La gazette des médias

reportages divers captations, entretiens, chroniques de presses


Dissolution et législatives :

Publié par rsfrontieres sur 11 Juin 2024, 10:03am

Dissolution et législatives : « Bonjour, vous savez qu’on vote bientôt ? » À Bordeaux, un ministre en campagne

 

Dissolution et législatives : « Bonjour, vous savez qu’on vote bientôt ? » À Bordeaux, un ministre en campagne

Thomas Cazenave repart en campagne pour les législatives. © Crédit photo : GUILLAUME BONNAUD / SO

Thomas Cazenave, encore ministre en charge des Comptes publics, mais plus député, a démarré sa campagne des législatives ce lundi 10 juin

« Bonjour Monsieur, vous savez que l’on vote bientôt ? » « Oui », répond poliment le passant, « mais j’habite Bègles… » « Ah, hé bien là aussi, nous aurons un candidat ! » lance Thomas Cazenave. Ce lundi 10 juin, en fin de journée, place Paul-Doumer aux Chartrons, le ministre des Comptes publics et une poignée de fidèles démarrent une nouvelle campagne. Ils tiennent à la main des piles de tracts à peine sortis de chez l’imprimeur. Une photo plein fer du candidat qui avait remporté la 1re circonscription (Bordeaux Nord, Bruges, Le Bouscat) en 2022. Le document a été rédigé le matin même, sitôt imprimé puis distribué.

Le candidat et sa suppléante (Alexandra Martin, qui le remplace depuis sa nomination à Bercy) n’avaient pas prévu, au lendemain des élections européennes, de faire le pied de grue et les yeux doux à de potentiels électeurs devant une station de tramway. Une figure de style imposée dans toute campagne et un rappel au réel : « Je ne suis pas allé voter aux européennes », reconnaît un quinquagénaire grisonnant. « J’ai été très déçu par le monde politique. Là, il me faut un peu de temps pour me faire mon avis… » Il est compté. Le premier tour, c’est dans moins de trois semaines. « Vous considérez que nous n’avons pas protégé le pays ? » s’aventure le ministre. « Le pays oui, mais pas ses citoyens. »

« C’est une surprise »

Le ministre déroule son argumentaire : aides pendant la crise Covid, baisse de la facture d’énergie… L’homme peine à se laisser convaincre : « Oui, c’est vrai, il y a tout cela, je ne dis pas, mais quand même il y a un problème, c’est la sécurité », dit-il en s’éclipsant. La spontanéité des échanges est ternie par la présence de caméras et de micros tendus. Thomas Cazenave est le premier « ministre » à battre le pavé de cette campagne.

« Madame, le choix de notre avenir vous appartient »

Il n’était pas dans la confidence. Ce soir du dimanche 9 juin, il est installé dans les travées du Stade Matmut pour le dernier match de préparation à l’Euro de l’équipe de France de football face au Canada quand il apprend le choix du président de la République de dissoudre l’Assemblée. Un match dont il n’assistera pas au pâle épilogue (un nul sans but). En revanche, il mesure parfaitement les dommages collatéraux du crash de la majorité présidentielle aux européennes. « C’est une surprise. »

Méthode Coué

« C’est la décision du chef de l’État de s’en remettre aux Français. Le choix de la confiance dans les électeurs, dans la démocratie. La question est simple : que souhaitez-vous ? Le RN au pouvoir ? Une gauche alliée à LFI ? Nous sommes à un tournant de notre histoire, je mesure la gravité du moment. Nous avons besoin d’une majorité claire à l’Assemblée nationale face à la tentation du blocage et du repli », dit le ministre-candidat. Au « chaos et au fracas », il défend « la modération ». À une passante levant les yeux au ciel devant le tract qui lui est tendu, le candidat lance : « Madame, le choix de notre avenir vous appartient. » Cela passe par un bulletin de vote.

Les militants qui l’entourent veulent y croire. « J’espère un sursaut démocratique… L’heure est grave, le RN est aux portes du pouvoir », explique la conseillère municipale Anne Fahmy. Est-ce le poison de l’espoir ou une scrupuleuse mise en pratique de la méthode Coué ? Les cœurs macronistes balancent.

« Toque-manette »

Sur le papier, la 1re circonscription bordelaise reste gagnable pour Renaissance. Mais des sept sièges glanés aux dernières législatives, bon nombre d’entre eux devraient changer de titulaire. À l’aune du reflux enregistré par la majorité présidentielle et des dynamiques de l’extrême droite ou de la gauche – à condition qu’elle parte unie – , l’équation comporte encore plusieurs inconnues. Aziz Skalli, le président départemental de Renaissance, l’analyse ainsi : « Les européennes ont été un référendum anti-Macron, les législatives c’est un référendum anti-Le Pen. » En attendant les arbitrages parisiens, à sa charge de dresser les contours du « champ républicain » en Gironde. À ce stade, cela consisterait à ne présenter aucun candidat dans le Médoc, en Haute-Gironde ou sur la rive droite de Bordeaux, pour tenter de faire barrage à la vague RN.

L’autre fer au feu consiste à trouver des candidats pour aller concourir dans les circonscriptions sans espoir. Le président de Renaissance 33 a reçu une candidature à l’investiture… un certain Benoit Simian, l’ex-député du Médoc, visé par plusieurs accusations de harcèlement. Refusée. À quelques mètres de là, Thomas Cazenave poursuit le « toque-manette » et va l’amplifier dans les prochaines semaines. Entre deux allers-retours à Bercy, puisqu’il est toujours ministre. « Au combat », dit-il. Pour sauver ce qui peut encore l’être.

 

 
 
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents