• Une seule solution, la dissolution ?

    Les « Gilets jaunes » lancent des revendications qui, en dehors de la suppression des nouvelles taxes, reflètent leur diversité. Et la crise demeure.

    La dissolution de l’Assemblée Nationale a été proposée comme solution par Jean Luc Mélenchon et Marine Le Pen. De son côté, Laurent Wauquiez propose un référendum.

    Quant à Macron, fredonne-t-il dans sa tête un air de Joe Dassin ?

    S’il décide finalement de dissoudre, Macron ne fera pas à ses oppositions « franches » (FI et FN) le cadeau préalable d’une réforme institutionnelle instaurant une proportionnelle, même relative. Le résultat le plus probable sera le retour de l’ancienne droite aux affaires. En effet, dans sa décomposition actuelle, la « gauche française » ne doit pas peser beaucoup plus de 30% de l’électorat qui vote.

     

    Des analystes sont déjà vraisemblablement à l’œuvre dans les cabinets du pouvoir et les états-majors des partis, croisant des tableaux et des cartes pour tenter d’imaginer les résultats électoraux.

    L’effondrement de la majorité « LREM » sera peut-être limité par la présence de vieux briscards (je n’ai pas de féminin) bien implantés localement, des transfuges de LR (Philippe, Le Maire et Darmanin) et du PS.

    Mais deux cas de figure peuvent se présenter selon ce que sera la nouvelle majorité LR. Si elle dominée par la minorité actuelle du parti, elle offrira à Macron une cohabitation constructive : elle sera européiste, ne reviendra pas sur la suppression de l’ISF, mais supprimera l’augmentation de la CSG pour les retraités.

    La cohabitation sera plus conflictuelle si elle est dominée par les amis de Wauquiez, Cioot, etc..., surtout si le FN parvient à constituer un groupe notable.

     

    Le FN et la FI semblent souhaiter cette dissolution. Certains Gilets Jaunes se sont prononcé aussi pour cette solution. Parviendront-ils à présenter des candidats sous une ou plusieurs étiquettes de couleur jaune ? Ou rejoindront-ils avec cette nuance de couleur les partis politiques pour qui ils avaient voté en 2017 ? Retourneront-ils dans une abstention politique ?

    Pour une grande partie de l’électorat LR, le FN reste une solution envisageable, une solution autoritaire, la reconstitution sans fard du parti de l’ordre et de la propriété.

    En revanche, la FI est devenue l’ennemi principal pour les débris de la « gauche hollandaise » (PS, EELV). Elle est le seul mouvement de gauche aujourd’hui qui puisse s’appuyer sur une réelle base populaire. Cependant, elle ne peut élargir sa base électorale sans convaincre les abstentionnistes de gauche, ceux qui ont été déçus puis dégoûtés par les « gouvernements de gauche » passés.

     

    Si Wauquiez a proposé un référendum, c’est vraisemblablement parce que, quelle que soit la question, la réponse en sera pour ou contre Macron. C’est donc pour lui, qui a tant de mal à s’imposer dans son camp, une façon de se présidentialiser.

    Quant à Macron, « le maître des horloges », il peut penser qu’une cure de cohabitation pourrait lui permettre de représenter en 2022, surtout s’il a dû supporter pendant trois une droite très autoritaire. Il pourra alors se présenter comme « centriste » et « modéré », ce qu’il n’est pas.

    Mais il n’est pas Mitterrand et devra compter avec des concurrents comme Le Maire ou Bertrand pour incarner cette figure de « modération » qui est le masque de l’injustice sociale assumée (au nom de la croissance et de la rigueur budgétaire, évidemment).

    Cependant, en prononçant la dissolution, il contribuerait au moins à instaurer une « respiration démocratique » dans le quinquennat, cette abomination concoctée par Chirac et Jospin.

    Cependant, il peut persévérer dans une stratégie de « chaos management », ainsi que l’a supposé récemment Emmanuel Todd.

    Il peut aussi avoir entendu la façon dont le soutient Cohn-Bendit, disant de lui sur Radio Paris : « Emmanuel Macron n'a aucune expérience, maintenant il découvre l'ampleur de la politique. »

    https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-04-decembre-2018

    On n’est jamais mieux trahi que par les siens.

    C’est alors sans doute que, abasourdi et déprimé, il a envoyé son Griveaux faire cette annonce incroyable : un possible retour à l’ISF en 2019.

    http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/2018/12/05/25001-20181205ARTFIG00065-benjamin-griveaux-n-exclut-pas-la-suppression-de-l-impot-sur-la-fortune-immobiliere.php

    Si c’est cela le retour de l’état d’urgence, la dissolution de Macron est en marche.

    « Gilets jaunes : le gouvernement doit tomber avant NoëlPour vivre, il faut d’abord savoir où dormir, où faire sa gamelle »
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