• Un débat ? Chiche ! Mais on met tout sur la table

    Un gilet jaune en faveur du RIC, le 5 janvier.
    Un gilet jaune en faveur du RIC, le 5 janvier. - Karine Pierre / Hans Lucas/AFP
    SOCIÉTÉ
    Grande consultation

    Un débat ? Chiche ! Mais on met tout sur la table

    Libre-échange, immigration, rôle de l'Etat, sécurité, école… “Marianne” apporte sa contribution à la grande consultation nationale.

    A quoi bon débattre ? Le grand raout censé sortir Emmanuel Macron de la nasse a l'air bien mal emmanché. Non pas parce que Chantal Jouanno, la présidente de la Commission nationale du débat public, a jeté l'éponge après une polémique sur son salaire, mais bien plutôt parce qu'on ne sait toujours pas qui va débattre, où et de quoi. On repense au texte grinçant de Philippe Muray : « Il faudrait ne jamais débattre. Le débat, comme le reste, dans notre univers d'intransitivité galopante, a perdu son complément d'objet. On débat avant de se demander de quoi : l'important est de se rassembler. Le débat est devenu une manie solitaire qu'on pratique à 10, à 50, à 100, un stéréotype célibataire en même temps que grégaire, une façon d'être ensemble… »

    Il semble que le gouvernement ait décidé de faire advenir très exactement le cauchemar peint par l'écrivain, pour qui c'est l' « évaporation du réel » qui est le « véritable but impensé de tout débat ». « On convoque les grands problèmes et on les dissout au fur et à mesure qu'on les mouline dans la machine de la communication. Et plus il y a de débat, moins il y a de réel. »

    ECHANGE D'ARGUMENTS

    Certes, il n'est pas de démocratie véritable sans débat, sans échange d'arguments permettant à la somme des opinions individuelles de se muer en une vision du bien commun. Mais le processus a-t-il quelque chose à voir avec l'usine à gaz qui se dessine pour les semaines à venir ? « Outil de réconciliation », pour Mounir Mahjoubi, « auberge espagnole où tout le monde apportera sa contribution », pour Marlène Schiappa, à coups d'initiatives locales organisées par des « citoyens, associations, collectifs, élus, entreprises, syndicats, etc. », nous dit le site du gouvernement, grâce à la CNDP qui fournira des « kits d'accompagnement des réunions ». Tout un programme. D'autant que, sur le fond, les...

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