses bras, a été percutée par un de ces engins en mai. Pour lui, les opérateurs qui proposent ces déplacements en free floating doivent être contraints de tenir une base de données rigoureuse de leurs clients. «Il faut qu’au moment du paiement par carte, ces derniers transmettent par portable une copie de leur pièce d’identité», indique-t-il. Sans quoi et même si la base de données est transmise aux forces de l’ordre, il sera plus compliqué de remonter jusqu’aux auteurs d’accident. «Quand on s’acquitte d’une course, on peut donner n’importe quel nom et se faire appeler Donald Trump!» ajoute le responsable, en évoquant une autre pratique qui brouille les pistes: certains utilisateurs paient avec des cartes bancaires volées.

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    Qui sont les ramasseurs de trottinettes électriques ? - Regarder sur Figaro Live

    Amendes à 35 euros

    Sans attendre la publication du décret, plusieurs villes ont pris les devants pour tenter de mettre bon ordre dans leurs rues. À Paris depuis avril et à Marseille depuis ce 1er août, on ne doit plus rouler sur les trottoirs. Depuis le 30 juillet dans la capitale, l’engin ne peut plus y stationner. «Plus de 130 amendes de 35 euros ont été adressées pour des trottinettes mal garées», dit-on à la mairie. «Pourquoi ne pas confier le respect de ces règles aux deux sociétés privées qui verbalisent aujourd’hui les automobilistes pour stationnement non payé?» suggère l’association, qui ne compte pas en rester là.

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    «Nous comptons déposer plainte pour mise en danger de la vie d’autrui. La Ville n’a pas pris les mesures garantissant la sécurité des piétons.»

    Jean-René Albertin

    À la rentrée, elle envisage d’engager une action de groupe contre Paris. «Nous comptons déposer plainte pour mise en danger de la vie d’autrui. La Ville n’a pas pris les mesures garantissant la sécurité des piétons», signale Jean-René Albertin dont la compagne - pianiste à l’Opéra - est toujours en convalescence après un accident en juin dernier.

    Le 12 août, l’association compte aussi aborder des considérations environnementales et sociales. «Avec ces engins, Paris a voulu se donner une image écolo à bon compte! Mais la trottinette électrique n’est pas du tout écolo bobo», fulmine Arnaud Kielbaza. Il poursuit: «Elles ont des batteries au lithium pour lequel il n’existe pas de filière de recyclage.» Par ailleurs, tous ces opérateurs qui ont aujourd’hui la main sur ce business du free floating exploitent, selon lui, une main-d’œuvre à bas prix. Celles des «juicers»: une appellation qui désigne tous ceux qui récupèrent les trottinettes le soir pour les recharger chez eux, dans leur appartement transformé, alors, en parking. «Payés à la trottinette récupérée, ils se battent parfois comme des chiffonniers. Tout ça pour une bouchée de pain», relate Arnaud Kielbaza.

     

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